Kometenn a cité Destinée arbitraire par Robert Desnos
L'ourse disparut aspirée par les nombres Avec la foule, avec les ombres Confondues dans les décombres.
Seuls quelques astronomes, Embusqués sous des dômes, Virent passer son fantôme.
Qu'on te nomme Grande Ourse Tandis que tu poursuis ta course Vers la lumière et vers ses sources,
Que l'on te pare d'étoiles Et que du fond de leur geôle Les prisonniers te voient passer devant le soupirail,
Ourse qu'importe, ourse de plume, Ourse rugissante et bavant l'écume, Plus étincelante qu'un marteau frappant l'enclume,
Ourse qu'importe la fable Et ta piste sur le sable S'effilochant comme un vieux câble.
J'entends des pas lourds dans la nuit, J'entends des chants, j'entends des cris, Les cris, les chants de mes amis.
Leurs pas sont lourds Mais quant naîtra le jour Naîtra la liberté et l'amour.
— Destinée arbitraire de Robert Desnos (Page 169)
Extrait du poème "Histoire d'une ourse".
