Ju a publié une critique de Eloge du carburateur par Matthew Crawford
Bientôt
5 étoiles
Je prendrai le temps de rédiger un mot, c'est un de mes ouvrages préférés.
249 pages
Langue : French
Publié 25 février 2010 par La Découverte.
" La génération actuelle de révolutionnaires du management considère l'éthos artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l'exemple du consultant en gestion, vibrionnant d'une tâche à l'autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Imaginez à côté le plombier accroupi sous l'évier, la raie des fesses à l'air. " Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion professionnelle, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle l'une des réflexions les plus fines qu'il nous ait été donné de lire sur le sens et la …
" La génération actuelle de révolutionnaires du management considère l'éthos artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l'exemple du consultant en gestion, vibrionnant d'une tâche à l'autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Imaginez à côté le plombier accroupi sous l'évier, la raie des fesses à l'air. " Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion professionnelle, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle l'une des réflexions les plus fines qu'il nous ait été donné de lire sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales. Mêlant anecdotes, récit et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce " travail intellectuel ", dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l'" économie du savoir ", se révèle pauvre et déresponsabilisant. De manière très fine, à l'inverse, il restitue l'expérience de ceux qui, comme lui, s'emploient à fabriquer ou réparer des objets – ce qu'on ne fait plus guère dans un monde où l'on ne sait plus rien faire d'autre qu'acheter, jeter et remplacer. Il montre que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d'un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l'" économie du savoir ". " Retour aux fondamentaux, donc. Le carter moteur est fêlé, on voit le carburateur. Il est temps de le démonter et de mettre les mains dans le cambouis... "
Je prendrai le temps de rédiger un mot, c'est un de mes ouvrages préférés.
M'a bien brossé dans le sens du poil, c'était chouette. 🐈⬛ Par contre c'est peut-être mon ignorance en philo ou le fait que je lis dans les transports, j'ai pas eu le sentiment de réussir à m'imprégner de tout ce qu'il y avait à dire, et à bien faire tourner mon esprit critique. J'ai eu quelques doutes sur la traduction et y'a quelques propos de l'auteur que j'ai trouvés déplacés, mais tout ça est anecdotique dans le contexte du bouquin.
J'ai perçu pas mal de continuité avec des changements d'aujourd'hui (notamment l'utilisation de génération par ordinateur) et avec mon boulot qui n'est pourtant pas un travail manuel. De la même manière, l'auteur développe sur la manière dont les objets occultent de plus en plus leur fonctionnement et ce que ça implique pratiquement et philosophiquement, chose que je constate en informatique et qui s'accorde avec mes idées de libriste.
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M'a bien brossé dans le sens du poil, c'était chouette. 🐈⬛ Par contre c'est peut-être mon ignorance en philo ou le fait que je lis dans les transports, j'ai pas eu le sentiment de réussir à m'imprégner de tout ce qu'il y avait à dire, et à bien faire tourner mon esprit critique. J'ai eu quelques doutes sur la traduction et y'a quelques propos de l'auteur que j'ai trouvés déplacés, mais tout ça est anecdotique dans le contexte du bouquin.
J'ai perçu pas mal de continuité avec des changements d'aujourd'hui (notamment l'utilisation de génération par ordinateur) et avec mon boulot qui n'est pourtant pas un travail manuel. De la même manière, l'auteur développe sur la manière dont les objets occultent de plus en plus leur fonctionnement et ce que ça implique pratiquement et philosophiquement, chose que je constate en informatique et qui s'accorde avec mes idées de libriste.
La partie histoire était aussi très intéressante en ce qui me concerne. Il y a quelques réflexions sur le travail de bureau et la façon dont l'absence de critère d'évaluation concret peut mener à un mauvais environnement de travail. Bref, plein d'idées différentes développées et d'histoires personnelles, je ne vais pas toutes les lister. Le bouquin risque aussi d'être plus plaisant à lire si vous aimez faire (et surtout bricoler) de la moto.
Je ne sais pas si ça m'aidera à trouver comment être épanoui dans mon travail ; faudrait que je relise les conclusions dans cette optique, mais je ne l'ai pas lu pour ça. Ce qui m'intéressait c'est plutôt la partie sur le faire. Comme le disait mon beau-père, "C'est pas le tout de savoir qu'on peut scier un tube en métal. Il faut le faire pour se rendre compte que c'est compliqué."