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Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Livres de Clochix

a terminé la lecture de Libres d'obéir par Johann Chapoutot

Johann Chapoutot, Philippe Girard: Libres d'obéir (GraphicNovel, French language, 2025, Casterman)

Libres d'obéir ou comment le management moderne trouve certaines de ses racines dans l'organisation nazie. …

Encore une déception. Je n’ai accroché ni à la forme ni au fond. Sur la forme, c’est un résumé du livre de Chapoutot, à coup de phrases courtes et de mots allemands écris en gros. Les illustrations servent surtout à aérer le texte, l’intrigue contemporaine censée servir de liant est anecdotique. La mise en page est agréable durant les premières pages, mais son caractère répétitif m’a vite lassé. Sur le fond, pas mal de choses intéressantes, sur le nazisme (certains aspects évoquent de manière frappante le second mandat de Trump) et la reconversion des dignitaires nazis en RFA. Par contre, je n’ai pas trouvé convainquante la thèse du lien avec le management moderne. Du moins, moins que dans certaines recensions des thèses de Chapoutot lues ailleurs.

Estelle-Sarah Bulle: Là où les chiens aboient par la queue (French language, 2018, Liana Levi) Aucune note

Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son "nom de savane", …

Une jeune femme née en région parisienne interroge ses tantes et son père sur leur enfance en Guadeloupe. J’ai bien aimé cette chronique familiale s’étirant sur un demi-siècle. Pour ses personnages, notamment Antoine, la sœur aînée. Pour la découverte de la Guadeloupe, la vie quotidienne, la petite et la grande histoire dans les années d’après guerre. C’est un récit doux avec des personnages attachantes, un récit manifestement fortement inspiré de la famille de l’autrice. Le tout est narré dans une langue vivante, matinée de quelques expressions créoles. Une belle découverte.

Saha Khalifa, Mohamed Maouhoub (traduction): L'impasse de bab-essaha (French language, 2015, Elyzad) Aucune note

En Cisjordanie occupée, soldats israéliens et jeunes Palestiniens s'affrontent à combat ouvert dans les rues. …

Même si formellement ça n’est pas le cas, ce livre m’a fait penser à un huis-clos où s’affrontent trois femmes très différentes et attachantes chacune à sa manière. Ça se passe en Cisjordanie occupée durant la première Intifada, avec en toile de fond la violence de l’armée israélienne. Sitt Zakia la vieille sage femme, Samar la jeune militante idéaliste, et Nouzha à la réputation sulfureuse se retrouvent au chevet d’un jeune combattant. À mesure qu’elles discutent, leurs histoires s’éclaire. J’ai bien aimé le ton, le style de ce court récit, les personnalités toutes en nuances des protagonistes. C’est un témoignage, un hommage aux femmes palestiniennes, et une œuvre littéraire qui touche à l’universel.

Christophe Girard, Kudret Gunes: La liberté dans le sang (GraphicNovel, French language, 2024, MARAbulles) Aucune note

Rojîn fuit la France après un mariage forcé et part rejoindre des femmes kurdes à …

Une plongée au fond de l’horreur. Jeune femme kurde à Paris, Rojîn fuit au Kurdistan pour échapper à un homme turc qui veut l’épouser de force. Confrontée aux violences des policier turcs, elle rejoindra la résistance armée à Kobané, avant d’être capturée par Daesh. J’ai serré les dents tout le long, espérant que le cycle de violences s’arrête. Hélas, si l’histoire est fictive, elle est inspirée de nombreuses histoires vraies. Un livre éprouvant où se côtoient le pire de l’humanité et la force extraordinaire d’une femme qui n’arrête jamais de se battre. Le dernier chapitre de l’histoire m’a semblé superflu, mais qu’importe. J’ai trouvé cette lecture dure, mais pudique, la violence, l’horreur sont partout mais le récit ne s’y complaît pas. Alors que les Kurdes de Syrie font face à de nouvelles attaques et sont lâché·es par tout le monde, il est important de ne pas fermer les yeux sur …

Mirion Malle: Le Problème avec les fantômes (GraphicNovel, Français language, 2025, Glénat Éditions)

Combien de temps vivent les fantômes ?

Un soir d’été, quatre amies dans la …

Deuxième déception. J’entends parler depuis longtemps de Mirion Malle et me réjouissais que la bibliothèque ait acquis sa nouvelle BD. Mais j’ai trouvé cette histoire de deuil trop intime. Un jeune homme est mort. Quelques mois plus tard, le temps d’une soirée, on découvre comment quatre de ses amies proches se débrouillent avec ce deuil. Malheureusement, j’ai trouvé qu’il y avait trop de non dits, qui m’ont empêché d’entrer dans l’histoire, j’ai plutôt éprouvé de la gène à me sentir voyeur. J’ai par contre apprécié l’univers, la relation forte entre ces quatre filles. Et ça se passe au Québec, donc les dialogues ont cet accent qui chante à mes yeux. Allez, seulement une demi-déception.

Carine Chichereau, Michelle Gallen: Ce que Majella n'aimait pas (French language, 2023, Joëlle Losfeld) Aucune note

La liste des trucs que Majella trouvait vraiment intéressants était beaucoup plus courte : 1. …

Un beau portrait de femme. Pendant une semaine, on suit heure par heure les journées répétitives de Majella, jeune femme catholique vivant dans une petite ville d’Ulster. La maison où elle vit avec sa mère alcoolique, le fish and ships où elle travaille jusqu’à 2h du mat, et sert chaque jour les mêmes menus aux mêmes clients. Le mardi, comprenant que tous les jours seraient pareils, je me suis demandé pourquoi j’avais ouvert ce livre. Le samedi, je ralentissais ma lecture pour ne pas qu’arrive trop vite le dimanche. C’est qu’on s’attache à Majella, jeune femme indépendante, pas très sociable, avec sa force et ses faiblesses. Sept jours durant, il ne se passe rien, ni intrigue ni révélation, on partage juste le quotidien d’une jeune femme et par ses yeux la vie de la communauté catholique d’une bourgade d’Ulster. C’est cru, profondément humain. J’ai beaucoup aimé.

Jen Wang: Le prince et la couturière (GraphicNovel, French language, 2022, Akileos)

Le prince Sébastien cherche sa future femme, ou plutôt, ses parents lui cherchent une épouse... …

Ne boudons-je pas mon plaisir, un compte de fée, de temps en temps, ça fait du bien au moral. Si Lady Oscar était habillée comme un garçon, le prince Sébastien lui adore les robes, ce qui donne à Jen Wang l’occasion de narrer une belle histoire d’amitié adolescente entre un prince et une couturière. Une BD qui a la saveur d’un dessin animé de Récré A2, avec des méchants pas trop méchants, un univers sans contingences matérielles et beaucoup de bienveillance. Ça fait du bien de temps en temps.

a terminé la lecture de Sur un air de fado par Nicolas Barral

Nicolas Barral: Sur un air de fado (GraphicNovel, French language, 2021, Dargaud) Aucune note

Lisbonne, été 1968.

Depuis 40 ans, le Portugal vit sous la dictature de Salazar.

Si j’ai pas mal lu sur l’Espagne franquiste, je ne connaissais rien de la dictature parallèle au Portugal. Barral nous emmène à Lisbonne en 68 aux côté d’un médecin au comportement ambiguë, tantôt collaborant avec la police politique, tantôt fréquentant l’opposition, coureur de jupon mais peut-être pas complètement égoïste… Petits regrets, c’est trop court pour appréhender l’ambiance à Lisbonne, et le Fado du titre est complètement absent. À ces réserves près, j’ai bien aimé la complexité du personnage et le dessin, et le projet : rappeler ce qu’ont vécu hier nos proches voisins pendant quatre longues décennies est utile, au moment où ça nous pend au nez.

a terminé la lecture de Petite Maman par Halim

Halim: Petite Maman (GraphicNovel, French language, 2017, Dargaud) Aucune note

Lorsque Brenda vient au monde, sa mère, Stéphanie, a 15 ans, et son père s'est …

Après La Boucle la semaine dernière, une nouvelle histoire d’adolescente maltraité dont la violence m’a coupé le souffle. C’est un récit que j’ai trouvé très dur — nombreuses mentions de violences physiques et psychologiques —, sans manichéisme — la mère de Brenda est tour à tour victime, bourreau, complice —. J’ai eu un peu de mal avec la narration, mais ça n’est finalement pas un mal, parce qu’elle incite à une relecture qui fait découvrir d’autres aspects de l’histoire. Le graphisme m’a bien plu, s’adaptant au moment de tension comme aux respirations. Un livre que je ne conseillerais pas à tout le monde, mais que j’ai apprécié.

a terminé la lecture de Sermilik par Simon Hureau

Simon Hureau: Sermilik (French language, 2022, Dargaud) Aucune note

À 18 ans Max a décidé de quitter Marseille pour s’installer sur la côte Est …

À 20 ans, un homme né à Marseille décide de devenir chasseur dans un petit village de la côté est de Kalaallit Nunaat (le pays que les danois appellent Grønland). Il nous livre un témoignage sur les mutations rapides qui ont affecté cette communauté au cours des quatre dernières décennies. Le récit se concentre sur ces changements, on en apprend finalement peu sur la culture de cette communauté. Je suis devenu trop exigeant ;-) Ça reste un livre d’une lecture agréable offrant un premier aperçu de la vie sur l’île.

a terminé la lecture de Tressaillir par Maria Pourchet

Maria Pourchet: Tressaillir (French language, 2025, Stock) Aucune note

« J’ai coupé un lien avec quelque chose d’aussi étouffant que vital et je ne …

Pas vraiment ce à quoi je m’attendais. L’accroche promettait « une archéologie de ces terreurs d’enfant qui hantent les adultes (…) au cœur des forêts du Grand Est sur les traces de drames intimes et collectifs. ». Le roman s’ouvre sur une comédie de mœurs, parlant à la fois du couple et des gens qui se sont échappé·es de la campagne pour monter à Paris. Le ton est mordant, le style agréable, je me suis souvent retrouvé dans les réflexions de la narratrice, mais arrivé à mi-parcours, j’ai commencé à trouver le temps long en me demandant où elle m’emmenait. Le dénouement m’a d’abord déçu, pas ce que je m’étais imaginé. Mais, en mettant de côté ce malentendu, reste une lecture agréable et qui m’a souvent parlé. Forcément, c’est une histoire de quadra/quinqua montée à la ville à vingt ans et qui regarde en arrière. Après la Moselle post-industrielle de …

a terminé la lecture de Destins coréens par Jung

Jung, Laetitia Marty: Destins coréens (GraphicNovel, French language, 2025, Delcourt) Aucune note

Joy, tombée enceinte suite à une brève relation avec un étudiant, s'apprête à faire adopter …

Avec son style graphique bicolore que j’apprécie, Jung continue à raconter des histoires d’enfant coréens adoptés, et je ne m’en lasse pas. Ici, il nous parle surtout du sort réservé aux mères célibataires dans la très patriarcale société sud-coréenne, et du pouvoir de la littérature. Un récit une fois de plus émouvant.

a terminé la lecture de Poussière par Geoffroy Monde (Poussière, #1)

Geoffroy Monde: Poussière (GraphicNovel, French language, 2018, Delcourt) Aucune note

Poussière est une habitante d’Alta, planète dotée d’un écosystème sain et équilibré. L’évolution de sa …

Mélanger ensemble de bons ingrédients ne suffit malheureusement pas à faire un bon plat. Beaucoup de bonnes choses dans cette série, un univers riche et inventif, une grande variété de personnages, des enjeux actuels… Mais malheureusement, pour moi, la sauce n’a pas pris. La faute à un dessin que j’ai trouvé trop froid, une intrigue un peu décevante, et au rythme : le premier tome introduit l’univers sans quasiment donner d’explications, le second introduit enfin l’intrigue, mais j’ai trouvé le dénouement dans le troisième un peu trop rapide. J’ai l’impression d’une rencontre manquée avec un univers qui avait beaucoup pour me plaire.

Qiu Miaojin, Emmanuelle Péchenart (traduction): Les carnets du crocodile (French language, 2021, Les Éditions Noir sur Blanc) Aucune note

Laz, jeune étudiante taïwanaise, passe une grande partie de son temps seule à écrire et …

Une lecture difficile. Sur la forme, c’est un mélange de journaux intimes introspectifs, de quelques lettres et de courts récit métaphoriques que je n’ai pas compris. Sur le fond, le crocodile est une jeune étudiante twaïwanaise, attirée par les femmes, à une époque, la fin des années 80, où ça n’était manifestement pas encore socialement acceptable. On partage quatre années durant ses amours impossibles et sa dépression. Je comprend que l’on puisse se retrouver dans cette description détaillée des tourments du sentiment amoureux, mais tout cela est trop éloigné de moi, les jeunes amours, la culture de Taïwan, j’ai eu du mal à en venir à bout.