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Robbie Arnott: Flammes (Paperback, French language, 2019, Actes Sud) Aucune note

[4 de couverture] Parce que les défuntes de la famille McAllister ont une fâcheuse propension …

À la différence de nombreuses personnes sur cet étrange caillou austral, je n’ai pas de talents cachés. Pas de tours de magie, pas de don secret, pas de truc incroyable pour quoi que ce soit. Mais si je devais confesser une aptitude particulière, je vous parlerais de mon pincement. Ce n’est pas un mouvement réflexe du genou, ni les entrailles qui se serrent ou un nerf qui tressaute dans la nuque : c’est un pincement dans tous le corps, qui me fait frémir en me parcourant des pieds à la tête, dès qu’un incident est sur le point de se produire. C’est très précis. Ça m’arrive quand un voyou s’apprête à devenir violent, quand un client me ment, quand une piste en mène nulle part. Même avant que mes pneus ne chassent sur le verglas. C’est un pincement auquel je peux me fier, et en général je l’écoute. Je ne peux compter sur rien d’autre. Quand le Dernier Graham m’a parlé de Jack McAllister, j’ai eu un pincement. Si fort que j’ai cru tomber par la fenêtre. Mais pour la première fois, rien ne s’est passé. Pas d’accident, pas de violence, rien de négatif. Graham a continué à parler, et moi à l’écouter. Il était possible que ce soit un pincement à retardement, déclenché par la mention d’un truc particulier, annonciateur d’une menace encore invisible. Mais ça ne m’était jamais arrivé, alors je n’y ai plus prêté attention. Je me suis convaincue que c’était un raté. Pas de quoi s’inquiéter. On commet tous des erreurs.

— Flammes de  (Page 88 - 89)