Anthony a critiqué Le commandant du fleuve
Le commandant du fleuve
3,0 stars
Court préambule pour indiquer que c'est dans le cadre d'une opération critique de Babelio que j'ai reçu cet ouvrage de l'italo-somalienne Cristina Ali Farah. De la liste proposée par le site internet, j'ai sélectionné ce roman parce que j'aime bien les choix éditoriaux de sa maison d'édition, Zulma. L'autrice et journaliste – j'aurais bien du mal à choisir un ordre dans cette présentation professionnelle – nous plonge dans l'héritage culturel pesant d'un jeune garçon qui n'avait sans doute pas conscience de tout ce qu'implique de venir d'un pays plongé dans la guerre civile. Sa mère espérait l'en sortir en s'installant en Italie mais, c'est désormais une tradition romanesque : le passé ressurgit souvent violemment, et ce même sur celles et ceux qui n'en sont nullement responsables. L'autrice fait donc le choix de nous présenter le chemin difficile de l'acceptation à travers le parcours chaotique d'un jeune Italien que la couleur …
Court préambule pour indiquer que c'est dans le cadre d'une opération critique de Babelio que j'ai reçu cet ouvrage de l'italo-somalienne Cristina Ali Farah. De la liste proposée par le site internet, j'ai sélectionné ce roman parce que j'aime bien les choix éditoriaux de sa maison d'édition, Zulma. L'autrice et journaliste – j'aurais bien du mal à choisir un ordre dans cette présentation professionnelle – nous plonge dans l'héritage culturel pesant d'un jeune garçon qui n'avait sans doute pas conscience de tout ce qu'implique de venir d'un pays plongé dans la guerre civile. Sa mère espérait l'en sortir en s'installant en Italie mais, c'est désormais une tradition romanesque : le passé ressurgit souvent violemment, et ce même sur celles et ceux qui n'en sont nullement responsables. L'autrice fait donc le choix de nous présenter le chemin difficile de l'acceptation à travers le parcours chaotique d'un jeune Italien que la couleur de peau enferme malgré lui dans le corps d'un étranger dans son propre pays. L'usage récurrent de dialogues est un choix périlleux en ce que celui-ci est un art difficile. Ceux-ci ne sont pas catastrophiques dans le cas présent mais manquent de naturel et forment un écran entre le réel et le lecteur, ce qui a gêné ma lecture. Le choix du titre du livre – traduction littérale du titre original, Il comandante del fiume – renvoie à un petit conte narré à notre protagoniste. J'espérais donc une version plus poétique du récit mais nous retrouvons plutôt les schémas classiques du roman d'apprentissage avec un élan un peu trop didactique. L'ouvrage de Cristina Ali Farah nous permet d'en savoir un peu plus sur l'histoire somalienne, intimement liée à la colonisation italienne. Elle nous offre le regard d'un jeune homme qui devra, pour se libérer de son poids, faire sien son passé familial dans un contexte pour le moins difficile. Aux difficultés de l'adolescence s'agrègent les secrets familiaux et un contexte de guerre civile qui semble ne pas trouver d'issue. J'apprécie toujours les choix des éditions Zulma parce qu'ils ouvrent nos horizons par-delà les frontières géographiques. C'est encore le cas avec ce roman de Cristina Ali Farah, et ce malgré ses quelques imperfections sur le plan littéraire.