M-A a publié une critique de Les Carnets de l'apothicaire, tome 5 par Natsu Hyûga
Entre façades et coeurs
Ai-je vraiment lu quatre mangas en deux soirées ? Oui, je crains être accro... Ce qui suit est plus une réflexion sur les tomes 2 à 5 des Carnets de l'Apothicaire avec probablement trop de parallèles avec notre monde actuel et d'autres oeuvres que j'enseigne pour une simple "critique"... De toute façon, qu'est-ce qu'une critique, foncièrement, dans le sens pur du terme, si ce n'est une réflexion de notre expérience avec une oeuvre, ce qu'elle nous apporte ?
Pour faire court, j'ai l'impression, en lisant ces mangas, de revenir dans un temps révolu. Non pas parce que l'oeuvre est fortement inspirée de la Chine impériale - je ne suis pas un expert en la matière, vraiment pas - ou parce que les hommes oppressent les femmes - ce qui, hélas, est TOUJOURS d'actualité, fichue humanité à la noix - mais parce que Mao Mao, l'héroïne... Est un peu une …
Ai-je vraiment lu quatre mangas en deux soirées ? Oui, je crains être accro... Ce qui suit est plus une réflexion sur les tomes 2 à 5 des Carnets de l'Apothicaire avec probablement trop de parallèles avec notre monde actuel et d'autres oeuvres que j'enseigne pour une simple "critique"... De toute façon, qu'est-ce qu'une critique, foncièrement, dans le sens pur du terme, si ce n'est une réflexion de notre expérience avec une oeuvre, ce qu'elle nous apporte ?
Pour faire court, j'ai l'impression, en lisant ces mangas, de revenir dans un temps révolu. Non pas parce que l'oeuvre est fortement inspirée de la Chine impériale - je ne suis pas un expert en la matière, vraiment pas - ou parce que les hommes oppressent les femmes - ce qui, hélas, est TOUJOURS d'actualité, fichue humanité à la noix - mais parce que Mao Mao, l'héroïne... Est un peu une humaine idéale. Pas idéalisée, non, mais idéale dans le sens qu'elle est passionnée et sa passion domine sa vie. Comme lorsque nous sommes enfants. Je me souviens de mes aventures dans les sentiers du Saguenay, proches de la maison de mon enfance, dans lesquels je m'aventurais parfois hors-piste, entre les arbres, où j'ai découvert une cabane cachée dans une clairière une fois. Chez elle, cette pureté de l'enfance et de la vie l'amène à toujours vouloir fouiner partout non pas dans la vie des gens, mais pour résoudre des énigmes, comme dans un roman policier, comme lorsque nous sommes dans notre phase "C'est quoi ça ?" ou encore celle "Mais pourquoi ?" Finalement, je me demande si on n'est pas un peu, en tant que lecteurs et lectrices, amener à devenir les personnages secondaires, Jinshi en particulier : dans une pièce de théâtre comme la société, où tout le monde doit jouer un rôle, on a une jeune femme qui n'en a rien à battre, qui sort du lot et qui s'assume. Elle ne veut déranger personne, vraiment pas, elle ne rit pas d'autrui, ne cherche pas à grimper les échelons sociaux, mais à vivre sa passion franchement... et tout le monde apprend à l'adorer pour ça. Si les quatre premiers tomes - qui sont en fait le premier roman ? - s'échelonnent sur au moins une demi-année, alors on comprend comment tout le monde a pu amicalement tomber amoureux ou amoureuse d'elle.
Dans Le malade imaginaire de Molière, j'ai appris le sens premier du mot "aimable", utilisé pour définir la charmante Angélique : digne d'être aimé-e. On n'a pas une mary stu, une force de la nature, une héroïne invincible, mais on a juste un personnage purement aimable... Et tout le monde dans son univers semble le remarquer. Dans One Piece, le pouvoir de se faire des alliés dans n'importe quelle faction du monde est décrit comme étant le "plus dangereux pouvoir", et c'est ce que notre amie semble posséder, entre avoir de bons rapports avec des courtisanes, les quatre concubines impériales qu'elle charme chacune à sa façon, différentes servantes et, à partir du tome 5, des soldats et fonctionnaires. On sent d'ailleurs une profonde rupture dans le tome 5 : la protagoniste n'est plus dans un monde de femmes régi par les hommes, où le pouvoir réside dans la manipulation et les apparences, mais un d'hommes, où le statut social et, surtout, le genre importent plus. J'ai senti sa fragilité dans ce nouvel univers. Elle qui interagissait avec plusieurs femmes chaque chapitre n'avait, pour un tome complet, qu'une seule femme comme alliée dans ce nouvel environnement.
Je ne pense pas refaire de critique supplémentaire pour les tomes futurs : je vais me délecter de la suite tranquillement, dans mon coin, et continuer de louanger la grandeur de Gaoshun, le MVP absolu de ce manga qui ne dit presque rien, mais est tellement drôle à chaque apparition ne serait-ce que parce qu'il est épuisé de devoir gérer un éternel enfant comme Jinshi... Ah, et dernier point pour vous donner le goût de plonger dans cet univers si vos craintes de faux féminisme transparaissent : il est explicitement question, dans le tome 4, du désir de notre personnage masculin principal de ne surtout pas objectifier Mao Mao puisqu'il la respecte sincèrement. J'espère que ça ne finira pas en un autre cas de Sanji dans One Piece dont le personnage a été ruiné à Thriller Bark...
Bref... lisez ce manga, ou écoutez l'anime! Moi, je vais essayer de me procurer les romans!