Leito a publié une critique de L'Étranger par Albert Camus
L'Étranger
5 étoiles
J'avais calé cette courte lecture entre deux autres étant donnée la sortie en salles d'une nouvelle adaptation ciné par François Ozon (toujours pas vue), et parce que je ne me rappelais plus si je l'avais déjà lu.
C'est assez fascinant comme on est complètement dans la tête de Meursault, sans pour autant le cerner. On comprend le "soleil écrasant" qui "se brisait en morceaux sur le sable et sur la mer" et lui tape sur le crâne, la chaleur étouffante, la langueur, l'éblouissement, l'écume des vagues, on les ressent de manière très précise avec lui, mais sans mettre du sens sur ses actes. Après son arrestation, quelques épiphanies lui révèlent qu'il a été heureux, mais il s'en rend compte trop tard, il s'est condamné sans savoir pourquoi. Le livre n'est pas là pour nous apporter de réponse, juste pour nous exposer le chaos absurde de l'existence, qui reste étrangère …
J'avais calé cette courte lecture entre deux autres étant donnée la sortie en salles d'une nouvelle adaptation ciné par François Ozon (toujours pas vue), et parce que je ne me rappelais plus si je l'avais déjà lu.
C'est assez fascinant comme on est complètement dans la tête de Meursault, sans pour autant le cerner. On comprend le "soleil écrasant" qui "se brisait en morceaux sur le sable et sur la mer" et lui tape sur le crâne, la chaleur étouffante, la langueur, l'éblouissement, l'écume des vagues, on les ressent de manière très précise avec lui, mais sans mettre du sens sur ses actes. Après son arrestation, quelques épiphanies lui révèlent qu'il a été heureux, mais il s'en rend compte trop tard, il s'est condamné sans savoir pourquoi. Le livre n'est pas là pour nous apporter de réponse, juste pour nous exposer le chaos absurde de l'existence, qui reste étrangère à nos désirs, dans une langue brute et puissante comme le soleil.
L'angle mort de ce livre reste évidemment la colonisation, et si Camus ne traite pas les algériens autochtones de manière condescendante, compatissante, paternaliste, etc selon le regard colonial traditionnel, il les exclut de fait en ne leur attribuant aucune sorte de parole ou d'identité, en en faisant des silhouettes indéfinissables et interchangeables (ce sont tous des "Arabes"). Ils semblent même absents du procès alors que c'est l'un d'entre eux qui est victime. Camus semble très attaché à son Algérie natale, dont le décor est un des éléments majeurs de ce roman, sans jamais remettre en question son histoire coloniale et la place qu'il occupe dans cette société en tant que blanc, indifférent à la manière de Meursault qui est incapable de tirer des conclusions de ses réflexions.