Leito a publié une critique de Bug, Livre 3 par Enki Bilal (Bug, #3)
Bug - Livre 3
2 étoiles
J'avance dans la série, qui dépasse désormais complètement les impressions éparses du premier tome, à savoir que Enki Bilal a de forts relents réactionnaires qui ressortent par petits blocs bien clairs. Dans un dialogue on parle du "néo-féminisme violent des années 20 [comprendre 2020]" et de féministes qui haïssent les hommes, ailleurs un personnage incarne de manière grossière "les extrêmes qui se rejoignent" en se faisant tatouer Staline et Hitler sur le visage. Est évoqué le "wokisme culturel" qui aurait fait "des dégâts considérables depuis les années 20" et plus loin, dans un article, est cité le fictif (mais toute fiction est révélatrice des opinions de l'auteur) "Grand Cancellement Culturel et Sociétal des années 2020 et 30".
Comme quoi les faisceaux d'incides ne trompent pas toujours, et ce que je croyais être de la fainéantise intellectuelle au premier tome se révèle carrément être un axe politique au fil de …
J'avance dans la série, qui dépasse désormais complètement les impressions éparses du premier tome, à savoir que Enki Bilal a de forts relents réactionnaires qui ressortent par petits blocs bien clairs. Dans un dialogue on parle du "néo-féminisme violent des années 20 [comprendre 2020]" et de féministes qui haïssent les hommes, ailleurs un personnage incarne de manière grossière "les extrêmes qui se rejoignent" en se faisant tatouer Staline et Hitler sur le visage. Est évoqué le "wokisme culturel" qui aurait fait "des dégâts considérables depuis les années 20" et plus loin, dans un article, est cité le fictif (mais toute fiction est révélatrice des opinions de l'auteur) "Grand Cancellement Culturel et Sociétal des années 2020 et 30".
Comme quoi les faisceaux d'incides ne trompent pas toujours, et ce que je croyais être de la fainéantise intellectuelle au premier tome se révèle carrément être un axe politique au fil de la série, avec ces personnages qui se meuvent dans un monde ultra-polarisé, regardant de manière distante toutes ces idéologies ringardes et ridicules, sans évidemment être capables de proposer la leur, puisqu'ils ne sont que les gardiens de l'ordre établi, des sorte de "ni de gauche ni de droite" dont l'esprit analytique les place au-dessus des masses manipulables, amnésiques et quasi-analphabètes. Je n'exagère même pas, puisque c'est la vision du monde (ou au moins du futur) de l'auteur de ce livre, qui ne prend même pas la peine de représenter ce qu'il méprise (à part quelques illuminés psychopathes, monstrueux quand ce sont des hommes, sexy quand ce sont des femmes).
Tout ce qui reste à Enki Bilal, c'est son dessin, et cet album conserve quelques belles images, mais encore une fois le travail éditorial est nul, c'est l'équivalent d'un roman-photo de magazine, où on aurait mis en page et en texte ses peintures avec Paint.
Je vais finir de lire la série, pour voir jusqu'où ça va, mais c'est globalement une grosse déception, l'œuvre inaboutie d'un auteur cynique.