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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 6 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Livres de Clochix

Benjamin Adam, Claire Alet: Capital et Idéologie en bande dessinée (GraphicNovel, French language, 2022, Seuil) Aucune note

D’où viennent les inégalités et pourquoi perdurent-elles ? Pour répondre à ces questions, le livre …

Résumer en une BD de 150 page une somme de plus de 1000 est une mission impossible, j’étais curieux de voir comment Claire Alet avait relevé le défi. Je n’ai pas vraiment été convaincu par le choix scénaristique, évoquer 250 ans d’évolution du capitalisme à travers une famille française, mais j’ai trouvé cet album pédagogique et plaisant. Comme je pars de zéro en sciences économiques, j’ai appris plein de choses. Par contre, les quelques propositions de Piketty qui concluent l’ouvrage sont désespérément réformistes et très loin de ma formation à base de réquisition des moyens de production. J’aime bien les formats comme celui-ci, inspiré de la revue dessinée, qui arrivent à expliquer quelques concepts tout en restant accessibles.

Nastassja Martin: À l'est des rêves (French language, 2022, La Découverte) Aucune note

Après avoir travaillé en Alaska avec le peuple Gwich'in, Nastassja Martin a franchi le détroit …

Je découvre sur la notice de la médiathèque que ce livre est pour un « public motivé ». Effectivement, je n’ai aucune notion d’anthropologie, et il m’a fallu de la motivation, car le texte alterne descriptions de terrain et réflexions théoriques faisant appel à nombre de notions qui me sont inconnues. Mais malgré la difficulté, j’ai trouvé cette lecture passionnante. Je m’attendais à un manuel de retour à la nature, à une existence de chasse et de cueillette, mais ça n’est pas vraiment ça. À travers la vie de quelques individus, et leur expérience singulière, Nastassja Martin évoque également nos relations avec les autres espèces, via l’animisme. Et la difficile adaptation à un monde en train de s’effondrer, alors que nous avons perdu une bonne partie de notre mémoire. Ce fut une lecture ardue mais vraiment stimulante, qui fait évoluer mon regard.

a terminé la lecture de Effondrement système par Martha Wells (Journal d'un AssaSynth, #7)

Martha Wells: Effondrement système (Paperback, French language, 2025, L'Atalante) Aucune note

Je m’énerve quand les humains ne valorisent pas mon travail, mais un excès de reconnaissance …

Attention, ce septième tome des aventures d’AssaSynth se situe dans la continuité du cinquième. L’inconvénient est qu’il en reprend beaucoup d’éléments que j’avais oubliés, mais ça n’empêche pas vraiment de comprendre l’intrigue, assez mince. Je trouve que c’est un tome un peu superflu, on commence à tourner en rond. L’élément intéressant de ce nouvel opus est que suite à ses aventures précédentes sur la planète, l’AssaSynth souffre de stress post-traumatique. À part ça, une peu de baston vite expédiée, des piques échangées avec EVE… Une lecture que j’oublierais sans doute rapidement mais qui était bienvenue pour me changer un peu les idées.

Chimamanda Ngozi Adichie, Blandine Longre (traduction): L'inventaire des rêves (French language, 2025, Éditions Gallimard) Aucune note

L'inventaire des rêves, c'est avant tout la naissance de quatre grandes héroïnes, quatre femmes puissantes …

Je sors de ce roman un peu déçu, au regard de mes précédentes lectures de Chimamanda Ngozi Adichie et des critiques enthousiastes que ce bouquin a reçues, je m’attendais à autre chose. Elle dresse ici successivement l’inventaire des rêves de quatre femmes, mais je n’ai pas réussi à m’intéresser aux deux premières. Chia est une riche héritière nigériane vivant aux États-Unis, passant sa vie à voyager en rêvant du grand amour et de devenir écrivaine. Le récit de ses amours m’a vite lassé et j’ai failli laisser tomber le livre. Son amie Zikora est une brillante avocate, en proie aux injonctions sociales à se marier et devenir mère, mais son histoire est balayée assez rapidement. Heureusement, les deux derniers portraits m’ont semblé beaucoup plus intéressants. Avec le personnage de Kadiatou, Adichie veut rendre justice à Nafissatou Diallo, en inventant sa vie avant et après son viol dans une chambre d’hôtel, …

Emmanuel Guibert, Alan Ingram Cope: La Guerre d'Alan : l’intégrale (GraphicNovel, French language, 2009, L'Association) Aucune note

Quand j'ai eu dix-huit ans, Uncle Sam m'a dit qu'il aimerait bien mettre un uniforme …

Un album découvert grâce aux Ignorants de Davodeau et que j’ai trouvé intéressant d’un point de vue sociologique et artistique. La seconde guerre mondiale et l’après-guerre vues par les yeux d’un troufion étasunien ordinaire, qui n’a pratiquement pas tiré un coup de feu de tout le conflit. Les longs mois d’instruction, les pérégrinations entre les Étas-Unis et l’Europe, les rencontres. Il ne se passe pas grand chose, une vie ordinaire. Je me suis parfois ennuyé, parfois été touché, et finalement, je crois que j’ai apprécié ce récit de la « grande histoire » à travers les yeux d’un gens qui l’a vécue.

Philippe Bihouix, Vincent Perriot: Ressources : Un défi pour l'humanité (GraphicNovel, French language, 2024, Casterman)

Quel avenir pour notre planète ? À en croire les milliardaires de la Silicon Valley, …

Un album que je n’ai malheureusement pas trouvé très convainquant. Je suis persuadé depuis longtemps de la nécessité d’une décroissance et espérais trouver ici des arguments allant en ce sens. Mais je suis sorti de ma lecture avec davantage de doutes. Ce qui finalement n’est pas plus mal ;-) Le livre présente différentes écoles de pensée, une histoire de l’utilisation des ressources, et est de ce point de vue intéressant. Mais le sujet est tellement vaste qu’il est difficile d’en faire le tour en si peu de pages, et j’ai trouvé que les divers points de vue manquaient d’argumentation. Un peu frustrant par rapport à ce que j’en attendais, mais ça apporte malgré tout beaucoup d’informations et des pistes à creuser. Côté dessins, Vincent Perriot se fait plaisir, avec notamment des hommages à Mœbius, et c’est agréable. Je ne sorti de cette lecture un peu frustré, mais en la laissant …

Pascal Rabaté: Sous les galets la plage (GraphicNovel, French language, 2021, Rue de Sèvres) Aucune note

"Loctudy, septembre 1963, la station balnéaire se vide de ses derniers résidents estivaux. Seuls Albert, …

Difficile de parler de cette BD sans divulgâcher l’intrigue. Disons que c’est une jolie histoire d’amour et d’émancipation dans la france des années 60, sous le patronage de Marius Jacob ;-) Le dessin un peu désuet rend parfaitement compte de l’ambiance de l’époque et accompagne avec délicatesse les premiers émois. J’ai bien aimé.

Barbara Kingsolver, Martine Aubert (traduction): On m'appelle Demon Copperhead (French language, 2024, Albin Michel) Aucune note

« Déjà, je me suis mis au monde tout seul. Ils étaient trois ou quatre …

J’ai longtemps hésité à ouvrir ce roman : je garde un mauvais souvenir des passages de David Copperfield lus lorsque j’étais môme et craignais un récit où le sort ne cessait de s’acharner sur un mômr. Mais on est chez Barbara Kingsolver, et quels que soient les coups que prennent ses personnages, l’espoir n’est jamais loin, généralement sous la forme de gens qui redonnent foi en l’humanité. Ça n’est pas mon livre préféré de BK, simple affaire de goût, mais c’est un grand roman, dont je recommande vivement la lecture, ne serait-ce que pour mieux comprendre le pays qui a ces dernières années largement soutenu Trump. À son habitude, BK nous emmène chez les Rednecks, les péquenauds, les gens à qui on a tout volé et que tout le monde méprise, qui tombent comme des mouches mais réussissent malgré tout à survivre. En toile de fond, le scandale des opioïdes, …

Chimamanda Ngozi Adichie, Mona de Pracontal (traduction): L'hibiscus pourpre (French language, 2016, Folio) Aucune note

«À la maison la débâcle a commencé lorsque Jaja, mon frère, n'est pas allé communier …

Le premier livre de Chimamanda Ngozi Adichie un texte riche. C’est un roman d’initiation, où deux ados, sœur et frère, découvrent qu’il existe un autre monde que celui de leur père, chrétien intégriste. C’est une dénonciation du fondamentalisme religieux (mais pas de la religion, omniprésente). Et un tableau de la vie au Nigéria dans les années 90, entre coups d’état à répétition et débrouille pour survivre. Les personnages sont complexes et attachantes, l’écriture pleine de vie, j’ai beaucoup aimé !

(attention : mentions de violences sur des enfants)

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a publié une critique de Autobiographie d'un poulpe : et autres récits d'anticipation par Vinciane Despret (Nature Mondes sauvages)

Vinciane Despret: Autobiographie d'un poulpe : et autres récits d'anticipation (Paperback, French language, 2021, Actes Sud)

Connaissez-vous la poésie vibratoire des araignées ? l’architecture sacrée des wombats ? les aphorismes éphémères …

Autobiographie d'un poulpe et autres récits d'anticipation

Un court livre, lu suite au partage de lecture de @Armavica@bookwyrm.social.

Il m'a tour à tour passionné, dérouté, stimulé, interrogé... Sa restitution elle-même est difficile, car c'est un livre qui investit un registre un peu à part, défiant diverses catégories pré-établies, y compris littéraires, jouant entre fiction, science et science-fiction. Cela donne donc une lecture qui perturbe les réflexes et les grilles préalablement intériorisées par les lecteurices pour appréhender un texte qui mêle, voire défie, les genres.

Face à un tel format, j'ai d'abord trouvé aussi fascinante que stimulante la démarche entreprise par l'autrice : une esquisse, en mobilisant un soubassement imaginaire, de désanthropisation du regard scientifique, questionnant les réflexes intériorisés, mais aussi les méthodes qui fondent la scientificité contemporaine. Le texte surfe en quelque sorte sur une ligne de crête. D'une part, on assiste à une déstabilisation/remise en cause de catégories et un renouvellement de méthodes, …

Fernanda Melchor, Laura Alcoba (traduction): La saison des ouragans (French language, 2019, Grasset) Aucune note

Inspiré d’un fait divers, La saison des ouragans s’ouvre sur la découverte d’un cadavre. Dans …

Un texte qui m’a fait penser à Le Tiers Pays, de Karina Sainz Borgo. Un lieu similaire, quelque part en Amérique Latine, ici probablement le Mexique. Et une violence omniprésente, éprouvante, tant physique que symbolique. C’est une lecture dure, tant sur le fond que la forme. Pour éclairer un meurtre, on découvre successivement plusieurs des protagonistes au cours d’interminables monologues, sur des pages et des pages qui nous font plonger sans respiration dans ce que l’humanité a de plus sordide. Malgré sa dureté, j’ai apprécié cette lecture, je me suis laissé prendre au style et j’ai serré les dents. La fameuse beauté des chants désespérés. Mais je ne la recommanderais pas à tout le monde.

Michelle Zauner, Laura Bourgeois (traduction): Pleurer au supermarché (French language, 2024, Christian Bourgois) Aucune note

Michelle Zauner vit à Philadelphie et jongle entre trois jobs alimentaires et un groupe de …

Attention : nombreuses mentions de nourriture non végétarienne et de voyages en avion.

Un livre manifestement largement autobiographique, qui parle de deuil, de relation entre une fille et sa mère, de la difficulté d’être entre deux cultures (sa mère est coréenne, son père étasunien, et elle voyage entre les deux pays) et, un peu, de rock indépendant. Pour se souvenir de sa mère, l’autrice entreprend d’essayer d’apprendre sa cuisine, ce qui nous vaut de longs chapitres sur les ingrédients et la préparation de plats coréens. Je ne suis pas plus que ça amateur de nourriture asiatique, donc j’avoue avoir parfois trouvé le temps un peu long. Et pourtant, le ton, mélange d’autodérision et de tendresse, m’a accroché, le personnage de Michelle est attachant, j’ai bien aimé cette lecture un peu triste mais pleine d’amour.

a terminé la lecture de Les vilaines par Camila Sosa Villada

Camila Sosa Villada: Les vilaines (French language, 2021, Métailié)

La Tante Encarna porte tout son poids sur ses talons aiguilles au cours des nuits …

Un beau texte, manifestement largement autobiographique, mêlant souvenirs d’enfance et portraits touchants. Elle évoque la vie d’une femme trans en Argentine au tournant du millénaire, l’enfance dans un petit village, l’arrivée à la ville, la prostitution et la sororité de la petite bande de prostituées trans. C’est tantôt violent (mentions de viol et violences sexuelles), tantôt tendre, écrit dans une jolie langue pleine de réalisme poétique. En fond se dévoile toute l’hypocrisie de la société à l’égard des transsexuelles, aimées dans l’obscurité, vilipendées à la lumière. La succession d’anecdotes, de tranches de vie, peint un tableau plein d’empathie de ces sœurs. J’ai trouvé ce récit touchant.

Nathacha Appanah: La mémoire délavée (French language, 2023, Mercure de France) Aucune note

Ce poignant récit s'ouvre sur un vol d'étourneaux dont le murmure dans une langue secrète …

Un court livre de souvenirs personnels que j’ai malheureusement trouvé sans grand intérêt. L’autrice, originaire de l’île Maurice, souhaite évoquer ses ancêtres, engagés indiens arrivés à Maurice au XIXième siècle pour remplacer les travailleurs esclavagisés. Mais ne sait finalement rien d’elleux, et le peu de l’histoire de sa famille qu’elle connaît, elle le tait par pudeur. Elle évoque ensuite ses grands parents et ses parents, partage quelques souvenirs d’enfance, mais tout cela ne m’a guère parlé.

Fred Blanchard, Jean-Pierre Pécau: La malédiction du pétrole (GraphicNovel, français language, 2020, Delcourt)

Le pétrole est devenu indispensable à l'économie mondiale, c'est sa plus grande richesse, mais aussi …

Sur la forme, c’est un long monologue joliment illustré, quoique de manière parfois un peu répétitive. Sur le fond, ce livre relit l’histoire des 150 dernières années au prisme de l’industrie pétrolière. C’est intéressant, mais assez rapidement, un malaise m’a saisi devant l’absence de sources. L’auteur déroule son récit mais, faute de références, ça ressemble parfois à une version romancée de l’histoire, un peu complotiste, sentiment renforcé par les illustrations vaguement ésotériques. Le livre se termine par quelques références bibliographiques, mais ça semble bien maigre au regard de l’ambition du projet. Une lecture qui m’a laissé septique.