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Robert Desnos: Destinée arbitraire (Paperback, French language, 1992, Gallimard)

Notre souffrance serait intolérable si nous ne pouvions la considérer comme une maladie passagère et sentimentale. Nos retrouvailles embelliront notre vie pour au moins trente ans. [...] J'aurais voulu t'offrir 100 000 cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l'appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous. En mon absence achète toujours les fleurs, je te les rembourserai. Le reste, je te le promets pour plus tard. [...] J'espère que cette lettre est notre vie à venir. Mon amour, je t'embrasse aussi tendrement que l'honorabilité l'admet dans une lettre qui passera par la censure. Mille baisers.

Destinée arbitraire de  (Page 240 - 241)

Extrait de l'ultime lettre à Youki, compagne de Robert Desnos, le 15 juillet 1944.

Robert Desnos vient d'arriver au camp de concentration de Flossenbürg, en Bavière, après des déportations à Royallieu, Auschwitz puis Buchenwald. À Floha, il sera soumis à la faim, l'humiliation et au travail forcé pendant près d'un an avant sa marche forcée à Theresienstadt.