Critiques et Commentaires

Clochix Compte verrouillé

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 3 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Elizabeth Acevedo, Clémentine Beauvais (traduction): De l'autre côté de l'eau (French language, 2022, Nathan) Aucune note

Un océan les sépare. Un secret les relie.
Le nouveau roman d'Elizabeth Acevedo, l'autrice multi-primée …

J’ai adoré ce roman bon pour le moral pour tout public (feel good et youg adult). Les vies parallèles de deux adolescente nées chacune d’un côté de la mer, Camino en République dominicaine, Yahaira à New York. Une variation autour de l’éternelle question de ce que serait notre vie si nous étions né·es un peu plus loin. Une porte aussi sur la vie des afro-caribéen·nes, sur ce que l’obtention d’un visa peut changer. C’est légèrement triste, légèrement violent, mais avant tout tendre, et ça fait du bien.

a terminé la lecture de Pleine Lune par Chabouté

Chabouté: Pleine Lune (GraphicNovel, French language, 2000, Vents d'Ouest) Aucune note

Edouard Tolweck est célibataire, travaille à la Sécurité Sociale et mange le même cassoulet tous …

Un livre jouissif. Un être veule et profondément raciste va vivre une longue nuit, projeté tel une boule de flipper de galère en galère. J’ai éprouvé une joie probablement malsaine à voir ce Dupont Lajoie se prendre des claques toute la nuit. Un album qui à la fois rappelle combien le racisme était décomplexé il y a encore peu de temps, et qui fait du bien, ces jours-ci les histoires où les méchants perdent à la fin sont rares.

a terminé la lecture de Sorcieres par Christophe Chabouté

Christophe Chabouté: Sorcieres (GraphicNovel, French language, 2001, Vents d'Ouest) Aucune note

Atmosphères sombres, campagnes perdues, entre sortilèges, philtres et envoutements, quelques vieilles mènent la danse.Avec ces …

Succession de récits en quelques planches autour du thème de la sorcellerie, hier et aujourd’hui. Tantôt horrifiques, tantôt grinçants, tantôt drôles. Certains scénarios sont cousus de fil blanc, mais l’ensemble se laisse lire, d’autant que ça a un parfum nostalgique de BD que je lisais à l’adolescence…

a terminé la lecture de Communardes ! par Wilfrid Lupano (Communardes !, #3)

Wilfrid Lupano, Xavier Fourquemin: Communardes ! (GraphicNovel, French language, 2016, Vents d'Ouest) Aucune note

Marie n’est pas une intellectuelle, ni une aristocrate, encore moins une militante. La Commune, elle …

Un album qui s’achève avec la Semaine sanglante. On y croise Victorine, Louise Michel, mais on suit surtout Marie, une femme en colère. Paris brûle, les Versaillais fusillent, Marie se bat. Mon préféré des trois volumes, j’ai adoré le personnage et l’album montre à la fois les espoirs suscités par cette révolution et la rage avec laquelle la bourgeoisie l’a assassinée. Ces trois albums le confirment une fois de plus : la Commune n’est pas morte !

a terminé la lecture de Communardes ! par Wilfrid Lupano (Communardes !, #2)

Wilfrid Lupano, Anthony Jean: Communardes ! (GraphicNovel, French language, 2015, Vents d'Ouest) Aucune note

Élisabeth Dmitrieff, une belle jeune femme russe de tout juste vingt ans arrivée à Paris …

Le second volume est consacré à une actrice réelle et méconnue de la Commune, Élisabeth Dmitrieff, qui a été très investie dans l’organisation des femmes. Cet album se veut un peu plus pédagogique, essayant de donner un aperçu de la place des femmes dans l’insurrection et des tensions parmi les délégués. J’ai trouvé le scénario un peu brouillon, mais appris des choses

a terminé la lecture de Communardes ! par Wilfrid Lupano (Communardes !, #1)

Wilfrid Lupano, Lucy Mazel: Communardes ! (GraphicNovel, French language, 2015, Vents d'Ouest) Aucune note

Hiver 1870. Prélude de la Commune. Alors que Paris, assiégée par l’armée prussienne, subit le …

Excellente idée que cette série de trois albums mettant à l’honneur des femmes de la Commune, scénarisés par Lupano et avec trois dessinateurices différentes. Le premier volume nous fait vivre le siège et les début de la Commune à travers les yeux de Victorine, une gamine qui n’a pas froid aux yeux et s’est liée d’amitié avec les deux éléphants du Jardin des plantes. Héroïne attachante, atmosphère révolutionnaire, j’ai trouvé l’album réussi.

Maria Pourchet: Toutes les femmes sauf une (French language, 2018, Fayard/Pauvert) Aucune note

Dans une maternité, une femme épuisée, sous perfusion. Elle vient d’accoucher d’une fille, Adèle, et …

Un court texte qui m’a laissé un sentiment ambiguë. D’un côté, c’est une charge au style enflammé contre les violences des femmes contre les autres femmes : la transmission de la soumission de mère en fille au fil des générations, mais aussi la maltraitance de certaines soignantes à l’encontre des femmes dans les maternité. Un texte que j’ai trouvé fort. Mais le récit à la première personne, s’il donne de la force au propos, m’a donné l’impression d’assister à un règlement de compte entre une fille et sa mère, d’être voyeur de choses un peu trop intimes. Je ne sais pas si le texte est auto-biographique, mais la possibilité qu’il le soit m’a gêné et empêché de vraiment l’apprécier.

Catherine Pioli: Globules et conséquences (GraphicNovel, French language, 2018, Vents d'Ouest) Aucune note

Un témoignage poignant sur le combat face à la maladie

La vie de Catherine, …

À 32 ans, Catherine, jeune femme vivant à Paris, est atteinte d’une leucémie. Pendant plusieurs mois, elle va documenter l’évolution de la maladie et sa lutte contre. J’ai ressenti une certaine dissonance à la lecture de cette histoire. Le style et le ton sont ceux de blogs BD, assez légers. Mais le sujet est sérieux, et prend à la gorge à mesure que la maladie évolue. Le récit alterne anecdotes sur son quotidien et planches pédagogiques sur la maladie. Il faut saluer le courage de Catherine Pioli d’avoir documenté pour nous sa maladie. Au delà de l’histoire même, ce livre est aussi un rappel de combien la Sécu est un bien collectif précieux, qui permet à chacun et chacune, quels que soient ses moyens, de bénéficier des meilleurs traitements. Je suis ressorti de cette lecture secoué, et renforcé dans ma conviction de l’impérative nécessité de défendre notre système de santé.

a terminé la lecture de Punk à sein par Magali Le Huche

Magali Le Huche: Punk à sein (GraphicNovel, French language, 2025, Charivari) Aucune note

Après Nowhere Girl, album dans lequel elle révélait comment les Beatles lui avaient permis de …

Magali Le Huche est depuis toujours fan des Beatles. À l’aube de la quarantaine, elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein agressif, et, au cours de sa lutte, rencontre le fantôme de Joe Strummer. Si le style graphique de Magali Le Huche n’est pas trop ma tasse de chicorée, j’ai beaucoup aimé ce récit pour son ton et la personnalité de l’autrice. Humour, combativité, sororité. J’ai le privilège de vivre dans une bulle où aucune de mes proches n’a chopé ce crabe, qui restait donc pour moi très abstrait. Ce récit a le mérite de le rendre plus concret, de commencer à me faire prendre conscience de certaines choses. Bon, par contre, même si ça présence est plaisante, je n’ai toujours pas compris ce que Joe Strummer venait faire là, si ce n’est qu’une énergie punk irrigue tout l’album.

a terminé la lecture de Baby Jane par Sofi Oksanen

Sofi Oksanen, Sébastien Cagnoli (traduction): Baby Jane (French language, 2014, Stock) Aucune note

Qu’est-il arrivé à Piki, la fille la plus cool d’Helsinki, qui vit désormais recluse dans …

Encore un livre dont la lecture a été parasitée par un malentendu sur le résumé. L’« entreprise d'un goût douteux pour exploiter la faiblesse des hommes » m’avait fait imaginer un roman misandre, mais la dite entreprise est juste un commerce de vêtements à destination de fétichistes, assez anecdotique dans l’histoire. Ce dont parle vraiment ce livre, ce n’est ni de misogynie, ni d’amours lesbiennes, mais de troubles mentaux et de phobie sociale. Il m’a fallu la moitié du livre avant de réviser mes attentes, et de m’adapter à ce récit, mais une fois dedans la fin de l’histoire m’a touché.

Mathieu Palain, Valentin Maréchal: Nos pères, nos frères, nos amis (GraphicNovel, French language, 2025, Steinkis) Aucune note

L'adaptation en roman graphique de l'essai best-seller de Mathieu Palain.

Si les monstres n'existent …

Mathieu Palain a réalisé un reportage radiophonique sur les groupes de parole pour des hommes auteurs de violences conjugales. Si ce reportage a eu du succès, il a eu l’impression de ne pas être allé assez loin et a continué pendant plusieurs années son enquête, en tirant un livre, dont cette BD est une adaptation. J’ai une réserve sur le titre de l’essai : pourquoi s’arrêter à nos pères, nos frères, nos amis, alors qu’au fil de sa réflexion, il prend conscience que chacun, y compris lui, moi, peut être auteur de violences ? C’est dans notre tête qu’il creuse pour mettre à jour les mécanismes susceptibles de déclencher la violence. C’est une lecture difficile, qui gratte, mais que je recommande vraiment. Parce qu’elle casse les clichés. Parce qu’elle balaie un panorama assez large de situations, ne masque pas la complexité du sujet, et nous oblige à réfléchir à nos …

a terminé la lecture de Zoé par Chabouté

Chabouté: Zoé (GraphicNovel, French language, 1999, Vents d'Ouest) Aucune note

Après dix ans passés en prison Zoé n'a plus peur de la solitude. Aussi, à …

Tout juste sortie de prison, une jeune femme s’installe dans la maison de sa défunte grand mère, dans un hameau où le temps semble s’être arrêtée. Une héroïne lumineuse dans un environnement très sombre. Si le dénouement ne m’a pas convaincu, j’ai adoré les dessins et l’ambiance de cet album.

a terminé la lecture de Libres d'obéir par Johann Chapoutot

Philippe Girard, Johann Chapoutot: Libres d'obéir (GraphicNovel, French language, 2025, Casterman)

Libres d'obéir ou comment le management moderne trouve certaines de ses racines dans l'organisation nazie. …

Encore une déception. Je n’ai accroché ni à la forme ni au fond. Sur la forme, c’est un résumé du livre de Chapoutot, à coup de phrases courtes et de mots allemands écris en gros. Les illustrations servent surtout à aérer le texte, l’intrigue contemporaine censée servir de liant est anecdotique. La mise en page est agréable durant les premières pages, mais son caractère répétitif m’a vite lassé. Sur le fond, pas mal de choses intéressantes, sur le nazisme (certains aspects évoquent de manière frappante le second mandat de Trump) et la reconversion des dignitaires nazis en RFA. Par contre, je n’ai pas trouvé convainquante la thèse du lien avec le management moderne. Du moins, moins que dans certaines recensions des thèses de Chapoutot lues ailleurs.

Estelle-Sarah Bulle: Là où les chiens aboient par la queue (French language, 2018, Liana Levi) Aucune note

Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son "nom de savane", …

Une jeune femme née en région parisienne interroge ses tantes et son père sur leur enfance en Guadeloupe. J’ai bien aimé cette chronique familiale s’étirant sur un demi-siècle. Pour ses personnages, notamment Antoine, la sœur aînée. Pour la découverte de la Guadeloupe, la vie quotidienne, la petite et la grande histoire dans les années d’après guerre. C’est un récit doux avec des personnages attachantes, un récit manifestement fortement inspiré de la famille de l’autrice. Le tout est narré dans une langue vivante, matinée de quelques expressions créoles. Une belle découverte.

Saha Khalifa, Mohamed Maouhoub (traduction): L'impasse de bab-essaha (French language, 2015, Elyzad) Aucune note

En Cisjordanie occupée, soldats israéliens et jeunes Palestiniens s'affrontent à combat ouvert dans les rues. …

Même si formellement ça n’est pas le cas, ce livre m’a fait penser à un huis-clos où s’affrontent trois femmes très différentes et attachantes chacune à sa manière. Ça se passe en Cisjordanie occupée durant la première Intifada, avec en toile de fond la violence de l’armée israélienne. Sitt Zakia la vieille sage femme, Samar la jeune militante idéaliste, et Nouzha à la réputation sulfureuse se retrouvent au chevet d’un jeune combattant. À mesure qu’elles discutent, leurs histoires s’éclaire. J’ai bien aimé le ton, le style de ce court récit, les personnalités toutes en nuances des protagonistes. C’est un témoignage, un hommage aux femmes palestiniennes, et une œuvre littéraire qui touche à l’universel.