Leito a publié une critique de El olvido que seremos par Héctor Joaquín Abad Faciolince
El olvido que seremos
4 étoiles
Pour une édition en français : voir L'oubli que nous serons chez Gallimard
Dans ce récit autobiographique, Hector Abad Faciolince fait le portrait de son père, figure imposante et vénérée par le petit garçon qu'il était. Un homme progressiste tant dans l'éducation de ses enfants que dans sa défense des classes les plus populaires envers lesquelles, en sa qualité d'universitaire et professeur de médecine, il promeut et engage des actions sociales, éducatives et sanitaires. Un homme non exempt de contradictions mais inflexible dans ses principes et ses idéaux, ce qui lui vaudra sa vie, dans une Colombie des années 80-90 où "la première cause de mortalité est la violence politique".
C'est un portrait nourri et attachant qui nous est livré dans toute la première partie du livre, plein de considérations sur ce qui fait le bonheur d'une famille, et que j'ai trouvé très agréable, optimiste voire inspirant, avant …
Pour une édition en français : voir L'oubli que nous serons chez Gallimard
Dans ce récit autobiographique, Hector Abad Faciolince fait le portrait de son père, figure imposante et vénérée par le petit garçon qu'il était. Un homme progressiste tant dans l'éducation de ses enfants que dans sa défense des classes les plus populaires envers lesquelles, en sa qualité d'universitaire et professeur de médecine, il promeut et engage des actions sociales, éducatives et sanitaires. Un homme non exempt de contradictions mais inflexible dans ses principes et ses idéaux, ce qui lui vaudra sa vie, dans une Colombie des années 80-90 où "la première cause de mortalité est la violence politique".
C'est un portrait nourri et attachant qui nous est livré dans toute la première partie du livre, plein de considérations sur ce qui fait le bonheur d'une famille, et que j'ai trouvé très agréable, optimiste voire inspirant, avant de basculer dans un enchaînement de malheurs dont l'assassinat du père n'est que le point culminant.
Son père étant une personnalité publique, son assassinat a un sens symbolique et reflète une réalité historique et tragique de la Colombie contemporaine (de tous ses amis, les seuls encore vivants sont ceux qui ont fui à l'étranger), que l'auteur s'applique à analyser en désignant, avec le plus de sang froid possible, les causes et les conséquences, et identifier les multiples acteurs de ce climat de violence qui n'a pas de bord innocent.
Si j'ai parfois été perdu dans le name-dropping qui semble indissociable des récits d'auteurs issus de la bourgeoisie intellectuelle (d'autant plus que je connais assez mal la vie politique et intellectuelle colombienne), c'est un livre très intéressant et très instructif, écrit avec beaucoup de soin. J'ai été parfois surpris par le visible effort pour prendre le moins de parti pris idéologique possible de la part de l'auteur (qui reprocherait presque à son père de ne pas avoir su se démarquer des socialistes quand la situation s'envenimait), dans un point de vue défini comme humaniste avant tout (ce qui parfois veut dire autre chose), tout comprenant sa démarche comme la plus objective possible pour donner à son récit personnel une dimension plus universelle.
Il existe une adaptation cinématographique du réalisateur Fernando Trueba que je serais curieux de voir, tant ce sont les réflexions et les considérations (difficiles à adapter au cinéma) qui font la richesse du livre plutôt que ses péripéties.