Leito a publié une critique de Paresse pour tous par Hadrien Klent
Paresse pour tous
4 étoiles
Une fiction politique qui prend pour idée de départ la proposition de Paul Lafargue dans son Droit à la paresse en 1883 de réduire la durée maximale légale du travail à 3 heures par jour. Le personnage principal est un brillant économiste et prix Nobel qui, suite à la publication d'un livre à l'issue du confinement, développant, réactualisant et défendant le principe des 3h quotidiennes, se voit propulsé candidat à la présidentielle suite à l'enthousiasme provoqué par son travail.
C'est en quelque sorte un roman de consolation pour les électeur.ice.s de gauche en mal de candidature "viable". Ici tout se déroule, non sans accrocs (il y a bien du suspense et des éléments perturbateurs), mais avec une relative facilité qui tient du vœu pieux qu'il suffirait d'une bonne idée et d'une bonne tête pour rallier l'électorat de gauche.
En même temps, quand on voit la tête des adversaires …
Une fiction politique qui prend pour idée de départ la proposition de Paul Lafargue dans son Droit à la paresse en 1883 de réduire la durée maximale légale du travail à 3 heures par jour. Le personnage principal est un brillant économiste et prix Nobel qui, suite à la publication d'un livre à l'issue du confinement, développant, réactualisant et défendant le principe des 3h quotidiennes, se voit propulsé candidat à la présidentielle suite à l'enthousiasme provoqué par son travail.
C'est en quelque sorte un roman de consolation pour les électeur.ice.s de gauche en mal de candidature "viable". Ici tout se déroule, non sans accrocs (il y a bien du suspense et des éléments perturbateurs), mais avec une relative facilité qui tient du vœu pieux qu'il suffirait d'une bonne idée et d'une bonne tête pour rallier l'électorat de gauche.
En même temps, quand on voit la tête des adversaires politiques dépeints dans le roman, on comprend que la balance puisse pencher en faveur de notre héros. S'ils sont bien caractérisés, notamment par les éléments de la gage qu'ils utilisent, ces adversaires ont la tendance caricaturale. Notamment la ministre de l'économie, ex-patronne du CAC40, ultra-libérale et tellement urbaine qu'elle est angoissée par la trop présence d'arbres tandis que le bruit des voitures et des klaxons de Paris lui manquent (ça n'existe pas). Évidemment, de son côté Émilien Long, le héros, est un nonchalant brillant mais qui ne rêve que de vivre dans son cabanon dans les calanques marseillaises posé dans son hamac (et pour sa part, l'amour qu'il professe pour sa ville ressemble fort à celui d'un néo-marseillais attendri qui force l'intégration).
Ceci étant dit, le roman se lit bien et les personnages sont sympathiques, tout n'a pas raison d'avoir la froideur du réel quand ce qu'on nous raconte est une histoire, même si elle est politique. D'ailleurs ce type de livre se prête très bien à exposer des thèses sans passer par la forme de l'essai ou de la fable symbolique, sans détour ou métaphore (quand on peut écrire se qui se dit des deux côtés d'un débat, facile de convaincre le public !). C'est ainsi notamment que l'auteur peut défendre le réformisme face à l'éternellement repoussée révolution pour aboutir à son projet de société décroissante, inclusive, écologique, et imaginer un monde où le jeu électoral produirait réellement quelque chose de nouveau.