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Émilie Querbalec: Les Jardins du temps (Paperback, Français language, Albin Michel Imaginaire)

[4e de couverture] Japon. Fin du XVIe siècle. Les troupes d’Oda Nobunaga donnent l’assaut contre …

La joue calée sur la nuque de sa monture, son buste ne faisant qu’un avec son corps souple et puissant, Apenanka voyait les Formes qui se déliaient dans le vent de la course en un panorama fantastique et mouvant. Les Formes étaient un peu comme les kamuy : des puissances de la nature et de l’Invisible. Son ourse s’étant arrêtée sur un rocher pour humer les odeurs portées par la brise, elle ne profita pour tendre la main. Un papillon s’incarna au bout de son index. Ses grandes ailes veloutées, infiniment délicates, brillèrent fugacement dans la lumière, avant de disparaître comme un songe. Tel était le pouvoir de la magie qui imprégnait leur pays à ses origines : un monde où les rivières coulaient sans entraves dans leur lit et où les dieux ours arpentaient paisiblement les forêts d’ormes et de sapins millénaires. Un monde où leur peuple allait librement de territoire en territoire, loin des rêves d’acier et de mort des Grandes Cités.

— Les Jardins du temps de  (Page 160)