Arsène a publié une critique de On ne parle pas de ces choses-là par Marine Courtade
Comment le silence accompagne l'inceste dans les familles
C'est après avoir écouté le podcast "Penser les luttes" où Marine Courtade intervenait que j'ai souhaité lire la BD. Elle aborde de manière très compréhensible la difficulté de dénoncer ou d'empêcher des incestes au sein d'une famille. Elle évoque les pressions familiales pour que "l'honneur de la famille soit sauf" mais aussi les manières toutes différentes pour empêcher que le grand-père agisse. Néanmoins, il reste le silence ou les mots détournés pour en parler, tandis que les actes continuent sur d'autres enfants, d'autres victimes, car rien n'est véritablement mis en œuvre pour que cela cesse. Les uns ne veulent pas voir ni savoir, d'autres sont dans une sorte de malaise devant cette question "Pourquoi n'avoir rien dit?" Quand d'autres encore oublient, et d'ailleurs cette question n'est même pas évoquée lors des repas familiaux, on ne se souvient que de l'aspect joyeux, affectueux du grand-père. La qualité du texte est très …
C'est après avoir écouté le podcast "Penser les luttes" où Marine Courtade intervenait que j'ai souhaité lire la BD. Elle aborde de manière très compréhensible la difficulté de dénoncer ou d'empêcher des incestes au sein d'une famille. Elle évoque les pressions familiales pour que "l'honneur de la famille soit sauf" mais aussi les manières toutes différentes pour empêcher que le grand-père agisse. Néanmoins, il reste le silence ou les mots détournés pour en parler, tandis que les actes continuent sur d'autres enfants, d'autres victimes, car rien n'est véritablement mis en œuvre pour que cela cesse. Les uns ne veulent pas voir ni savoir, d'autres sont dans une sorte de malaise devant cette question "Pourquoi n'avoir rien dit?" Quand d'autres encore oublient, et d'ailleurs cette question n'est même pas évoquée lors des repas familiaux, on ne se souvient que de l'aspect joyeux, affectueux du grand-père. La qualité du texte est très bien servie par les dessins et les couleurs. Les deux interviews qui clôturent l'album, l'une de Dorothée Dussy, anthropologue, qui a publié "Le berceau des dominations" en 2013 et l'autre de Fabienne Giuliani, historienne, qui a publié "Les liaisons interdites, histoire de l'inceste au XIXe siècle" en 2014 suivent quelques chiffres issus de la CIVIISE. Et cela permet de mieux comprendre à la fois l'évolution de la connaissance de l'inceste et toutes les résistances que la société met en œuvre pour que cela perdure.