GilB a cité Le premier jour de paix par Élisa Beiram
Avertissement sur le contenu Mention de violences
– Non ! Arrêtez ! Arrêtez… Mais Aureliano était devenu muet, ou alors les enfants étaient devenus sourds, comme le sont tous les être précipités dans l'accomplissement d'un but terrible. Quand à force de coups de griffes, de poing et de cailloux ils furent venus à bout d'Oscar, dont les hurlements avaient fait décoller les nuées d'oiseaux terrorisés partout à la ronde, les enfants abandonnèrent ce qu'il restait de lui aux mouettes opportunistes et carnassières qui tournoyaient déjà au-dessus de la plage. Ils vinrent alors doucement entourer Aureliano de leurs bras malingres. Malgré ses côtes et sa gorge douloureuses, le vieux se mit à sangloter. – Il allait vous tuer, monsieur Aureliano ! – Et ce qu'il a dit, sur votre famille, c'était pas correct. – Non vous ne comprenez pas… Il faut que cela cesse… – C'est vous qui ne comprenez pas, les plus braves crèvent et c'est la peur qui règne. Maintenant, c'est fini, on va veiller sur vous. Mais Aureliano était inconsolable. Malgré tous leurs efforts, leurs mots les plus doux et leurs bisous les plus appliqués, il pleura, et les enfants finirent par pleurer avec lui comme les orphelins qu'ils étaient, les plus jeunes en premier, suivis de tous les autres, jusqu'au plus aguerris.
— Le premier jour de paix de Élisa Beiram (Page 29)
