Arsène a publié une critique de La Parabole du semeur par Octavia E. Butler
Comment survivre dans une société qui s'écroule
5 étoiles
Il s'agit d'une forme de récit de science-fiction où le monde, et ici on parle des États-Unis, est confronté à un dérèglement climatique avec un manque d'eau terrible. Et cela entraîne de profonds changements dans la vie sociale, notamment avec la présence d'armes à feu qui font prévaloir une forme de droit de la force. Le plus fort, le plus armé, prend ce qu'il veut au plus faible, les anciennes règles de droit maintenues par la police ou la Garde Nationale n'ont plus vraiment cours et des associations sous forme de gangs apparaissent. Les groupes de personnes issues des classes moyennes tentent de se regrouper dans des propriétés entourées de murs, avec des armes et de déplaçant en groupes pour pouvoir faire front mais ils ne peuvent résister aux gangs violents, surtout lorsqu'ils sont drogués et brûlent tout, ou aux pillards qui n'ont plus rien. Seuls des grandes fortunes qui organisent des exploitations d'esclaves avec des milices armées, s'en sortent. C'est un roman sur le survivalisme, où un groupe menée par une jeune femme Lauren, qui est atteinte d'une forme d'hyperempathie et qui développe une pensée religieuse sur la base de la parabole du Semeur, tente de recréer une forme de communauté plus ou moins autonome dans ce 1er tome de la série des paraboles. Pour ma part, l'aspect "religieux" ne fait pas partie de mes préoccupations, mais je constate qu'il en est aussi question dans des romans de science-fiction comme dans celui de Margaret Artwood (les servantes écarlates). Le roman montre bien comment les relations entre les gens peuvent évoluer lorsque la règle du plus fort s'installe et détruit la solidarité qui permet aux groupes respectueux de ce principe de continuer à vivre dans un monde hostile. D'autres aspects sont traités comme le racisme, ou la domination masculine.
