Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
Gabriel erre dans les décombres d'un monde contemporain ravagé par une épidémie de morts-vivants. Gabriel …
L’essentiel de l’humanité ayant été transformée en zombies, un vampire se retrouve à devoir protéger un petit groupe d’humain·es afin d’avoir à manger. Peu à peu, les relations entre le prédateur et ses proies évoluent. L’un des arcs narratifs ne m’a pas trop plu, avec une péripétie mettant notamment en scène de l’inceste, mais dans l’ensemble j’ai bien aimé cet album, qui mélange humour et émotion, tout en mettant en lumière l’interdépendance dans une relation de domination.
Blanche a trente ans, un enfant, un amoureux sans intérêt et une capacité inouïe à …
J’ai passé l’essentiel de la lecture à me demander où Nadia Daam voulait m’emmener. Ça commence comme un roman à clés qui envoie quelques critiques à certaines influenceuses féministes parisiennes, ça se poursuit en portrait de femme un peu à la dérive et attachante, pour finir dans un rebondissement intéressant mais que j’aurais apprécié plus développé. Ça reste une lecture agréable, mais qui m’a un peu perdu, en basculant entre plusieurs registres. Trois histoires en une, que j’aurais aimé lire indépendamment et davantage développées.
Une fresque contemporaine et rythmée où l'amour ne prend pas toujours la forme qu'on attend …
Un album que j’aurais pu trouver intéressant si le ressort de l’intrigue n’était pas, comme je l’aurais su si j’en avais lu le titre, une n-ième histoire d’amour hétérosexuelle. Ce détail mis à part, j’ai bien aimé la galerie de personnages et le décor, mettant en scène différents protagonistes originaires du Vietnam et de Corée et vivant aux USA. Une romance sympathique.
L’histoire du procès de Bobigny est bien connue, mais la revivre de l’intérieur est émouvant. On redécouvre le courage de Marie-Claire Chevalier et de sa mère, la pugnacité de Gisèle Halimi, la solidarité des femmes autour d’elles.
Cet album est important. Alors que cette histoire est peu à peu oubliée, alors que dans le monde entier cette fragile liberté est attaquée de partout, il faut continuer à raconter, à dire comment était la vie des femmes avant l’autorisation de l’IVG, à rappeler les combats que des femmes ont mené pour gagner cette liberté fondamentale. Rappeler qu’en luttant, on peut gagner.
Dans un futur lointain, les insectes pollinisateurs ont disparu à la suite de grands bouleversements …
Les première pages m’ont enthousiasmé. La puissance du dessin de Mathieu Bablet donne vie à un univers très éloigné des récits post-apocalyptiques habituels, inclassable. Malheureusement, j’ai refermé l’album frustré. À son habitude, Bablet esquisse plein de pistes, donne envie d’en savoir davantage, mais ne livre aucune clé, et le final m’a laissé sur ma faim. Qu’est-ce que ces livres qui n’expliquent rien, obligent leurs lecteurices à faire preuve d’imagination ? Mais je ne regrette pas un instant cette lecture. C’était un voyage particulièrement dépaysant, plein de paysages et de personnages surprenant·es, attachant·es, simplement humain·es.
« Cours ma sœur, le vieux monde mâle explose derrière toi… »
Le slogan …
« Notre espèce n’a d’avenir qu’au prix du triomphe de notre liberté et la destructions des centrales nucléaire ». Françoise d’Eaubonne ne se contenta pas de l’écrire, elle mit la parole en acte et à plusieurs reprises s‘attaqua physiquement au complexe militaro-industriel, dynamitant ses centrales nucléaires et ses ordinateurs. Je connaissais le nom de Françoise d’Eaubonne, autrice féministe et pionnière de l’écoféminisme, cette théorie qui lie les dominations des humains sur le reste du vivant et des homme sur les femmes. Je découvre la militante et la femme, entière dans ses amitiés, ses amours et ses engagements, quitte à en payer le prix. Quelle vie, quelle femme ! Loin d’une biographie officielle, Davduf dresse de celle qui fut aussi sa grand mère un portrait intime et foutraque, probablement à son image. À l’heure où on nous vend le nucléaire comme une solution à la crise climatique, à l’heure où émerge …
« Notre espèce n’a d’avenir qu’au prix du triomphe de notre liberté et la destructions des centrales nucléaire ». Françoise d’Eaubonne ne se contenta pas de l’écrire, elle mit la parole en acte et à plusieurs reprises s‘attaqua physiquement au complexe militaro-industriel, dynamitant ses centrales nucléaires et ses ordinateurs. Je connaissais le nom de Françoise d’Eaubonne, autrice féministe et pionnière de l’écoféminisme, cette théorie qui lie les dominations des humains sur le reste du vivant et des homme sur les femmes. Je découvre la militante et la femme, entière dans ses amitiés, ses amours et ses engagements, quitte à en payer le prix. Quelle vie, quelle femme ! Loin d’une biographie officielle, Davduf dresse de celle qui fut aussi sa grand mère un portrait intime et foutraque, probablement à son image. À l’heure où on nous vend le nucléaire comme une solution à la crise climatique, à l’heure où émerge une nouvelle technologie faisant planer un danger mortel sur le vivant, j’ai particulièrement apprécié ce rappel des luttes d’hier et de tous les noms que l’histoire écrite par les vainqueurs essaie d’effacer, ces perdantes magnifiques qui ont osé lutter, les Ulrike Meinhof, Hellyette Bess, et tant d’autres femmes… Nous avons besoin de davantage de Françoises d’Eaubonne.
Malgré des avancées majeures, les violences faites aux femmes persistent. Les Combattantes permet d'aborder la …
400 pages dont un gros cahier de notes, c’est un pavé que cet album, qui fait un tour assez complet des différents aspects des VSS. L’histoire du long combat pour les faire reconnaître, leur prise en charge dans la société d’un point de vue sanitaire, social, juridique. Dans chaque chapitre les autrices donnent la parole à de nombreuses et nombreux experts. C’est un travail de vulgarisation à la fois complet, accessible et très étayé. Idéal pour s‘informer sur le sujet.
Deux vieilles copines chipies de 70 ans luttent ensemble jusqu’à la mort (qui approche) contre …
Quelques répliques qui m’ont fait sourire, mais à part ça je suis passé à côté de cette BD. Depuis au moins la Poupette de la Boum, on sait que les mamies punks existent. Pas vraiment de surprise donc à découvrir ces deux personnages trash, et le scénario est très classique.
Normandie, début du XXe siècle. Dans un village isolé, les hommes ont l’habitude de se …
À la fin du XIXième siècle, Rosa tient un petit café dans un village reculé pendant que son mari, de vingt ans son aîné, se meurt. Des clients se lancent dans un concours de zigounette et, pour faire soigner son époux, elle va entrer dans leur jeu. J’ai bien apprécié cette histoire d’émancipation. Elle est peut-être un peu naïve, la plupart des hommes ne sont pas vraiment des salauds, mais les deux albums offrent une jolie série de portraits de femmes qui prennent leur vie en main et d’hommes humains.
Chabouté revient, avec son regard particulier et son exceptionnelle maîtrise du noir et blanc…
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Merveilleux Chabouté ! En 300 pages sans paroles, il nous fait partager l’histoire d’un banc, et on s’attache, et on attend le retour du petit chien qui va lever la patte, et à la fin on verse une larme. Comme dans Plus loin qu’ailleurs, il nous invite à regarder différemment notre quotidien. En dessinant inlassablement et avec tendresse un banc de bois et d’acier, il nous fait ressentir mille émotions… Encore un album qui fait du bien !
White Forest, Mississippi. Cachée au milieu de la forêt, la carrière fascine autant qu'elle inquiète. …
Encore un livre que j’ai lu d’une traite. Si les personnages et l’intrigue ne m’ont que moyennement intéressé, j’ai trouvé l’écriture et la construction prenantes. J’ai particulièrement apprécié l’ambiance des derniers chapitres, et les questions morales que posent le dénouement. Le mélange fonctionne bien entre une intrigue teintée d’un peu de surnaturel, la chronique de la vie de petites gens du Mississipi entre les années 40 et 80, et des réflexions sur la filiation.
Le destin audacieux d'une jeune femme rebelle au cœur du Far West. Une réinterprétation jubilatoire, …
Ni la couverture ni le contexte (le far-west) ne me faisaient envie mais j’ai bien fait de passer outre, car j’ai dévoré ce récit. La légende de l’ouest vue à travers les yeux d’une jeune femme qui, pour survivre, rejoint un bordel. C’est un récit d’émancipation et de sororité, un très beau portrait d’une femme, Bridget, qui aspire à la liberté dans un contexte où les femmes en avaient très peu, un personnage plein de cœur très attachante. L’intrigue est efficace, j’ai apprécié le style, la langue teintée d’argot, et l’ambiance pleine d’ambiguïtés du Buffalo Queen.
Elisabeth préfère qu’on l’appelle Daisy. Au prétexte de …
Un récit un peu étrange qui m’a laissé une légère sensation de malaise. Pour les relations entre les personnages : une histoire d’amour entre cousin·es adolescent·es, on est dans le registre de l’inceste. Pour le contexte : dans un très proche futur, une guerre (civile ?) à laquelle on ne comprend pas grand chose. Plausible et dérangeant. J’ai apprécié cette lecture, mais davantage pour le malaise provoqué par l’ambiance que pour les personnages ou l’intrigue auxquelles je n’ai pas trop accrochées.
Désarroi à Larroque et Castelnau, deux villages reliés par un pont qui enjambe la Garonne …
Aude Mermilliod, ici uniquement au scénario, ne me déçoit jamais. J’ai longtemps hésité à ouvrir cet album, craignant qu’il ne parle de sport. Sot que j’étais. Oui, le rugby est un élément important de la culture des villages de Larroque et Castelnau, mais il sert juste de toile de fond à cette histoire, portrait croisé de jeunes femmes dans la france rurale juste avant 68. Un pays en pleines mutations, à la fois très clivé entre droite et gauche, mais qui bon an mal an arrive à vivre ensemble. Monique et Yveline sont deux jeunes femmes de leur temps, déterminées à s’émanciper. Des personnages très attachantes, un récit à la fois nostalgique et contemporain (les mutations que nous vivons sont-elles finalement plus importantes que celles vécues par nos parents et grands parents), un style à la beauté classique qui colle parfaitement à l’époque. J’ai passé un très bon moment.
Molly est bien décidée à tracer sa route en dépit des carcans d'un Sud très …
J’ai une nouvelle héroïne ! J’ai découvert la semaine dernière l’existence de Rita Mae Brown et que, par un heureux hasard, Rubyfruit Jungle, son livre largement auto-biographique sortie en 73, venait d’être ré-édité en français. Je l’ai dévoré et suis béat d’admiration devant Molly, une jeune femme qui dans l’Amérique des années 60 assume son attirance pour les femmes, et vie sa vie avec une totale liberté, balayant conventions et hypocrisies. Elle a une liberté et une force de caractère éblouissantes. C’est un texte plein d’énergie qui m’a fait du bien au moral.