Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
L’incroyable destinée d’Olive Oatman surnommée « la femme tatouée », enlevée par les Amérindiens puis …
Album beaucoup trop classique à mon goût, daté comme une histoire de l’oncle Paul du siècle dernier, racontant sagement la vie d’une femme qui a vécu quelques années parmi les premières nations du côté du Colorado. Plus mon mug de rooibos.
Un road trip à la rencontre des nouveaux modèles de paysans.
"On devient ce …
J’ai apprécié la démarche : partir à la rencontre de paysan·nes qui essaient d’autres voies que le productivisme industriel, expérimentent des rapports moins conflictuels à notre environnement. Malheureusement, le ton a peiné à me convaincre. Les portraits sont courts, et enchaînent les affirmations parfois teintées d’ésotérisme. J’ai l’esprit encore trop rigide, ces discours me mettent mal à l’aise. Mais, au delà de ce malaise, j’ai trouvé cet album enthousiasmant. Il montre que des alternatives sont possibles, que l’agro-industrie n’est pas un horizon indépassable. Surtout, que dans les marges du système, une poignée de gens arrivent à vivre mieux. Ça donne de l’espoir. Les dessins très doux de l’album rendent cet espoir encore plus désirable.
J’ai apprécié la démarche : partir à la rencontre de paysan·nes qui essaient d’autres voies que le productivisme industriel, expérimentent des rapports moins conflictuels à notre environnement. Malheureusement, le ton a peiné à me convaincre. Les portraits sont courts, et enchaînent les affirmations parfois teintées d’ésotérisme. J’ai l’esprit encore trop rigide, ces discours me mettent mal à l’aise. Mais, au delà de ce malaise, j’ai trouvé cet album enthousiasmant. Il montre que des alternatives sont possibles, que l’agro-industrie n’est pas un horizon indépassable. Surtout, que dans les marges du système, une poignée de gens arrivent à vivre mieux. Ça donne de l’espoir. Les dessins très doux de l’album rendent cet espoir encore plus désirable.
Gora est un simple rocher de l’espace profond, qui n’a aux yeux de l’Union Galactique …
Comment ça c’est déjà le dernier volume des voyageurs ? Mais non, je ne veux pas quitter cet univers ! D’autant que le quatrième tome renoue avec ce que j’avais tant aimé dans le premier, et n’avais pas vraiment retrouvé dans les suivants. Plusieurs espèces qui, avec bienveillance, échangent, s’entraident, vivent ensemble. C’est un livre qui fait énormément de bien, je veux aller vivre à l’Auberge des Cinq-Sauts, avec Ouloo et Tupo !
Comment ça c’est déjà le dernier volume des voyageurs ? Mais non, je ne veux pas quitter cet univers ! D’autant que le quatrième tome renoue avec ce que j’avais tant aimé dans le premier, et n’avais pas vraiment retrouvé dans les suivants. Plusieurs espèces qui, avec bienveillance, échangent, s’entraident, vivent ensemble. C’est un livre qui fait énormément de bien, je veux aller vivre à l’Auberge des Cinq-Sauts, avec Ouloo et Tupo !
Il est temps de transformer notre regard sur la solitude des femmes.
Les femmes …
Encore un livre qui me fait toucher du doigt un privilège dont j’ai bénéficié pratiquement toute la ma vie sans en avoir conscience : celui de pouvoir passer une journée entière à bouquiner sans me soucier de rien ni personne. Ce livre est une ode à ce que Lauren Bastide nomme l’enfinsolitude, une solitude choisie, qui permet d’être avec soi, d’être libre. En une succession de courts chapitres, elle s’attache à combattre les peurs que la solitude provoque généralement, pour nous inviter à la rechercher, à en profiter. Et c’est là que le harnais blesse un peu. Car Lauren Bastide jouit elle aussi d’un certain nombre de privilèges. Mère, elle a la chance rare de disposer d’un co-parent fiable qui prend soin de leurs enfants une semaine sur deux. Elle exerce une profession qui lui permet de passer des journées à se promener dans les bois autour de la maison …
Encore un livre qui me fait toucher du doigt un privilège dont j’ai bénéficié pratiquement toute la ma vie sans en avoir conscience : celui de pouvoir passer une journée entière à bouquiner sans me soucier de rien ni personne. Ce livre est une ode à ce que Lauren Bastide nomme l’enfinsolitude, une solitude choisie, qui permet d’être avec soi, d’être libre. En une succession de courts chapitres, elle s’attache à combattre les peurs que la solitude provoque généralement, pour nous inviter à la rechercher, à en profiter. Et c’est là que le harnais blesse un peu. Car Lauren Bastide jouit elle aussi d’un certain nombre de privilèges. Mère, elle a la chance rare de disposer d’un co-parent fiable qui prend soin de leurs enfants une semaine sur deux. Elle exerce une profession qui lui permet de passer des journées à se promener dans les bois autour de la maison qu’elle a pu acheter en compagnie d’un chien. Elle évolue dans un milieu où elle a l’occasion de rencontrer des gens, dont certains pourront devenir ami·es ou amant·es… Bref, une situation un peu plus confortable que celle de bien des gens qui subissent la solitude et, même débarrassé·es de certaines peur, en souffrent.
Malgré cette réserve, j’ai adoré cette lecture. J’ai encore appris beaucoup, et apprécié que Lauren Bastide donne des pistes concrètes pour lutter contre ce qui nous effraie dans la solitude. Le tout sur un ton plaisant, en parlant avec honnêteté et humour de son expérience. Les chapitres sont courts, mais farcis de références pour approfondir. Un lecture utile pour les gens qui parfois se sentent seul·es.
Ancien prostitué travesti et homosexuel passionné d'aquariums ainsi que de poissons exotiques, Jeshua est le …
Un album à la fois extrêmement dur et poétique. Trois hommes qui aiment se travestir et les hommes tiennent un salon de beauté. Ils vivent, baisent, aiment. Lorsqu’apparaît une nouvelle maladie incurable, le salon de beauté se transforment en mouroir pour ceux que la société rejette. La beauté des dessins, de la maladie, qui couvre les corps d’écailles multicolores, le dispute au désespoir de la mort qui avance. J’ai trouvé cet album particulièrement émouvant.
Les Argonautes, c'est d'abord une histoire d'amour. Deux êtres qui se rencontrent et tombent éperdument …
Un texte inclassable, sorte de journal où Maggie Nelson papillonne de paragraphe en paragraphe entre des réflexions sur l’identité, l’art et mil sujets, et le récit de quelques mois de la vie de son couple, mois plein de changements. Ses efforts pour tomber enceinte puis sa grossesse, la transition progressive de son compagnon. J’ai trouvé le témoignage très intéressant, motivant, exposant un exemple concret de famille queer, mais je suis passé à côté de toutes les références plus théorique. Surtout, pour l’instant je peine à comprendre pourquoi tant de gens encensent ce texte. Je le trouve important, mais pas extraordinaire. Peut-être est-ce parce que j’y suis venu via d’autres traitant de sujets similaires, et qu’il me fait donc l’effet d’une étape supplémentaire sur le chemin davantage que d’une révolution. Il faudra laisser décanter, voir si avec le temps il m’accompagne ou si je l’oublie.
Des événements surnaturels ont lieu à l'Opéra : le grand lustre s'effondre pendant une représentation …
Révision de classique. L’histoire de Gaston Leroux a été tellement reprise qu’elle fait partie d’un patrimoine commun, que l’on connaît sans connaître. La force de cette adaptation tient surtout dans ses dessins, des nuances de noirs et gris créant une atmosphère baroque qui colle parfaitement au récit. Si les passages de l’intrigue mis en avant ne m’ont pas passionné, j’ai adoré l’ambiance de certaines planches.
Un portrait de Gerda Taro, pionnière du photojournalisme et figure de la lutte antifasciste, qui …
J’avais entendu parler de Gerda Taro, photographe de la guerre d’Espagne éclipsée par son compagnon Robert Capa. Mais je n’imaginais pas quelle avait eu une vie pareille. Jeune femme juive et communiste, elle fuit l’Allemagne pour Paris, où elle rencontre de futurs grands noms de la photographie. Lorsque le coup d’état fasciste éclate en Espagne, elle se précipite à Barcelone, et n’aura de cesse de rendre compte de la guerre et de la révolution, jusqu’à en mourir. C’est un portrait de femme complètement libre, amoureuse, et engagée dans son époque, qui mérite d’être bien mieux connue. J’ai beaucoup aimé cet album !
J’avais entendu parler de Gerda Taro, photographe de la guerre d’Espagne éclipsée par son compagnon Robert Capa. Mais je n’imaginais pas quelle avait eu une vie pareille. Jeune femme juive et communiste, elle fuit l’Allemagne pour Paris, où elle rencontre de futurs grands noms de la photographie. Lorsque le coup d’état fasciste éclate en Espagne, elle se précipite à Barcelone, et n’aura de cesse de rendre compte de la guerre et de la révolution, jusqu’à en mourir. C’est un portrait de femme complètement libre, amoureuse, et engagée dans son époque, qui mérite d’être bien mieux connue. J’ai beaucoup aimé cet album !
Dans les petites communautés, il y en a toujours un par génération qui se fait …
.1870. Alors que les tensions grandissent entre la France et la Prusse, Jules se passionne pour le socialisme, au désespoir de sa riche famille. 2020, Blanche, jeune femme en situation de handicap, essaie de s’en sortir, avec sa pote Hildegarde et sa fille. Hannelore Cayre tisse des liens entre le XIXième et aujourd’hui, Ouessant et Paris, les révoltés d’hier et les galériennes d’aujourd’hui. Elle montre la reproduction du capital dans les riches familles centenaires. J’ai apprécié la découverte de l’ambiance dans une famille bourgeoise du second empire et les personnages contemporaines à la forte personnalité. Un roman d’économie et de sociologie appliquées, qui fonctionne bien.
Dix ans après la disparition de leurs parents bien-aimés, les soeurs Seasons ont réussi à …
Un univers singulier, en équilibre entre loufoquerie et horreur, avec de belles inventions. Un peu steampunk, un peu fantastique. Des parents détectives disparus depuis longtemps, quatre sœurs aux caractères très différents, et un poisson rouge. Je n’ai pas vraiment réussi à y entrer, le dessin ne m’a qu’à moitié séduit et j’ai trouvé le rythme un peu lent. Mais je lirai la suite avec plaisir.
« Si le mois dernier Mme Q. n'avait été témoin d'une scène ordinaire à coup …
J'ai adoré passer un moment avec Coline et Pebble. Colline est une ado à la tête pleine de poésie et de respect pour le vivant qui l'entoure, qui s’exprime dans une langue libre, forgeant ses mots et sa syntaxe. Elle se sent discrètement différente, en quête de semblables. Elle peut heureusement compter sur l'indéfectible affection de Pebble, et sur les mots de la poète Jamila Woods. Avec des ados comme elle, tout n’est peut être pas perdu !
J'ai adoré passer un moment avec Coline et Pebble. Colline est une ado à la tête pleine de poésie et de respect pour le vivant qui l'entoure, qui s’exprime dans une langue libre, forgeant ses mots et sa syntaxe. Elle se sent discrètement différente, en quête de semblables. Elle peut heureusement compter sur l'indéfectible affection de Pebble, et sur les mots de la poète Jamila Woods. Avec des ados comme elle, tout n’est peut être pas perdu !
La parentalité est le bastion le mieux gardé de l’hétérosexualité. Pour concevoir et élever un …
Ça n’est pas ce que j’attendais (j’aurais peut-être du lire le résumé au lieu de m’arrêter au titre), mais c’est un livre important. Je cherchais une critique radicale du modèle occidental de famille nucléaire, premier lieu d’oppression, quand ce livre traite des familles queers, qui font bouger les rapports de genre au sein de la famille, tout en restant, la plupart du temps, dans le cadre d’un couple avec enfants. C’est un livre important car il dirige le projecteur vers une réalité encore peu visible : les familles queer, c’est à dire dont les adultes ne sont pas un couple hétérocis. Ces familles sont confrontées à de nombreux défis pour exister, et expérimentent moult façons de faire famille autrement. Elles imaginent, essaient, et nous donnent des pistes pour queerer la famille, la libérer du carcan imposé par les normes sociales, pour aller vers un monde un peu plus libre. C’est …
Ça n’est pas ce que j’attendais (j’aurais peut-être du lire le résumé au lieu de m’arrêter au titre), mais c’est un livre important. Je cherchais une critique radicale du modèle occidental de famille nucléaire, premier lieu d’oppression, quand ce livre traite des familles queers, qui font bouger les rapports de genre au sein de la famille, tout en restant, la plupart du temps, dans le cadre d’un couple avec enfants.
C’est un livre important car il dirige le projecteur vers une réalité encore peu visible : les familles queer, c’est à dire dont les adultes ne sont pas un couple hétérocis. Ces familles sont confrontées à de nombreux défis pour exister, et expérimentent moult façons de faire famille autrement. Elles imaginent, essaient, et nous donnent des pistes pour queerer la famille, la libérer du carcan imposé par les normes sociales, pour aller vers un monde un peu plus libre. C’est enthousiasmant !
Géorgie, 1926. Sous le soleil écrasant du Sud, au cœur de la Bible Belt, les …
Si l’intrigue m‘a semblé un peu légère, j’ai bien aimé l’ambiance et surtout le sujet, à l’intersection entre racisme et classisme. On est dans le Sud des États-Unis, dans les années 1920. Les prolos blancs, méprisés par les blanc libéraux qui les qualifient de « white trash », s’en prennent au descendants d’esclaves. L’album se conclut sur un dossier sur ces petits blancs du Sud, qui n’ont jamais digéré la défaite de la Confédération, s’accrochent au souvenir d’une prospérité passée et soutiennent aujourd’hui massivement Trump. L’opposition entre bourgeois blancs libéraux et prolos racistes est probablement un peu caricaturale, mais elle offre un point de vue peu présent dans mes lecture, et j’ai apprécié cet album pour ça.
Si l’intrigue m‘a semblé un peu légère, j’ai bien aimé l’ambiance et surtout le sujet, à l’intersection entre racisme et classisme. On est dans le Sud des États-Unis, dans les années 1920. Les prolos blancs, méprisés par les blanc libéraux qui les qualifient de « white trash », s’en prennent au descendants d’esclaves. L’album se conclut sur un dossier sur ces petits blancs du Sud, qui n’ont jamais digéré la défaite de la Confédération, s’accrochent au souvenir d’une prospérité passée et soutiennent aujourd’hui massivement Trump. L’opposition entre bourgeois blancs libéraux et prolos racistes est probablement un peu caricaturale, mais elle offre un point de vue peu présent dans mes lecture, et j’ai apprécié cet album pour ça.
Ancolie est une sorcière de 27 ans. Le temps passe 13 fois plus lentement pour …
J’ai bien aimé les personnages : Ancolie, une jeune sorcière délurée, névrosée et finalement guère sympathique, et Michel, le crapaud qui lui tient compagnie. La personnalité de l’héroïne et l’univers font sourire pendant la première moitié de l’album. L’intrigue qui se met ensuite en place ne m’a pas passionné, et le dénouement est un peu trop perché à mon goût. J’ai eu l’impression que le livre hésitait entre une comédie déjantée et une histoire plus classique mais un peu bâclée. Comme si Salomé Lahoche, s’apercevant qu’elle n’avait pas donné une image très sympathique d’Ancolie, essayait de se racheter en lui confiant une quête. J’en sors un peu déçu.
J’ai bien aimé les personnages : Ancolie, une jeune sorcière délurée, névrosée et finalement guère sympathique, et Michel, le crapaud qui lui tient compagnie. La personnalité de l’héroïne et l’univers font sourire pendant la première moitié de l’album. L’intrigue qui se met ensuite en place ne m’a pas passionné, et le dénouement est un peu trop perché à mon goût. J’ai eu l’impression que le livre hésitait entre une comédie déjantée et une histoire plus classique mais un peu bâclée. Comme si Salomé Lahoche, s’apercevant qu’elle n’avait pas donné une image très sympathique d’Ancolie, essayait de se racheter en lui confiant une quête. J’en sors un peu déçu.
Logn est biochimiste, spécialisée dans les cellules, les plus petits éléments du corps humain. Elle …
J’ai ouvert ce livre avec curiosité et réticence : Auður Ava Ólafsdóttir est une femme cis, et je me demandais quelle légitimité elle avait à raconter à la première personne la vie d’une femme trans. Elle s’en explique indirectement en mettant en scène une écrivaine qui interroge son personnage. D’un point de vue littéraire, j’ai retrouvé avec plaisir son style qui dépeint des quotidiens somme toute banals à coups de petites touches, d’anecdotes et de digressions. Elle arrive à nous faire partager un peu de la vie de Logn, sa longue quête pour réussir à devenir aux yeux de la société ce qu’elle est depuis la naissance, et son attente de l’opération qui lui permettra enfin d’avoir le corps qu’elle souhaite. Un livre tendre, attachant.
J’ai ouvert ce livre avec curiosité et réticence : Auður Ava Ólafsdóttir est une femme cis, et je me demandais quelle légitimité elle avait à raconter à la première personne la vie d’une femme trans. Elle s’en explique indirectement en mettant en scène une écrivaine qui interroge son personnage.
D’un point de vue littéraire, j’ai retrouvé avec plaisir son style qui dépeint des quotidiens somme toute banals à coups de petites touches, d’anecdotes et de digressions. Elle arrive à nous faire partager un peu de la vie de Logn, sa longue quête pour réussir à devenir aux yeux de la société ce qu’elle est depuis la naissance, et son attente de l’opération qui lui permettra enfin d’avoir le corps qu’elle souhaite. Un livre tendre, attachant.