OrientXXI/Journal de bord de Gaza 124/Rami Abou Jamous, Vendredi 13 mars 2026.
« Comment peut-on remercier l’Espagne ? »
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RFI
Espagne : l’accès aux soins de santé va devenir accessible aux personnes sans-papiers
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SaraT. a publié une critique de Permafrost par Eva Baltasar
Quand la langue décape toute carapace, fût-elle Permafrostée
4 étoiles
Monologues d'une lesbienne quadra dépressive : il y a mieux pour attirer le chaland. Et pourtant : la langue est ciselée au cordeau, jouissive dans ses expressions déjantées et inattendues, poétiques au cœur d'une noirceur tournée en dérision à chaque ligne. La thématique y reprend du poil de la bête, dans de courts chapitres a priori sans queue ni tête, désopilants des propos sans filtres que tient l'auteure sur le mal-être de la narratrice, engoncée dans la carapace qu'elle s'est forgée pour tenir - tenir dans un univers féminin étouffant (mère, sœur), dans des relations qu'elle s'obstine à rompre (ses amantes), dans la découverte crue de la sexualité à l'adolescence, totalement et rapidement assumée. Toute carapace, même gelée, peut se fissurer : les craquelures apparaissent au milieu d'un cynisme qui s'exprime jusqu'à la dernière page, ouvrant à autre chose qu'à l'aspiration à la disparition physique. La plume d'Eva Baltasar s'est …
Monologues d'une lesbienne quadra dépressive : il y a mieux pour attirer le chaland. Et pourtant : la langue est ciselée au cordeau, jouissive dans ses expressions déjantées et inattendues, poétiques au cœur d'une noirceur tournée en dérision à chaque ligne. La thématique y reprend du poil de la bête, dans de courts chapitres a priori sans queue ni tête, désopilants des propos sans filtres que tient l'auteure sur le mal-être de la narratrice, engoncée dans la carapace qu'elle s'est forgée pour tenir - tenir dans un univers féminin étouffant (mère, sœur), dans des relations qu'elle s'obstine à rompre (ses amantes), dans la découverte crue de la sexualité à l'adolescence, totalement et rapidement assumée. Toute carapace, même gelée, peut se fissurer : les craquelures apparaissent au milieu d'un cynisme qui s'exprime jusqu'à la dernière page, ouvrant à autre chose qu'à l'aspiration à la disparition physique. La plume d'Eva Baltasar s'est taillée dans des recueils de poésie : le texte l'illustre à chaque mot. Magnifique traduction d'Annie Bats, qui donne à entendre une langue sonore, colorée, exprimant quelque chose de cette expérience du décalage entre paraître attendu dans nos relations, et aspirations profondes. L'ouvrage est relativement court, composé de brefs chapitres qui s'enchaînent sans lien direct apparent parfois ; il est aussi particulièrement intense ; comme si sa brièveté venait pour faciliter la respiration après cette plongée sous une terre gelée.
