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Magali Reghezza-Zitt: Bienvenue en 2055 : Dans un monde neutre en carbone (French language, Éditions du Seuil)

Les bassines sont en effet des réservoirs dits "de substitution" : l'eau de la bassine remplace les prélèvements directs dans la nappe et dans les rivières en période de basses eaux. C'est un peu comme si vous étiez un saisonnier qui ne travaille qu'entre octobre et mars et que vous mettiez de côté les revenus que vous avez engrangés en prévision des mois d'été, où vous aurez des frais importants mais ne gagnerez pas d'argent. Le hic, c'est qu'avec le réchauffement climatique, la saison de recharge des nappes phréatiques s'est raccourcie alors que les besoins en eau l'été ont augmenté. Comme il fait plus chaud plus tôt, la végétation apparaît plus tôt et disparait plus tard. Quand il pleut, au lieu de s'infiltrer dans les sols et de rejoindre les nappes souterraines, I'eau est utilisée par la végétation, qui la rejette dans l'atmosphère en transpirant. La période de recharge des nappes est donc plus courte. Pour reprendre la comparaison, même si votre salaire ne diminue pas, vous travaillez désormais de novembre à février. Vous gagnez donc moins d'argent, alors que vos dépenses estivales augmentent. Pour répondre à ce problème, vous n'allez pas multiplier les livrets d'épargne ou des bas de laine que vous risquez de ne pas remplir. Vous allez plutôt chercher à dépenser moins et à vous organiser autrement. C'est la même chose avec les bassines : dans beaucoup de cas, la perturbation climatique a fini par rendre ces ouvrages inutiles ou partiellement utilisables.

Bienvenue en 2055 : Dans un monde neutre en carbone de  (Page 62)