Leito a publié une critique de La nieve del almirante par Álvaro Mutis
La nieve del almirante
4 étoiles
Pour une édition en français, voir La Neige de l'Amiral chez Grasset
Première apparition du personnage de Maqroll el Gaviero inventé par Álvaro Mutis, marin errant de par le monde, toujours lancé dans de vagues entreprises, qui prend la vie comme elle vient, sans savoir exactement où il va mais maintenant le cap malgré les doutes et les embûches.
Le narrateur de l'introduction nous dit avoir trouvé des feuilles volantes glissées dans une vieille édition qui raconte la mort du Duc d'Orléans, un manuscrit tracé sur des factures et autres brouillons qui n'est autre que le récit par Maqroll de sa remontée du fleuve Xurandó à la recherche d'une scierie au pied de la cordillère et au beau milieu de la jungle, où il espère acheter du bois pour le redescendre et le vendre. Parti pour des semaines sur un bateau au moteur capricieux sur la base d'une …
Pour une édition en français, voir La Neige de l'Amiral chez Grasset
Première apparition du personnage de Maqroll el Gaviero inventé par Álvaro Mutis, marin errant de par le monde, toujours lancé dans de vagues entreprises, qui prend la vie comme elle vient, sans savoir exactement où il va mais maintenant le cap malgré les doutes et les embûches.
Le narrateur de l'introduction nous dit avoir trouvé des feuilles volantes glissées dans une vieille édition qui raconte la mort du Duc d'Orléans, un manuscrit tracé sur des factures et autres brouillons qui n'est autre que le récit par Maqroll de sa remontée du fleuve Xurandó à la recherche d'une scierie au pied de la cordillère et au beau milieu de la jungle, où il espère acheter du bois pour le redescendre et le vendre. Parti pour des semaines sur un bateau au moteur capricieux sur la base d'une rumeur, il se laisse conduire au gré des flots en lisant la vie et mort du Duc d'Orléans.
La plume d'Álvaro Mutis — à travers celle de Maqroll — est d'une grande poésie, qui peut frôler l'opacité autant que s'ouvrir de brèches lumineuses, empreinte d'une langueur nostalgique, celle de son personnage qui ne sait pas exactement ce qu'il cherche tout en ne cessant d'y revenir. Car son récit de voyage s'adresse à son amie Flor Estévez, qui lui a filé ses économies pour se lancer dans cette absurde aventure, et qu'il est de moins en moins certain de revoir au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans le vert infini.
J'ai été frappé par la beauté du texte, malgré une relative difficulté à rester à flot et à saisir tout ce que voulait dire l'auteur (je n'ai pas exactement compris ce que venait faire ici le Duc d'Orléans, par exemple). Pour résumer, je dirais que c'est un roman d'aventure métaphysique à tendance mélancolique.