Leito a publié une critique de Mon vrai nom est Elisabeth par Adèle Yon
Mon vrai nom est Elizabeth
5 étoiles
[Rattrapage de lectures vieilles de plusieurs mois, on recolle les morceaux]
Journal d'enquête, essai de recherche sur les pratiques psychiatriques mi-XXe, récit familial sur la violence patriarcale, documentaire d'archives… Mon nom est Elizabeth est tout cela à la fois, un fascinant montage de textes de nature différente qui racontent l'histoire de l'arrière-grand-mère de l'autrice qui a laissé une lourde empreinte dans l'histoire familiale, sans que la nature de cette empreinte soit complètement définie par celles qui en ont hérité. Car c'est avant tout une histoire de femmes, d'une tare héréditaire qui n'a rien de génétique.
On a beaucoup parlé de ce livre à sa sortie, et à juste titre. C'est brillamment écrit, tant dans le style (parfois je relisais des passages pour le plaisir) que dans le cheminement logique, l'exposition des faits (bruts ou commentés) et l'intelligence avec laquelle Adèle Yon parvient à parler d'un sujet si intime …
[Rattrapage de lectures vieilles de plusieurs mois, on recolle les morceaux]
Journal d'enquête, essai de recherche sur les pratiques psychiatriques mi-XXe, récit familial sur la violence patriarcale, documentaire d'archives… Mon nom est Elizabeth est tout cela à la fois, un fascinant montage de textes de nature différente qui racontent l'histoire de l'arrière-grand-mère de l'autrice qui a laissé une lourde empreinte dans l'histoire familiale, sans que la nature de cette empreinte soit complètement définie par celles qui en ont hérité. Car c'est avant tout une histoire de femmes, d'une tare héréditaire qui n'a rien de génétique.
On a beaucoup parlé de ce livre à sa sortie, et à juste titre. C'est brillamment écrit, tant dans le style (parfois je relisais des passages pour le plaisir) que dans le cheminement logique, l'exposition des faits (bruts ou commentés) et l'intelligence avec laquelle Adèle Yon parvient à parler d'un sujet si intime et pourtant si révélateur de la société dans laquelle ça a pu se produire.
Car c'est aussi un livre glaçant, quand on comprend au fil de la lecture le degré de violence que peut atteindre une société envers ses membres qui ne peuvent, ne savent ou ne veulent pas s'intégrer. On parle évidemment du patriarcat, ici incarné par l'institution médicale couplée à celle du mariage, qui n'hésite pas à faire usage de la force (sous les atours de la science) pour faire rentrer dans le rang une femme qui ne peut retenir sa colère.
Je ne me sens pas tout à fait légitime pour donner un avis éclairé et éclairant sur ce livre, déjà en raison des nombreux mois qui me séparent de sa lecture, mais aussi car je sens bien comme je n'ai pas les bons mots pour expliquer à quel point il me semble être un objet littéraire de première importance.
Il mérite mieux que cette petite note de lecture, et c'est pourquoi je vous invite fortement à vous le procurer, l'emprunter ou vous le faire prêter, le livre parlera par lui-même.