Arsène a publié une critique de Le Grondement de la montagne par Yasunari Kawabata
une écriture un peu etrange pour moi
Yasunari Kawabata nous propose de suivre un vieil homme, Shingo, après la seconde guerre mondiale, qui rêve beaucoup, et prête énormément d'attention à la nature qui l'entoure. Autour de lui, dans sa maison il y a sa femme, moins belle que sa sœur qu'il semble avoir épousé à regret et qu'il ne touche que pour l'empêcher de ronfler, sa fille, qu'il ne trouve pas belle non plus et qui est revenue avec ses deux enfants après s'être séparée de son mari, et son fils qui est revenu changé de la guerre, lequel délaisse sa jolie femme pour une maîtresse. Shingo est très sensible à sa bru laquelle est très attentionnée envers lui. Une autre jeune femme, secrétaire dans un premier temps à son bureau, l'intéresse aussi. Ainsi que la maîtresse de son fils et la femme avec laquelle elle vit. Shingo est perturbé par sa fille qui vit avec eux, sa bru qui a avorté, la maîtresse de son fils qu'il fait pleurer et qui attend un enfant, la jeune femme qui a quitté son emploi de secrétaire pour servir dans des boutiques. Et tout est sujet à rêveries, contemplation de paysages, fleurs ou arbres, suivant les saisons, les gens qu'il croise dans le train, ses anciennes connaissances qu'il retrouve soit dans des dîners soit à leur chevet, et la vieillesse qu'il semble redouter, notamment lorsqu'il n'arrive plus à faire son nœud de cravate quotidien depuis quarante ans. Les 200 pages laissent un sentiment de calme, la guerre n'est qu'à peine évoquée hormis son fils et les femmes qui sont veuves. Mais l'aspect rigoriste, sourcilleux du respect dû aux anciens est là en filigrane et les discussions parfois semblent sans réel échange construit. Cet univers particulier m'a semblé étrange, peut-être parce que je suis pas habitué à cette manière de décrire les gens et les lieux. Je vais essayer d'en lire un autre.
