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Barbara Kingsolver, Martine Aubert (traduction): On m'appelle Demon Copperhead (French language, 2024, Albin Michel) Aucune note

« Déjà, je me suis mis au monde tout seul. Ils étaient trois ou quatre …

J’ai longtemps hésité à ouvrir ce roman : je garde un mauvais souvenir des passages de David Copperfield lus lorsque j’étais môme et craignais un récit où le sort ne cessait de s’acharner sur un mômr. Mais on est chez Barbara Kingsolver, et quels que soient les coups que prennent ses personnages, l’espoir n’est jamais loin, généralement sous la forme de gens qui redonnent foi en l’humanité. Ça n’est pas mon livre préféré de BK, simple affaire de goût, mais c’est un grand roman, dont je recommande vivement la lecture, ne serait-ce que pour mieux comprendre le pays qui a ces dernières années largement soutenu Trump. À son habitude, BK nous emmène chez les Rednecks, les péquenauds, les gens à qui on a tout volé et que tout le monde méprise, qui tombent comme des mouches mais réussissent malgré tout à survivre. En toile de fond, le scandale des opioïdes, ici vécu à la première personne. C’est un récit dur, mais pas glauque, et comme toujours plein d’empathie, peuplé par une galerie de gens profondément attachant·e. Un roman qui m’a bien remué, entre colère et grands sourires.