Leito a publié une critique de Méridien de sang : ou le rougeoiement du soir dans l'ouest par Cormac McCarthy
Méridien de sang
4 étoiles
Difficile d'expliquer ce qu'est ce roman ni même si j'ai vraiment aimé. Le style est très particulier, très saccadé, quasiment sans virgule, tout en déroulant des visions de ténèbres un poil abstraites. Souvent ça me perd, et puis parfois ça accroche.
Globalement c'est une vision infernale du sud-ouest américain à travers les exactions d'une bande qui détruit tout sur son passage, notamment des Amérindiens (guerriers ou pas) et des Mexicains. Une troupe génocidaire qui collectionne les scalps pour empocher des primes, et qui ne se prive pas de massacrer quelques innocents pour gonfler le butin.
Difficile, donc, de s'attacher à ces gars-là, qui sont ce qu'il y a de pire dans l'humanité. Difficile aussi de savoir quand est-ce que ce sont les mots de l'auteur ou ceux des personnages : on parle de "sauvages" (ou "d'aborigènes"), qui parlent une langue "paléolithique" (ça sent fort la condescendance).
J'imagine …
Difficile d'expliquer ce qu'est ce roman ni même si j'ai vraiment aimé. Le style est très particulier, très saccadé, quasiment sans virgule, tout en déroulant des visions de ténèbres un poil abstraites. Souvent ça me perd, et puis parfois ça accroche.
Globalement c'est une vision infernale du sud-ouest américain à travers les exactions d'une bande qui détruit tout sur son passage, notamment des Amérindiens (guerriers ou pas) et des Mexicains. Une troupe génocidaire qui collectionne les scalps pour empocher des primes, et qui ne se prive pas de massacrer quelques innocents pour gonfler le butin.
Difficile, donc, de s'attacher à ces gars-là, qui sont ce qu'il y a de pire dans l'humanité. Difficile aussi de savoir quand est-ce que ce sont les mots de l'auteur ou ceux des personnages : on parle de "sauvages" (ou "d'aborigènes"), qui parlent une langue "paléolithique" (ça sent fort la condescendance).
J'imagine bien que l'idée est de nous plonger dans la fange et de nous écoeurer de noirceur, tout en produisant une fascination (morbide ?). C'est ce que parvient l'auteur avec le personnage du juge, mystérieux, excentrique, savant curieux et polyglote, mystique, mais surtout maléfique, violent, probablement violeur d'enfants. Il est le diable en personne, séduisant, manipulateur, et capable des pires infamies.
Le rythme légèrement changeant de la fin, avec des moments quasiment cinématographiques en montage alterné, et le fait d'avoir enfin abandonné la horde sauvage, est presque soulageant, jusqu'à-ce qu'on recroise, fatalement, le juge.
Beaucoup de choses m'auront échappé à la lecture, dont la conclusion et l'épilogue, mais je garderai de fortes impressions de ce roman qui nous plonge dans la noirceur de l'humanité avec son écriture qui dégage une beauté brute, même quand elle nous est opaque.
