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Émilie Querbalec: Les Jardins du temps (Paperback, Français language, Albin Michel Imaginaire)

[4e de couverture] Japon. Fin du XVIe siècle. Les troupes d’Oda Nobunaga donnent l’assaut contre …

Et c’était là le point essentiel : l’idée. À l’origine de la catastrophe, il y avait bel et bien un homme. Cet homme, elle l’avait traqué, elle avait suivi sa piste, l’avait perdu, retrouvé et reperdu au fil de ses multiples réincarnations. Et elle l’avait tué, oui, maintes et maintes fois tué, jusqu’à ce qu’elle constate que cela ne suffirait pas. Toutes ces années gaspillées à assouvir sa soif de vengeance, croyant rétablir la justice alors qu’elle était simplement aveuglée par la fureur et la peine. Pendant ce temps, les Émergences n’avaient cessé de prendre de l’ampleur, et le Temps, de se disloquer. Elle aurait pu arrêter cela. Elle aurait dû. Mais elle avait fini par comprendre. Ce n’était pas seulement l’homme qu’il fallait empêcher d’agir mais aussi l’idée, celle qu’il avait contribué à faire naître et grandir. Car, une fois conçue, une idée ne mourait jamais. Elle restait là, parfois à l’état latent, pour croître et gagner en puissance le moment venu, agrégeant d’autres idées qui la renforçait encore et encore, jusqu’à devenir finalement bien plus qu’une idée, mais une véritable Forme, qui elle-même engendrait d’autres Formes. Un monstre, en vérité. Et c’était ce monstre qu’il fallait abattre aujourd’hui, avant qu’il en soit totalement hors de contrôle.

— Les Jardins du temps de  (Page 243)