Libres d'obéir ou comment le management moderne trouve certaines de ses racines dans l'organisation nazie. Les auteurs racontent comment Reinhard Höhn, ancien juriste du IIIᵉ Reich, a influencé la pensée managériale en prônant l'autonomie sous contrôle, de l'après-guerre jusqu'à nos jours. Dans cette adaptation en bande dessinée, a été ajouté le récit de deux femmes cadres, soumises à la pression managériale, mettant en scène les conséquences concrètes de cette idéologie dans le monde professionnel actuel.

2,7 x 19,2 x 1,7 cm, 136 pages

Langue : French

Publié 27 août 2025 par Casterman.

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ISBN :
978-2-203-28429-6
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Critiques

a publié une critique de Libres d'obéir par Johann Chapoutot

les racines nazies du système managérial

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C'est une très bonne adaptation de l'ouvrage académique de Y. Chapoutot, qui en signe la préface. Loin d'une simple mise en images, on comprend les mécanismes du nazisme, les bases sur lesquelles Reinhard Höhn, qui a été promu général SS quand même à la fin de la 2nde Guerre Mondiale, devient le promoteur d'une conception managériale dont on retrouve les fondements. On est très loin de se douter que ces méthodes qui ont été mises en œuvre par de nombreuses entreprises et groupes internationaux, et qui ont aussi inspiré l'alignement du management des services publics sur celui de l'entreprise, en sont issues. Ford avait pourtant déjà élaboré le fonctionnement de son entreprise aux USA dès avant la Guerre Mondiale sur les mêmes principes autoritaires. Et si après que Höhn, identifié comme nazi, avait perdu de son aura, sa methode de management par responsabilité lui a survécu jusqu'à ce qu'un autre …

a publié une critique de Libres d'obéir par Johann Chapoutot

Libres d'obéir

En attendant d'attaquer Les Irresponsables de Johann Chapoutot, j'ai ouvert cette adaptation d'un autre de ses essais, antérieur, qui se centre sur les héritages du nazisme dans la théorie managériale, notamment via la figure de Reinhard Höhn, ancien haut-gradé SS reconverti en tête pensante du management d'entreprise après la guerre.

Le sujet est passionnant, et éclaire des points très précis de la pensée nazie, de sa conception et son organisation du pouvoir, dont on retrouve beaucoup de traces dans l'organisation capitaliste du travail (une autonomie et une mission des subordonnés visant l'efficacité et le rendement maximal, sans laisser le choix des objectifs ni le pouvoir de refuser : la liberté d'obéir). J'ai été particulièrement marqué par le concept de polycratie, dans lequel l'état n'est plus qu'un outil, remplacé par des agences indépendantes qui luttent toutes les unes contre les autres (darwinisme administratif). Ce qui se traduit par une logique …

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