Nicolas Fressengeas a publié une critique de Le dieu venu du Centaure par Philip K. Dick
De Proxima du Centaure au Centaure inversé : un roman visionnaire
4 étoiles
Si son titre avait été traduit plus littéralement, Le Dieu venu du Centaure se serait intitulé Les trois stigmates de Palmer Eldritch. Or, si j'en crois Wikipedia, Eldritch est un adjectif anglais utilisé pour décrire une chose d'un autre monde, inquiétante ou étrange. Dans la culture contemporaine, le terme est étroitement associé à l'horreur lovecraftienne.
Le ton est donné.
Pour les connaisseurs de Philip K. Dick, le Dieu venu du Centaure n'est pas une surprise : un roman dense, fouillé ; une intrigue brumeuse que seule la fin permet de décrypter complètement ; et un thème universel, entre religion, contrôle et domination.
L'ouvrage se déploie en douze chapitres qui permettent de suivre les tribulations d'un nombre certain de personnages, au centre desquels se trouvent Barney Mayerson, dont le nom ouvre la première page, Leo Bulero, narcotrafiquant quasi officielle d'une drogue dénommée …
Si son titre avait été traduit plus littéralement, Le Dieu venu du Centaure se serait intitulé Les trois stigmates de Palmer Eldritch. Or, si j'en crois Wikipedia, Eldritch est un adjectif anglais utilisé pour décrire une chose d'un autre monde, inquiétante ou étrange. Dans la culture contemporaine, le terme est étroitement associé à l'horreur lovecraftienne.
Le ton est donné.
Pour les connaisseurs de Philip K. Dick, le Dieu venu du Centaure n'est pas une surprise : un roman dense, fouillé ; une intrigue brumeuse que seule la fin permet de décrypter complètement ; et un thème universel, entre religion, contrôle et domination.
L'ouvrage se déploie en douze chapitres qui permettent de suivre les tribulations d'un nombre certain de personnages, au centre desquels se trouvent Barney Mayerson, dont le nom ouvre la première page, Leo Bulero, narcotrafiquant quasi officielle d'une drogue dénommée D-Liss indispensables aux colons terriens des planètes extra-terrestres afin de leur permettre de tolérer un environnement des plus hostiles, et Palmer Eldritch, dont on ne pourra pas révéler grand-chose si ce n'est qu'il ramène de Proxima du Centaure un lichen hallucinogène — semble-t-il — commercialisé sous le nom de K-Priss, qui entre apparemment directement en concurrence avec le D-Liss.
À l'instar de son monument Ubik, Philip K. Dick livre ici un ouvrage exigeant, nourri de références à peine esquissées, et surtout visionnaire. Écrit en 1964, il a été très récemment pointé par Asma Mhalla dans son Cyberpunk qui en suggère la lecture pour mieux appréhender les enjeux actuels de contrôle et de domination des masses par quelques-uns via des mécanismes psychologiques insidieux d'addiction. L'on pourra filer la métaphore équine jusqu'à Cory Doctorow et son Centaure inversé, fusionnant le K-Priss, le cyberpunk et le centaure, pour une lecture saisissante d'actualité, un demi siècle après son écriture.