GilB quoted Flammes by Robbie Arnott
Il naquit à l’instant où une femme, accroupie près d’un torrent froid, heurta deux cailloux lisses l’un contre l’autre. De ce choc jaillit une étincelle qui abritait en son sein chaleur, lumière, et… lui. Quelque part à l’intérieur de ce minuscule tison, il commença à exister, d’abord sous la forme d’une pensée brûlante, puis d’un proto-esprit. Il n’y avait pas de mots ni d’émotions, seulement de la vie. La sienne. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il existait, qu’il brûlait, et qu’il était en train de tomber. Mais il eut de la chance : il n’atterrit pas sur la terre humide ni sur l’herbe givrée, mais un berceau de feuille sèches que la femme avait préparé. Il se consuma, impuissant, jusqu’à qu’il obéisse à son instinct et se laisse absorber par les feuilles mortes. Là, dans une impressionnante flambée de vie, il se mit à briller. L’herbe noircit, un volute de fumée claire se forma et dans un coup d’éclat soudain, il n’était plus étincelle mais flamme, langue de feu jaune-orange qui dansait et grandissait, se nourrissant de feuilles et crachant du carbone.
— Flammes by Robbie Arnott (Page 189)
Premiers paragraphes du chapitre Charbon




