Leito a publié une critique de Les guerriers de l'hiver par Olivier Norek
Les guerriers de l'hiver
4 étoiles
Sans avoir l'habitude ni d'attirance particulière pour les récits de guerre, j'ai ouvert ce roman suite à un conseil enthousiaste. Aux premières pages, j'étais un peu tendu à l'idée de rentrer dans un récit glorifiant l'âme finnoise, le "minuscule pays" face au monstre géant et impitoyable qu'était l'URSS de Staline. Les romans patriotiques, pour tout rigoureux qu'ils soient du point de vue historique, ne sont pas ma tasse de thé, et j'ai eu quelques mouvements de recul quand on forçait un peu trop le trait sur la droiture et le caractère exceptionnel de Simo, le sniper légendaire, dont l'incroyable habilité au tir semble parfois étendue par l'auteur à ses moindre faits et gestes.
Mais je suis tout de même bien rentré dans le roman, qui ne prend pas complètement ce chemin de légende patriotique, et raconte plutôt très bien l'invasion — complètement folle — de la Finlande par l'URSS …
Sans avoir l'habitude ni d'attirance particulière pour les récits de guerre, j'ai ouvert ce roman suite à un conseil enthousiaste. Aux premières pages, j'étais un peu tendu à l'idée de rentrer dans un récit glorifiant l'âme finnoise, le "minuscule pays" face au monstre géant et impitoyable qu'était l'URSS de Staline. Les romans patriotiques, pour tout rigoureux qu'ils soient du point de vue historique, ne sont pas ma tasse de thé, et j'ai eu quelques mouvements de recul quand on forçait un peu trop le trait sur la droiture et le caractère exceptionnel de Simo, le sniper légendaire, dont l'incroyable habilité au tir semble parfois étendue par l'auteur à ses moindre faits et gestes.
Mais je suis tout de même bien rentré dans le roman, qui ne prend pas complètement ce chemin de légende patriotique, et raconte plutôt très bien l'invasion — complètement folle — de la Finlande par l'URSS à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, en plein hiver. Je ne connaissais pas du tout cette partie de l'Histoire, de ce pays encore fraîchement indépendant, neutre comme son voisin la Suède dans une Europe divisée face à l'Allemagne nazie, et trop précieux stratégiquement (d'un point de vue militaire et industriel) pour échapper à l'intérêt de Staline qui ne recule devant rien pour consolider son bloc.
Beaucoup de moments du roman m'ont fait penser à ces récits ou anecdotes de la Première Guerre Mondiale, mêlant l'horreur à l'absurde, où l'improbable se produit parce qu'il y a tellement d'armes, de tirs, d'explosions et de morts que, statistiquement, l'impossible a lieu. Et de manière globale, tout le déroulé de cette guerre semble absurde (mais quelle guerre ne l'est pas ?). Ce qui est criant et que s'applique à exposer l'auteur, c'est la violence et surtout l'échec du règne par la terreur de Staline, qui devient finalement la cause de ses soucis. Staline dont on parle avec des majuscules ("Lui", "Il"), comme pour un dieu, et dont on obéit aux ordres sans poser de question, sans objection ni remarque. Il en va de même pour ses commissaires politiques, auxquels on obéit sans rien dire, aussi incompétents soient-ils, par peur d'une balle dans la tête. Inévitablement, c'est une suite de mauvaises décisions dont les mauvaises conséquences ne remontent même pas jusqu'au Kremlin, par peur de représailles (on ne voudrait pas critiquer), formant un cercle vicieux, ou en tout cas une inertie qui se compte en milliers de morts.
C'est une lecture à la fois accessible et plaisante, avec plusieurs beaux passages agrémentés de forêt finlandaise froide et glaciale, et un récit très complet et documenté sur cette guerre qui a forcément influencé le cours des évènements, les relations et les rapports de force au moment du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale.