Leito a publié une critique de Lebensborn par Isabelle Maroger
Lebensborn
4 étoiles
Un récit à la première personne de l'autrice, fille d'une mère née en Norvège en 1944 puis adoptée par une famille française. Sa mère n'a jamais trop cherché à connaître ses origines, même si les indices concordent : elle pourrait être une fille issue d'un Lebensborn, ces cliniques où l'on faisait accoucher les femmes considérées comme aryennes, que les soldats allemands de l'armée d'occupation avaient pour mission d'engrosser pour créer la future élite du IIIe Reich.
D'un sujet complexe, Isabelle Maroger réussit à rendre un récit limpide, tout en le traitant de manière très personnelle. Son point de départ est vraiment l'histoire familiale : principalement celle de sa grand-mère et sa mère, mais aussi les conséquences sur tou.te.s les proches et descendant.e.s, jusqu'à son fils, qu'elle ne peut s'empêcher de mettre en perspective avec sa mère au même âge. Et c'est intéressant d'apprendre qu'elle a choisi d'écrire cette …
Un récit à la première personne de l'autrice, fille d'une mère née en Norvège en 1944 puis adoptée par une famille française. Sa mère n'a jamais trop cherché à connaître ses origines, même si les indices concordent : elle pourrait être une fille issue d'un Lebensborn, ces cliniques où l'on faisait accoucher les femmes considérées comme aryennes, que les soldats allemands de l'armée d'occupation avaient pour mission d'engrosser pour créer la future élite du IIIe Reich.
D'un sujet complexe, Isabelle Maroger réussit à rendre un récit limpide, tout en le traitant de manière très personnelle. Son point de départ est vraiment l'histoire familiale : principalement celle de sa grand-mère et sa mère, mais aussi les conséquences sur tou.te.s les proches et descendant.e.s, jusqu'à son fils, qu'elle ne peut s'empêcher de mettre en perspective avec sa mère au même âge. Et c'est intéressant d'apprendre qu'elle a choisi d'écrire cette BD racontant l'histoire de sa mère alors que cette dernière l'a déjà racontée dans un livre publié, parce qu'elle estime que c'est aussi, d'une certaine manière, son histoire avec un point de vue légèrement différent (l'angle de la filiation).
J'aime bien aussi, dans ce livre, le rapport à l'identité et ce qui nous définit : on se construit une identité de famille norvégienne (sans jamais y être allé), pour apprendre qu'on est allemand-danois-suédois ; on fait la morale à des jeunes allemands qui disent que leurs parents "ne savaient rien", pour apprendre qu'on est petit-enfant d'un soldat de la Wehrmacht ; le grand-père a-t-il aimé sa grand-mère ou a-t-il rempli sa mission ?…
Donc une BD sur un sujet grave, mais traité de manière touchante, presque légère, et qui mine de rien ouvre tout un tas de petites portes pour peu qu'on y fasse gaffe.