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Hélène Giannecchini: Un désir démesuré d'amitié (French language, 2024, Seuil) Aucune note

Comment parler d’amitié, raconter cette autre famille que l’on dit choisie et qui permet d’inventer …

Ce livre est probablement l’un des plus importants que j’ai lus ces dernières années. En une succession de courts chapitres où elle se raconte, Hélène Giannecchini affirme qu’un autre monde est possible, qu’elle le vit, qu’il est possible d’échapper à la famille biologique pour se fabriquer une famille choisie, de dynamiter les catégories dans lesquelles on nous enferme, amour, amitié, couple, d’inventer des relations pour lesquelles il n’existe même pas encore de mots mais où l’on s’affranchit des deux ou trois modèles uniques auxquels la société essaie de nous faire croire qu’il n’existe pas d’alternative. Je savais bien sûr que cela existait, mais Hélène Giannecchini met ici ces alternatives en mots, parle de sa vie, et cela fait beaucoup de bien. Elle aborde également un autre sujet qui m’est cher, celui de la mémoire des vies minoritaires. L’histoire n’est que le récit des gens qui ont gagné et effacent les vies des perdant·es. Je sais depuis longtemps l’importance de faire vivre la mémoire des éternel·les vaincu·es, ma famille de cœur. Mais les expériences libertaires ne sont pas les seules à toujours être effacées. Les vies queers le sont également, et cet effacement rend très difficile de se sentir appartenir à une histoire, une communauté. Dans plusieurs chapitres, Hélène Giannecchini explore donc la mémoire, se cherche une famille en faisant revivre des queers d’avant, en interrogeant le rapport difficile des nouvelles générations aux années SIDA. C’est l’un de ces livres qu’aussitôt rendu à la bibliothèque j’ai été acheter pour le faire tourner autour de moi.