Leito a publié une critique de Lo que no tiene nombre par Piedad Bonnett
Lo que no tiene nombre
5 étoiles
Pour une édition en français, voir Ce qui n'a pas de nom chez Métaillé.
Un livre court et difficile mais très juste sur la perte d'un être cher suite à son suicide. Sur la solitude, l'incompréhension, l'acceptation et le vide, sur le pouvoir de l'écriture, aussi.
Il existe une tendance tellement reconnaissable chez les auteur.ice.s issus de familles intellectuelles et/ou bourgeoises qui est de manier des références (littéraires, artistiques, etc) pour exprimer leurs émotions, pour les situer dans un cadre pré-établi de la culture générale, qui peut facilement me crisper quand j'ai l'impression d'assister à du name-dropping qui cherche à élever artificiellement la qualité intellectuelle du texte ou la légitimité de cellui qui l'a écrit parce qu'iel fréquente machin et machine. Une sorte de facilité où placer la référence permet d'exprimer à peu de frais ce pour quoi on manque de mots, et tant pis pour celleux qui …
Pour une édition en français, voir Ce qui n'a pas de nom chez Métaillé.
Un livre court et difficile mais très juste sur la perte d'un être cher suite à son suicide. Sur la solitude, l'incompréhension, l'acceptation et le vide, sur le pouvoir de l'écriture, aussi.
Il existe une tendance tellement reconnaissable chez les auteur.ice.s issus de familles intellectuelles et/ou bourgeoises qui est de manier des références (littéraires, artistiques, etc) pour exprimer leurs émotions, pour les situer dans un cadre pré-établi de la culture générale, qui peut facilement me crisper quand j'ai l'impression d'assister à du name-dropping qui cherche à élever artificiellement la qualité intellectuelle du texte ou la légitimité de cellui qui l'a écrit parce qu'iel fréquente machin et machine. Une sorte de facilité où placer la référence permet d'exprimer à peu de frais ce pour quoi on manque de mots, et tant pis pour celleux qui ne l'ont pas (ce qui est dommage dans un travail de littérature). Ici, c'est un peu différent, parce que ce référentiel dans lequel se place Piedad Bonnett, les choses auxquelles elle se rapporte, sont celles auxquelles elle s'est accrochée dans son deuil. Les éléments extérieurs qui ont pris un nouveau pli suite à son drame, ou qui lui ont permis de le surmonter. Ces noms et ces références sont touchants parce qu'ils révèlent la manière dont on reconstruit notre perception suite à un évènement éprouvant moralement.
Ce n'est pas un livre porteur d'espoir, mais un livre qui cherche à approcher au plus près ce que les mots ne peuvent complètement exprimer. Et qui dans cette recherche parvient à "ouvrir et cautériser des plaies" dans un même mouvement. C'est un texte rédigé sans grands effets de style, presque sobre, et qui pourtant dit beaucoup et pourra — je pense — parler à tou.te.s, qu'on ait connu ou pas le suicide d'un proche.