Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
Boy meets boy. Boys become friends. Boys fall in love.
Charlie and Nick are …
Je suis un peu déçu. J’entends parler depuis longtemps de cette série mettant en scène une relation amoureuse heureuse entre deux adolescents, et attendais sans doute trop de ce premier tome. J’ai trouvé le style graphique un peu trop simple, l’intrigue un peu trop naïve. C’est la caractéristique de cette série et je suis ravi qu’elle existe, mais je n’ai pas réussi à retrouver des yeux d’enfants pour la lire, et l’adulte désabusé n’a pas trop accroché. Je ne sais pas si je lirai la suite.
Condamné à 20 ans de réclusion criminelle, Milan n'accepte pas pour autant que sa vie …
Un rappel bienvenu du double scandale que sont l’existence des prisons, et la façon dont nous y traitons nos semblables. C’est l’histoire, vraie, d’un jeune révolté qui à vingt ans prend vingt ans de prison pour des braquages. Il emporte sa révolte derrière les barreaux et refuse d’abdiquer. Pendant des années, malgré les innombrables violences, physiques et psychologiques, il va se battre contre l’institution. Un témoignage qui force le respect et donne la rage. La valeur d’une société se mesure au traitement qu’elle fait subir à celleux qu’elle rejette à ses marges, les prisons françaises illustrent parfaitement l’abjection de notre monde. Une lecture indispensable.
Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d’élever seul sa trop …
C’est pour une fois à travers les yeux d’un viel homme qu’est abordée la démence sénile. Alors que Florent est interné dans une maison de repos, on voyage avec lui dans ses souvenirs, plusieurs versions de sa vie, sans vraiment savoir ce qui est vrai et ce qui est ré-inventé. On découvre par petites touches sa relation complexe avec sa fille, qui aujourd’hui est revenue à ses côtés après des années de brouille, mais qu’il ne reconnaît pas. J’ai beaucoup aimé le dessin et la tendresse de cet album, de cette histoire touchante.
Ils sont six : Épaulard, l'expert vieillissant ; D'Arcy, l'alcoolique violent ; Buenaventura Diaz, le …
BD d’après un roman de Manchette, donc à la fois social et noir, très noir. L’épopée tragique d’une bande de pieds nickelés, dans les années de plomb de l’après 68 en france. Ce genre de récit n’est plus vraiment ma came, mais j’ai trouvé cet album prenant, les gentils très humains, les méchants très méchants et le tout délicieusement désespéré.
Le "remembrement". Cette politique décisive pour le déploiement de l'agriculture intensive a été peu documentée. …
Après les algues vertes, Inès Léraud et Pierre Van Hove reviennent avec une enquête sur le remembrement, et c’est toujours aussi passionnant. J’ai grandi dans une zone périurbaine, pas à la campagne, et ne connaissait du remembrement que les grandes lignes apprises à l’école. Je n’avais pas conscience de toutes les luttes, tous les drames derrière ce mot. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que la droite, si farouche défenseure de la propriété privée, s’est comportée comme un état socialiste lorsqu’il s’est agit d’exproprier littéralement des millions de gens afin de mettre en place ses politiques mortifères, productivisme agricole et industrialisation forcenée. Ça bouleverse l’imaginaire. L’ouvrage est très documenté, mélangeant témoignages de terrain de toute la france et analyse. Il donne envie de creuser, d’en apprendre davantage. Encore une lecture très utile que je recommande.
« Clara s’imagina en femme qui n’a pas peur de faire mal, et ressentit une …
Dans la plupart des luttes contemporaines pour l’émancipation se pose à un moment la question de la violence, de l’utilisation de la lutte armée. Jusqu’à présent, ça n’a pas été le cas des luttes contre le sexisme, ce qui me semble pour le moins étonnant. Hélène Coutard pose ici quelques jalons pour explorer la tentation de l‘utilisation de la violence contre l’hétéropatriarcat. La trame est classique : une jeune fille de province arrive à Paris pour ses études et, au fil des rencontres, se politise, notamment au contact d’une figure d‘idéologue charismatique. J’ai trouvé le scénario bien ficelé, moins prévisible que je ne le craignais. Le roman est choral, met en scène plusieurs femmes, assez stéréotypées sans être caricaturales, toutes attachantes. On saute de l’une à l’autre et j’aurai volontiers apprécié passer davantage de temps avec chacune d’elle. Mais sur pareil sujet, la qualité littéraire ne suffit pas, la question …
Dans la plupart des luttes contemporaines pour l’émancipation se pose à un moment la question de la violence, de l’utilisation de la lutte armée. Jusqu’à présent, ça n’a pas été le cas des luttes contre le sexisme, ce qui me semble pour le moins étonnant. Hélène Coutard pose ici quelques jalons pour explorer la tentation de l‘utilisation de la violence contre l’hétéropatriarcat. La trame est classique : une jeune fille de province arrive à Paris pour ses études et, au fil des rencontres, se politise, notamment au contact d’une figure d‘idéologue charismatique.
J’ai trouvé le scénario bien ficelé, moins prévisible que je ne le craignais. Le roman est choral, met en scène plusieurs femmes, assez stéréotypées sans être caricaturales, toutes attachantes. On saute de l’une à l’autre et j’aurai volontiers apprécié passer davantage de temps avec chacune d’elle.
Mais sur pareil sujet, la qualité littéraire ne suffit pas, la question qui m’importait était de savoir comment se positionnait l’autrice. Sans être neutre, elle ne condamne ni n’héroïse la démarche de ces femmes et nous laisse de la place pour nous faire notre opinion. Ce qui me laisse un sentiment ambiguë. Mélange de regret de la tiédeur (j’ai soif de radicalité) et de gratitude d’avoir trouvé un ton capable de parler à beaucoup et de faire progresser la réflexion. Je recommande donc cette lecture.
Lisa Mandel s'est donné 365 jours pour dire bye bye à Toutes ses addictions. Pleine …
Un journal dessiné. Lisa Mandel s’est donné pour défi de publier une planche par jour pendant un an. J’aurais probablement apprécié découvrir les planches au jour le jour, mais compilées, j’ai malheureusement trouvé ça beaucoup trop long. Le ton est agréable, le double de fiction de l’autrice attachante, donc je n’ai pas laissé tomber la lecture, mais est eu du mal à arriver au bout. Disons que c’est un livre à savourer sur un temps long, alors que, l’ayant emprunté à la médiathèque, je me suis forcé à le lire rapidement, et l’expérience a été moins agréable qu’elle n’aurait pu.
Virgile mène une vie compliquée depuis un accident qui l'a rendu tétraplégique. Fatigué d'être dépendant …
Suite à une mauvaise chute, un vieil homme se retrouve cloué dans un lit. Les années passent, il est entouré de ses filles, petites filles et de ses potes de jeunesse. J’ai adoré cette histoire, très émouvante, bourrée d’amour et de personnages très attachant·es.
Et si nous étions des personnes plutôt que des femmes ou des hommes ? Notre …
Je suis sorti de cette lecture un peu déçu et enthousiaste. Déçu, parce que ça n’est pas un manuel de conseils pour aider à s’émanciper individuellement de l’hétérosexualité, mais un livre qui démonte le « cistème hétérosexuel ». Déçu également parce que la sortie évoquée est davantage un appel que des pistes concrètes. Mais enthousiaste parce que j’ai trouvé ce court essai percutant et très accessible. Il remonte aux racines de la domination, dans la construction des genres et dans les relations entre ces genres construits, notamment au sein du couple hétérosexuel. Il montre que ce modèle n’a rien d’universel, mais est le fruit d’un rapport de pouvoir, qu’il a été imposé et peut donc être défait. Et il appelle à le dépasser. C’est à dire pas seulement à une lutte pour ré-équilibrer des rapports de pouvoir, mais une révolution des relations entre humain·es. Le texte s‘achève par une courte …
Je suis sorti de cette lecture un peu déçu et enthousiaste. Déçu, parce que ça n’est pas un manuel de conseils pour aider à s’émanciper individuellement de l’hétérosexualité, mais un livre qui démonte le « cistème hétérosexuel ». Déçu également parce que la sortie évoquée est davantage un appel que des pistes concrètes. Mais enthousiaste parce que j’ai trouvé ce court essai percutant et très accessible. Il remonte aux racines de la domination, dans la construction des genres et dans les relations entre ces genres construits, notamment au sein du couple hétérosexuel. Il montre que ce modèle n’a rien d’universel, mais est le fruit d’un rapport de pouvoir, qu’il a été imposé et peut donc être défait. Et il appelle à le dépasser. C’est à dire pas seulement à une lutte pour ré-équilibrer des rapports de pouvoir, mais une révolution des relations entre humain·es. Le texte s‘achève par une courte nouvelle qui en quelques paragraphes imagine un futur émancipé de l’hétérosexualité. Le genre de récit dont nous avons besoin de nourrir nos imaginaires. C’est une lecture que je recommande chaudement !
Un jour de mai 1980, Ilaria, huit ans, monte dans la voiture de son père …
Un court récit d’enfance, où je n’ai malheureusement pas vu de conquête de désobéissance. D’où un peu de déception par rapport à mes attentes. Début des années 80. Ne supportant pas le départ de sa compagne, un homme enlève l’une de leurs deux filles et traverse l’Italie pour aller s’installer chez sa mère. Une année durant, Ilaria va vivre l’aventure sur la route puis parmi les proches de sa grand-mère. Il faut oublier le sous-titre, ne pas chercher un apprentissage de la désobéissance. On peut alors se laisser prendre à l’écriture sensible, au récit à hauteur d’enfant, à la description de la relation complexe entre la fille et le père, au description d’un été en Sicile. Un roman touchant.
Un court récit d’enfance, où je n’ai malheureusement pas vu de conquête de désobéissance. D’où un peu de déception par rapport à mes attentes.
Début des années 80. Ne supportant pas le départ de sa compagne, un homme enlève l’une de leurs deux filles et traverse l’Italie pour aller s’installer chez sa mère. Une année durant, Ilaria va vivre l’aventure sur la route puis parmi les proches de sa grand-mère.
Il faut oublier le sous-titre, ne pas chercher un apprentissage de la désobéissance. On peut alors se laisser prendre à l’écriture sensible, au récit à hauteur d’enfant, à la description de la relation complexe entre la fille et le père, au description d’un été en Sicile. Un roman touchant.
Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d'un prénom commun – le plus donné en …
Un roman qui a un goût de documentaire, avec un ton froid, factuel. Le récit de la vie d’une femme née en 1982 en Corée du Sud. J’ai trouvé cette lecture intéressante, pour son éclairage sur les évolutions de la condition des femmes en Corée au cours des dernières décennies, mais l’absence d’intrigue et le style ne m’ont pas vraiment permis d’entrer dedans.
Samuel broie du noir. Et il y a de quoi ! Il est célibataire, vit …
Dessin, ton, histoire, j’ai adoré cet album enjoyant ! Il faut dire que je suis dans le cœur de cible, puisque le personnage est un vieux garçon solitaire qui a abandonné ses rêves d’enfants, mais va peut-être se voir offrir une seconde chance.
Dessin, ton, histoire, j’ai adoré cet album enjoyant ! Il faut dire que je suis dans le cœur de cible, puisque le personnage est un vieux garçon solitaire qui a abandonné ses rêves d’enfants, mais va peut-être se voir offrir une seconde chance.
Le Prince Gourignot de Faouët est bien malheureux, et pour cause, le voilà transformé en …
Parodie de récit moyenâgeux, avec des grenouilles et probablement pas mal de références que j’ai loupées (la femme nue en bottes par exemple est probablement un hommage à Crumb ?). Je suis bon public de l’humour absurde et ai passé un agréable moment.
Parodie de récit moyenâgeux, avec des grenouilles et probablement pas mal de références que j’ai loupées (la femme nue en bottes par exemple est probablement un hommage à Crumb ?). Je suis bon public de l’humour absurde et ai passé un agréable moment.
En Iran, selon la loi islamique, le père de famille est propriétaire du sang de …
Le temps d’une séance de dessin d’après modèle, une jeune artiste née en Iran et réfugiée à Paris se remémore sa jeunesse, la vie d’une fille, sous la dictature des mollah, et la peur qui, des années après, la poursuit toujours. Un récit poignant, aux dessins doux qui savent se faire durs pour évoquer les cauchemars qui la poursuivent. J’ai beaucoup aimé.