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Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

Aujourd'hui je me suis promené avec mon camarade, Même s'il est mort, Je me suis promené avec mon camarade.

Qu'ils étaient beaux les arbres en fleurs, Les marronniers qui neigeaient le jour de sa mort Avec mon camarade je me suis promené.

Jadis mes parents Allaient seuls aux enterrements Et je me sentais petit enfant.

Maintenant je connais pas mal de morts, J'ai vu beaucoup de croque-morts Mais je n'approche pas de leur bord.

C'est pourquoi tout aujourd'hui Je me suis promené avec mon ami. Il m'a trouvé un peu vieilli,

Un peu vieilli, mais il m'a dit : Toi aussi tu viendras où je suis, Un Dimanche ou un Samedi,

Moi, je regardais les arbres en fleurs, La rivière passer sous le pont Et soudain j'ai vu que j'étais seul.

Alors je suis rentré parmi les hommes.

Destinée arbitraire de  (Page 175 - 176)

Titre du poème : Aujourd'hui je me suis promené...

Poème de 1936, année du début de la guerre civile espagnole, qui touche particulièrement Robert Desnos.