Nobody a publié une critique de Dernier Combat par Joe Abercrombie
La première loi
4,0 stars
Cette critique porte sur l'ensemble de la série.
Je ne connaissais pas le terme de « grimdark fantasy », mais autant que je puisse en juger, c’est un genre intermédiaire entre la fantasy classique et la dark fantasy : nettement plus trash que du Tolkien, mais trop gentillet pour la noirceur morbide d’un Dark Souls.
Le premier tome m’avait laissé une impression mitigée : c’est plutôt bien écrit, l’intrigue est riche et variée bien qu’assez classique, mais j’avais souvent l’impression d’être devant un maître de jeu cabotin qui surjoue des personnages aux caractères cadrés sur une grille d’alignements de Donjons&Dragons. Et malgré l’effort de l’auteur pour intégrer quelques personnages féminins à forte personnalité, le casting est très largement masculin, les femmes se comptent sur les doigts d’une main et sont en majorité cantonnées à des rôles secondaires ou de faire-valoir.
Pourtant le livre m’a suffisamment accroché pour …
Cette critique porte sur l'ensemble de la série.
Je ne connaissais pas le terme de « grimdark fantasy », mais autant que je puisse en juger, c’est un genre intermédiaire entre la fantasy classique et la dark fantasy : nettement plus trash que du Tolkien, mais trop gentillet pour la noirceur morbide d’un Dark Souls.
Le premier tome m’avait laissé une impression mitigée : c’est plutôt bien écrit, l’intrigue est riche et variée bien qu’assez classique, mais j’avais souvent l’impression d’être devant un maître de jeu cabotin qui surjoue des personnages aux caractères cadrés sur une grille d’alignements de Donjons&Dragons. Et malgré l’effort de l’auteur pour intégrer quelques personnages féminins à forte personnalité, le casting est très largement masculin, les femmes se comptent sur les doigts d’une main et sont en majorité cantonnées à des rôles secondaires ou de faire-valoir.
Pourtant le livre m’a suffisamment accroché pour que j’enchaîne la trilogie, et paradoxalement avec ma première impression, je pense que c’est dû en grande partie au traitement des personnages : leur ambiguïté morale, le fait qu’ils ne sont jamais vraiment nets, qu’ils ont souvent un double-visage, même si parfois le grand écart est tel qu’il peut laisser dubitatif. Leur introspection et leur volonté de changer, aussi, qui peut les amener à évoluer. Et le fait que la narration alterne leurs différents points de vue.
Deux personnages m’ont particulièrement intéressé. Le premier, c’est Glotka l’inquisiteur. Un ancien colonel fringuant, estropié et défiguré après avoir subi d’innombrables tortures, et devenu lui-même tortionnaire. Il tient le rôle d’un enquêteur à l’humour sarcastique, dont la trame apporte un petit côté thriller au roman. Malgré ses agissements abominables et sa totale absence de remords, l’auteur arrive presque à le rendre sympathique. Et puis intégrer un protagoniste handicapé dans un roman de fantasy, je trouve que ça mérite d’être salué.
Le deuxième, c’est Ferro la demi-démone. Une ancienne esclave fugitive, obsédée par son désir de vengeance et complètement crispée sur sa haine. Un genre de Jango Unchained au féminin, mais en moins miséricordieux.
Voilà deux êtres profondément marqués par des traumas anciens qui les ont partiellement détruits et irrémédiablement métamorphosés en des espèces de monstres, à la fois hors-normes et complètement inadaptés.
Le genre de personnages auxquels on peut s’identifier, en somme.