Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
1968, dans une petite ville de l'Etat de New York. Doug Swieteck, 14 ans, grandit …
Adaptation en BD d’un roman d’apprentissage dans l’Amérique des années 60. Un jeune ado doit quitter NY pour suivre sa famille, et se retrouve dans une petite ville. Secrets de famille et rédemption par la découverte de l’art. Un récit sensible qui se dévoile progressivement, j’ai bien aimé.
Redécouvrez l’histoire de la première championne de tennis noire.
Harlem, 1940. Enfant des quartiers …
Un album intéressant pour continuer à faire sortir de l’ombre les femmes qui ont fait l’histoire, ici Althea Gibson, jeune femme noire de Harlem qui grâce à son caractère et son talent a réussi à faire reculer la ségrégation raciale dans le sport dans la patrie de Trump. Le tennis n’est vraiment pas mon truc, mais j’ai trouvé l’histoire sympathique. Au delà de la personnalité hors du commun de l’héroïne, ça évoque également la difficulté pour les sportives de haut niveau, de trouver un revenu. Et l’existence, dans les USA ségrégués, d’une classe noire aisée.
Une jeune femme dakhóta est arrachée de sa famille et à sa culture ; ce …
Je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à l’héroïne, et ai trouvé l’intrigue un peu ténue. Mais ce ne sont que des détails, car l’essentiel de ce beau récit est ailleurs. Il montre, à un siècle d’écart, deux expropriations et deux acculturations. Il y a 150 ans, les colons européens ont massacré les Premières Nations des Amériques, se sont approprié les terres, ont essayé de détruite la culture traditionnelle avec des pensionnats et des drogues. De nos jours, les descendants de ces agriculteurs se font à leur tour asservir par les multinationales de l’agro-industrie. Heureusement, ça n’est pas une fatalité, une autre façon d’habiter le monde est possible. Diane Wilson fait le portrait de celles qui résistent, qui contre vent et marées ont réussi à garder vivante la petite graine d’un autre futur possible, et la replantent inlassablement dans leur jardin. J’ai adoré ce récit qui, malgré la tristesse, est …
Je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à l’héroïne, et ai trouvé l’intrigue un peu ténue. Mais ce ne sont que des détails, car l’essentiel de ce beau récit est ailleurs. Il montre, à un siècle d’écart, deux expropriations et deux acculturations. Il y a 150 ans, les colons européens ont massacré les Premières Nations des Amériques, se sont approprié les terres, ont essayé de détruite la culture traditionnelle avec des pensionnats et des drogues. De nos jours, les descendants de ces agriculteurs se font à leur tour asservir par les multinationales de l’agro-industrie.
Heureusement, ça n’est pas une fatalité, une autre façon d’habiter le monde est possible. Diane Wilson fait le portrait de celles qui résistent, qui contre vent et marées ont réussi à garder vivante la petite graine d’un autre futur possible, et la replantent inlassablement dans leur jardin.
J’ai adoré ce récit qui, malgré la tristesse, est porteur d’espoir.
Je suis ennuyé. Le sujet est important : sortir de l’oubli une des nombreuses abjection de l’état colonial français, les avortements et stérilisations forcées de nombreuses femmes de la Réunion jusque dans les années 70. Mais les autrices ont fait le choix de raconter en parallèle l‘histoire bien connue de la création du MLF et des luttes pour le droit à l’avortement. Pour montrer deux facettes d’une société qui refuse aux femmes le droit de disposer de leur corps. Interdire à certaines d’avoir des enfants, obliger les autres à enfanter. Malheureusement je trouve que ça ne fonctionne pas. L’histoire côté parisien est sympathique, mais connue, j’ai trouvé qu’elle n’apportait pas grand chose. J’aurais préféré que tout l’album se concentre sur ce qui s’est passé à la Réunion. Peu importe, l’essentiel est dans l’existence de ce livre, dans la mise en lumière de ce scandale oublié, et c’est pour cela qu’il …
Je suis ennuyé. Le sujet est important : sortir de l’oubli une des nombreuses abjection de l’état colonial français, les avortements et stérilisations forcées de nombreuses femmes de la Réunion jusque dans les années 70. Mais les autrices ont fait le choix de raconter en parallèle l‘histoire bien connue de la création du MLF et des luttes pour le droit à l’avortement. Pour montrer deux facettes d’une société qui refuse aux femmes le droit de disposer de leur corps. Interdire à certaines d’avoir des enfants, obliger les autres à enfanter. Malheureusement je trouve que ça ne fonctionne pas. L’histoire côté parisien est sympathique, mais connue, j’ai trouvé qu’elle n’apportait pas grand chose. J’aurais préféré que tout l’album se concentre sur ce qui s’est passé à la Réunion.
Peu importe, l’essentiel est dans l’existence de ce livre, dans la mise en lumière de ce scandale oublié, et c’est pour cela qu’il faut lire cette histoire.
Bron et Ray sont liées par un amour puissant et dévorant. Leurs escapades sauvages avec …
Je n’ai malheureusement pas réussi à dépasser mon rejet du style graphique pour apprécier cet album. C’est dommage, l’histoire est sensible, celle d’un couple de femmes confrontées à de nombreuses difficultés, notamment du fait de leur famille, mais qui trouvent une respiration dans la joie de vivre de leur nièce. Mais le dessin m’a rebuté et je n’ai pas du tout réussi à entrer dans ce livre.
Inti Flynn, une jeune biologiste, arrive en Ecosse pour diriger une équipe de scientifiques chargés …
Ça faisait un moment que je n’avais pas pris autant de plaisir à une lecture. Mais ici, tout y est : de la nature, des loups, une femme revenue de la compagnie des humains, l’urgence de lutter pour le ré-ensauvagement, la violence des hommes… Les personnages sont attachantes et raisonnablement complexes, l’intrigue donne envie de tourner les pages. Et pour une fois, sans vouloir divulgâcher, le message est plutôt optimiste. Je ne peux que recommander ce livre.
Ça faisait un moment que je n’avais pas pris autant de plaisir à une lecture. Mais ici, tout y est : de la nature, des loups, une femme revenue de la compagnie des humains, l’urgence de lutter pour le ré-ensauvagement, la violence des hommes… Les personnages sont attachantes et raisonnablement complexes, l’intrigue donne envie de tourner les pages. Et pour une fois, sans vouloir divulgâcher, le message est plutôt optimiste. Je ne peux que recommander ce livre.
Marseille, Hiver 1887. Plus d'un millier de femmes sont employées à la manufacture des tabacs …
Encore une grève de femmes dont je n’avais jamais entendu parler. Ça se passe dans une manufacture de tabac à Marseille à la fin du XIX° siècle, à l’époque des balbutiements du syndicalisme, et ça montre que les femmes ont eu leur part dans la naissance des syndicats et les luttes ouvrières. Les ouvrières du tabac méritent autant la lumière que les ovalistes de Lyon ou les sardinières de Douarnenez, cet album constitue un beau femmage à leur courage.
Colérique de nature, Alix perd le contrôle lorsque Lindsay, coéquipière dans son équipe de hockey, …
Une romance choupi de temps en temps, ça fait du bien. La rencontre, sur la côte ouest du Canada, entre un garçon, bisexuel, extraverti et populaire, et une fille, introvertie, qui ne se sent bien qu’en jouant au hockey. Les deux ont évidemment des failles, notamment leur rapport à la colère, et vont s’apprivoiser. C’est mignon, j’ai beaucoup aimé les dessins, cette lecture légère était bienvenue.
Accusée d'avoir provoqué la mort d'un cavalier, une truie est conduite devant le tribunal : …
Une courte fable cruelle, inspirée des procès des animaux. L’occasion de rappeler qu’il y a pas longtemps encore, nous exploitions certes les animaux autres qu’humains, mais leur accordions davantage de place, leur reconnaissions un statut d’être vivant et non de simples ressources à exploiter. Sympathique.
Un virus fait chuter le taux de testostérone des hommes... et se répand sur la …
D’un côté, j’ai trouvé l’histoire parfois un peu longue, le scénario un peu confus. Surtout, je suis gêné par l’idée de base de se focaliser sur la testostérone, comme si les hommes n’étaient pas vraiment responsables du patriarcat, mais victimes de leurs hormones. Ces réserves mises à part, j’ai trouvé cet album réjouissant, on retrouve la verve caricaturiste de Luz, les planches sont pleines de clins d’œil, et j’adore le détournement par les masculinistes de tous les slogans gauchistes. Moins de fond que ce à quoi je m’attendais, mais une BD qui m’a fait passer un bon moment.
Privée de son destin de reine, la demi-soeur du roi Arthur devient la sulfureuse fée …
Variation sur les légendes autour du roi Arthur, centrée sur Morgane. J’ai trouvé le dessin et l’intrigue sympathiques, mais sans réussir à vraiment entrer dans l’album. Reste le plaisir d’une ré-interprétation d’histoires lues et relues, en faisant un pas de côté et mettant en avant un personnage qui a souvent eu le mauvais rôle. Ça donne envie de lire d’autres récits similaires, du point de vue des femmes, et pour ça, cette BD mérite le détour.
Dans un essai coup de poing, Douce Dibondo manie une langue vive et passionnée pour …
Un livre érudit d’un niveau bien trop élevé pour moi. En mélangeant sociologie, psychologie, art, etc, Douce Dibondo dresse un portrait de la condition des Noir·es. Elle cherche les source de la négrophobie et décrit ses effets dans la vie quotidienne des personnes racisées. Cette lecture a été difficile, mais je ne la regrette pas, car au milieu de pages dont je ne comprenais pas un mot, j’ai réussi à butiner quelques informations, quelques pistes pour nourrir ma réflexion. Et puis, ça fait du bien parfois d’être mis en face de l’étendue de son ignorance.
Priscilla Layne, professeure d'allemand afro-américaine aux origines caribéennes, s'est longtemps vue considérée comme une « …
Juste la vie d’une fille « différente ». Noire née à Chicago, ses parents sont caribéens. Ses camarades la traitent d’« oreo », lui reprochant son style, sa langue, trop blanches. Elle n’est jamais là où on l’attend, s’intéresse aux skins anti-racistes, devient rude-girl, puis à la littérature allemande. En parallèle de son parcours hors du commun, Elisabeth Willenz, qui dessine son histoire, réfléchit à la notion d’appropriation culturelle, au fait pour elle, artiste allemande blanche et petite-bourgeoise, de faire un livre sur une gamine noire. Tant le parcours de Priscilla Layne que les réflexions sur le processus de création sont très intéressantes.
Juste la vie d’une fille « différente ». Noire née à Chicago, ses parents sont caribéens. Ses camarades la traitent d’« oreo », lui reprochant son style, sa langue, trop blanches. Elle n’est jamais là où on l’attend, s’intéresse aux skins anti-racistes, devient rude-girl, puis à la littérature allemande. En parallèle de son parcours hors du commun, Elisabeth Willenz, qui dessine son histoire, réfléchit à la notion d’appropriation culturelle, au fait pour elle, artiste allemande blanche et petite-bourgeoise, de faire un livre sur une gamine noire. Tant le parcours de Priscilla Layne que les réflexions sur le processus de création sont très intéressantes.
2051, la plus grande entreprise du monde, La Compagnie, s'est emparée du pouvoir à l'échelon …
Je n’ai pas du tout été convaincu par cet album. Malgré quelques jolies planches, je n’ai pas accroché au graphisme, et le scénario n’apporte pas grand chose de neuf par rapport aux histoires habituelles de prise de contrôle de la planète par des multinationales.
Trop souvent les autobiographies deviennent des constructions de fantaisie. Il semble que l’être humain soit …
Maryse Condé raconte le début de sa vie d’adulte, une dizaine d’années marquées par plusieurs quêtes. Quête de son identité, à travers les écrivains de la Négritude et sa découverte de l’Afrique. Quête de sa place dans le monde. Quête d’un équilibre entre ses désirs de femme libre et amoureuse et son amour pour ses enfants. J’avoue que le récit de son parcours ne m’a pas passionné. Malgré les nombreuses difficultés auxquelles elle fait face, son statut d’intellectuelle issue de la bourgeoisie noire lui sauve régulièrement la mise. Reste son talent de conteuse, et surtout, au delà de son histoire personnelle, tout le contexte : la vie dans plusieurs états d’Afrique de l’Ouest ayant tout juste accédé à l’indépendance, les rapports complexes entre les Africains et les descendant·es de déporté·es. Si je n’ai pas été touché par les personnages, j’ai trouvé très intéressante la description de leur monde.
Maryse Condé raconte le début de sa vie d’adulte, une dizaine d’années marquées par plusieurs quêtes. Quête de son identité, à travers les écrivains de la Négritude et sa découverte de l’Afrique. Quête de sa place dans le monde. Quête d’un équilibre entre ses désirs de femme libre et amoureuse et son amour pour ses enfants.
J’avoue que le récit de son parcours ne m’a pas passionné. Malgré les nombreuses difficultés auxquelles elle fait face, son statut d’intellectuelle issue de la bourgeoisie noire lui sauve régulièrement la mise.
Reste son talent de conteuse, et surtout, au delà de son histoire personnelle, tout le contexte : la vie dans plusieurs états d’Afrique de l’Ouest ayant tout juste accédé à l’indépendance, les rapports complexes entre les Africains et les descendant·es de déporté·es. Si je n’ai pas été touché par les personnages, j’ai trouvé très intéressante la description de leur monde.