Leito a publié une critique de La vie est à nous par Hadrien Klent
La vie est à nous
4 étoiles
Cette suite de Paresse pour tous commence par une petite introduction récapitulative où un personnage lit le précédent livre, en plaçant au passage une ou deux (auto)critiques pour faire preuve de bonne foi. On suit désormais la mise en œuvre du programme d'Émilien Long qui l'a fait remporter l'élection présidentielle.
Et c'est ce qui rend ce tome encore plus passionnant que le premier, car d'un ensemble d'idées théoriques plutôt séduisantes, on passe à la mise en pratique : comment passe-ton des 35 heures aux 15 heures hebdomadaires ? Comment s'adapter à toutes les situations, besoins, personnalités ? Et surtout, dans quoi s'inscrit cette réforme ? Quelle est la vision plus large qui l'englobe ? Que font les citoyens de leur temps libre ? On parle décroissance, solidarité, écologie, il y a évidemment des opposants, qui ont leurs raisons, et les réponses qu'on leur apporte (ou pas), et il y …
Cette suite de Paresse pour tous commence par une petite introduction récapitulative où un personnage lit le précédent livre, en plaçant au passage une ou deux (auto)critiques pour faire preuve de bonne foi. On suit désormais la mise en œuvre du programme d'Émilien Long qui l'a fait remporter l'élection présidentielle.
Et c'est ce qui rend ce tome encore plus passionnant que le premier, car d'un ensemble d'idées théoriques plutôt séduisantes, on passe à la mise en pratique : comment passe-ton des 35 heures aux 15 heures hebdomadaires ? Comment s'adapter à toutes les situations, besoins, personnalités ? Et surtout, dans quoi s'inscrit cette réforme ? Quelle est la vision plus large qui l'englobe ? Que font les citoyens de leur temps libre ? On parle décroissance, solidarité, écologie, il y a évidemment des opposants, qui ont leurs raisons, et les réponses qu'on leur apporte (ou pas), et il y a la vocation d'exporter cette expérience française à l'international, pour généraliser le changement, globaliser l'utopie.
Le nouveau grand projet, cette fois-ci, c'est la remise en cause du fonctionnement très centralisé de la Ve République, et quelles propositions concrètes mettent en œuvre notre personnage et son équipe pour y remédier (il faudra lire le livre pour le savoir !). C'est l'occasion de remettre sur le plateau un compte à rebours avec comme échéance non plus l'élection, mais un référendum qui va décider de l'application ou non de cette proposition.
Encore une fois, tout se fait dans les règles de l'art, pas de coup bas ou de tour de force, et tout passe, même si de justesse : les législatives, la résolution à l'ONU, etc… Même le changement de l'institution présidentielle ne se ferait pas sans changer la constitution. Il y a une volonté affichée (plus encore que dans le premier tome) de défendre le réformisme et d'y croire de manière très optimiste. Pour ma part, je trouve que l'auteur sous-estime chacun des éléments perturbateurs qu'il introduit et qui servent de ressort narratif pour mettre en danger le projet (est-ce que ça va pouvoir se faire ? ouf ça passe de justesse). Peut-être que je suis pessimiste et qu'à l'inverse c'est moi qui surestime le pouvoir des médias, de l'influence des réseaux sociaux, des entreprises privées et des pressions internationales.
Quoi qu'il en soit, c'est un roman agréable à lire et qui ouvre de belles perspectives, qui défend un bel état d'esprit dans notre relation au travail, mais aussi au pouvoir. Et puis comme tout se passe globalement bien, j'aurais envie de définir ça comme un political feel-good book.