Leito a publié une critique de El país de la canela par William Ospina
El País de la Canela
5 étoiles
Pour l'édition en Français, voir Le Pays de la Cannelle chez JC Lattès
C'est le roman par lequel j'ai commencé mon exploration de la littérature colombienne (hors García Márquez), et ça a été une entrée en matière pleine de promesses. Déjà parce que j'aime beaucoup le genre littéraire "on est perdus dans la jungle et c'est la merde", et que tout ce qui touche à la colonisation espagnole de l'Amérique m'intéresse, mais aussi parce que William Ospina n'a pas fait les choses à moitié, tant dans ses recherches historiques que narratives, qui en font un roman assez passionnant.
Le narrateur raconte l'expédition partie à la recherche du "pays de la cannelle", qui finit par descendre un fleuve interminable jusqu'à la mer, traversant toute la forêt Amazonienne depuis la cordillère des Andes. On comprend qu'il raconte l'histoire a posteriori, avec toutes les leçons qu'il a pu en tirer, et …
Pour l'édition en Français, voir Le Pays de la Cannelle chez JC Lattès
C'est le roman par lequel j'ai commencé mon exploration de la littérature colombienne (hors García Márquez), et ça a été une entrée en matière pleine de promesses. Déjà parce que j'aime beaucoup le genre littéraire "on est perdus dans la jungle et c'est la merde", et que tout ce qui touche à la colonisation espagnole de l'Amérique m'intéresse, mais aussi parce que William Ospina n'a pas fait les choses à moitié, tant dans ses recherches historiques que narratives, qui en font un roman assez passionnant.
Le narrateur raconte l'expédition partie à la recherche du "pays de la cannelle", qui finit par descendre un fleuve interminable jusqu'à la mer, traversant toute la forêt Amazonienne depuis la cordillère des Andes. On comprend qu'il raconte l'histoire a posteriori, avec toutes les leçons qu'il a pu en tirer, et qu'il s'adresse à quelqu'un (dont nous ne découvrirons l'identité qu'à la fin) qui s'apprête à lancer une expédition similaire, dans le but de l'en dissuader. Le procédé fonctionne bien, et prend un sens d'autant plus fort au moment du dénouement et des choix qui sont fait, que je vous laisse découvrir par vous-même.
Car c'est un roman sur l'ambition destructrice de l'homme, des rêves qui l'amènent à réaliser ce qu'il n'aurait jamais entrepris par ailleurs, mais à quel prix ? N'ont-il pas détruit des trésors plus beaux que ceux à la recherche desquels ils étaient partis ? On parle de l'Homme occidental, assoiffé de pouvoir et fou de contrôle, confronté à une nature (et un environnement) sur laquelle il n'a, justement, aucun pouvoir ni contrôle. La jungle, immense et indomptable, fonctionne dans ce roman (comme dans beaucoup d'autres) à la fois comme catalyseur de la nature humaine la plus sombre et métaphore métaphysique violente.
J'ai beaucoup aimé la plume de Ospina, j'ai détesté l'ensemble de la fratrie Pizarro tout en pleurant la civilisation Inca, j'ai aimé la manière dont le narrateur se déleste de son histoire que tout le monde s'est approprié sans écouter ce qu'il avait vraiment à dire, j'ai aimé la fièvre amazonienne qui fait que le récit part inévitablement dans des épisodes délirants dont on se demande s'ils ont réellement eu lieu… C'est un bon roman historique, intéressant et plaisant à lire, j'ai vu que l'auteur avait écrit un autre roman en lien avec cette histoire, Ursúa, qui me fait donc de l'œil aussi.