Retraité, lecteur d'un peu de tout. Plutôt des polars, des romans et des essais, politiques ou historiques, et des BD...
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Ce roman policier est très intéressant. Il décrit la complexité des personnages.qui vont évoluer au fur et à mesure de l'avancée de l'enquête. Il ne s'agit pas seulement de la recherche de l'auteur du crime mais bien de comprendre tous les personnages, un par un, qu'ils soient témoins, possibles suspects et enquêteurs. Leurs liens, ce qui les animent, leurs histoires personnelles, leurs motivations, tout ce qui donne sens est petit à petit mis au jour, mais comme il s'agit d'une enquête, les clés apparaissent à la fin du roman.
Ce roman policier est très intéressant. Il décrit la complexité des personnages.qui vont évoluer au fur et à mesure de l'avancée de l'enquête. Il ne s'agit pas seulement de la recherche de l'auteur du crime mais bien de comprendre tous les personnages, un par un, qu'ils soient témoins, possibles suspects et enquêteurs. Leurs liens, ce qui les animent, leurs histoires personnelles, leurs motivations, tout ce qui donne sens est petit à petit mis au jour, mais comme il s'agit d'une enquête, les clés apparaissent à la fin du roman.
Avec le recul du temps, les événements qui, après l'attaque meurtrière du Hamas le 7 …
Une critique de la manière dont l'Occident a invisibilisé le génocide des gazaouis
5 étoiles
Le titre est une reprise de celui de Marc Bloch, au lendemain de la défaite de la France face à l'Allemagne nazie en 1940. Il est suivi du sous-titre "Sur le consentement à l'écrasement de Gaza". Didier Fassin passe en revue ce qui a suivi le 7 octobre 2023. Déjà il n'oublie pas tout ce qui a précédé cette date depuis la création de l'état d'Israël au lendemain de la 2nde Guerre Mondiale sur un territoire alors peuplé très majoritairement par des Palestiniens, territoire sous mandat britannique. Il rappelle cette colonisation des terres palestiniennes en contradiction absolue des décisions prises à l'époque, en opposition absolue de toutes les résolutions successives prises à l'ONU. Il met en évidence la manière éhontée des puissances occidentales d'invisibiliser les souffrances infligées aux Palestiniens, à Gaza mais aussi en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est, de nier le caractère génocidaire de la guerre entreprise par l'armée israélienne, …
Le titre est une reprise de celui de Marc Bloch, au lendemain de la défaite de la France face à l'Allemagne nazie en 1940. Il est suivi du sous-titre "Sur le consentement à l'écrasement de Gaza". Didier Fassin passe en revue ce qui a suivi le 7 octobre 2023. Déjà il n'oublie pas tout ce qui a précédé cette date depuis la création de l'état d'Israël au lendemain de la 2nde Guerre Mondiale sur un territoire alors peuplé très majoritairement par des Palestiniens, territoire sous mandat britannique. Il rappelle cette colonisation des terres palestiniennes en contradiction absolue des décisions prises à l'époque, en opposition absolue de toutes les résolutions successives prises à l'ONU.
Il met en évidence la manière éhontée des puissances occidentales d'invisibiliser les souffrances infligées aux Palestiniens, à Gaza mais aussi en Cisjordanie comme à Jérusalem-Est, de nier le caractère génocidaire de la guerre entreprise par l'armée israélienne, de réprimer toutes les manifestations de soutien au peuple palestinien y compris les demandes de type humanitaire ou de cessez-le-feu, de caractériser comme otages les Israéliens retenus par le Hamas et de prisonniers les Palestiniens retenus de manière tout aussi arbitraire par l'armée et les institutions israéliennes, d'omettre les tortures subies par ces derniers...
De fait les puissances occidentales soutiennent le pouvoir israélien pour plusieurs raisons. La première tourne autour de leur responsabilité dans ce qu'on nomme la Shoah, le génocide des juifs commis par les nazis avec le soutien de plusieurs pays comme la France. C'est aussi la poursuite d'une logique coloniale occidentale menée par Israël contre les arabes, le racisme sous-tendu vis-à-vis des arabes, avec une confusion volontaire entre arabes/musulmans/terroristes comme d'ailleurs entre antisémite/antisioniste. Et enfin, les crédits accordés par les USA qui permettent à Israël d'acquérir des armes américaines (ce qui fait tourner les usines américaines) et de les tester en s'en servant. Sans oublier que cela permet de fait d'accéder à des ressources en matières premières !
Et le texte, écrit en mai 2924, n'a rien perdu de sa force de dénonciation. D'ailleurs, il en a écrit un nouveau en 2025 qui poursuit cette description terrible et l'actualité lui donne raison !
Depuis peu, un vent de fraîcheur souffle sur la psychanalyse. Des travaux importants paraissent et …
Des questions sur la psychanalyse expliquées
5 étoiles
Cet essai est une introduction, à mon avis, très riche quant à la psychanalyse. A travers les dix questions (la psychanalyse n'est pas pour tout le monde, elle est bourgeoise, antiféministe, transphobe, occidentale...) que l'autrice traite de façon argumentée, le profane pourra y trouver de quoi mieux comprendre ce qu'est la psychanalyse, dans quel contexte elle est apparue, les réflexions qui se sont poursuivies pour l'enrichir mais aussi les lectures parfois restrictives ou même avec des contresens qui ont eu cours (et/ou qui continuent à se maintenir). Mais ce n'est pas seulement, me semble-t-il, limité à tout un chacun. L'autrice pose de véritables questions théoriques qui doivent permettre aux praticiens de réfléchir autrement à leur pratique et aux théories sur lesquelles ils s'appuient. Dans chaque chapitre il y a la question traitée qui permet de contextualiser le thème, donner des éléments de réflexion mais surtout elle met en évidence des …
Cet essai est une introduction, à mon avis, très riche quant à la psychanalyse. A travers les dix questions (la psychanalyse n'est pas pour tout le monde, elle est bourgeoise, antiféministe, transphobe, occidentale...) que l'autrice traite de façon argumentée, le profane pourra y trouver de quoi mieux comprendre ce qu'est la psychanalyse, dans quel contexte elle est apparue, les réflexions qui se sont poursuivies pour l'enrichir mais aussi les lectures parfois restrictives ou même avec des contresens qui ont eu cours (et/ou qui continuent à se maintenir).
Mais ce n'est pas seulement, me semble-t-il, limité à tout un chacun. L'autrice pose de véritables questions théoriques qui doivent permettre aux praticiens de réfléchir autrement à leur pratique et aux théories sur lesquelles ils s'appuient. Dans chaque chapitre il y a la question traitée qui permet de contextualiser le thème, donner des éléments de réflexion mais surtout elle met en évidence des pans entiers de la théorie qu'il faut relire et envisager avec nos connaissances actuelles pour en interroger les présupposés, les remettre en question et travailler sur d'autres pistes plus à même de comprendre ce qui se passe.
Il y a me semble-t-il pourtant un point de vue qui n'est pas traité, celui que Lucien Sève a développé dans son ouvrage autour d'une Théorie Marxiste de la Personnalité, dont les Éditions Sociales viennent d'en faire une réédition enrichie
Marseille, Hiver 1887. Plus d'un millier de femmes sont employées à la manufacture des tabacs …
Une grève féminine
4 étoiles
Une BD qui présente la grève menée par des ouvrières, non syndiquées, de la manufacture de n ⁹ de tabac à Marseille en 1887. Cette grève menée par des ouvrières, d'origine italiennes pour beaucoup, se déclenche suite à la mise à pied de l'une d'entre elle. Très vite, elles ont des revendications qui vont bien au-delà du simple renvoi du contremaître et tourne autour d'augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail. Elles bénéficient de la solidarité des autres ouvriers de la ville et permettra de créer ensuite un syndicat. Une petite erreur quant à la mention d'un parti communiste qui n'adviendra qu'une vingtaine d'années après. Le dessin est un peu dépouillé, en noir et blanc, avec parfois du bleu pour les photos. C'est plutôt le thème traité qui m'a intéressé que son traitement graphique.
Une BD qui présente la grève menée par des ouvrières, non syndiquées, de la manufacture de n ⁹ de tabac à Marseille en 1887. Cette grève menée par des ouvrières, d'origine italiennes pour beaucoup, se déclenche suite à la mise à pied de l'une d'entre elle. Très vite, elles ont des revendications qui vont bien au-delà du simple renvoi du contremaître et tourne autour d'augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail. Elles bénéficient de la solidarité des autres ouvriers de la ville et permettra de créer ensuite un syndicat.
Une petite erreur quant à la mention d'un parti communiste qui n'adviendra qu'une vingtaine d'années après.
Le dessin est un peu dépouillé, en noir et blanc, avec parfois du bleu pour les photos. C'est plutôt le thème traité qui m'a intéressé que son traitement graphique.
Un regard absolument nécessaire pour qui s'intéresse aux quartiers et villes populaires
5 étoiles
Ce travail remarquable effectué à Grigny par les deux sociologues sur les 10 années qui ont suivi les attentats de 2015 est remarquable. D'abord il se lit presque comme un roman, il est constitué de dizaines de témoignages, de discussions, d'échanges, de documents rassemblés et mis en relation, contextualisés comme il est nécessaire de le rappeler dans tout travail de cette envergure. Mais et c'est ça peut-être le plus important, il donne à voir ce qu'on ne voit pas, ce qui fait la vie ensemble, ce qui fait société, ce qui fait humanité. Toutes ces vies, ces adultes, ces enfants qui vivent là, se croisent, y travaillent, ne font que passer, y reviennent, c'est ça qui s'exprime ici, la solidarité malgré tout, la recherche de soutien les uns aux autres. Ce partage d'expériences tellement diverses car trop souvent ignorées voire méprisées, c'est le tissu de notre vie à tous, bien …
Ce travail remarquable effectué à Grigny par les deux sociologues sur les 10 années qui ont suivi les attentats de 2015 est remarquable. D'abord il se lit presque comme un roman, il est constitué de dizaines de témoignages, de discussions, d'échanges, de documents rassemblés et mis en relation, contextualisés comme il est nécessaire de le rappeler dans tout travail de cette envergure. Mais et c'est ça peut-être le plus important, il donne à voir ce qu'on ne voit pas, ce qui fait la vie ensemble, ce qui fait société, ce qui fait humanité. Toutes ces vies, ces adultes, ces enfants qui vivent là, se croisent, y travaillent, ne font que passer, y reviennent, c'est ça qui s'exprime ici, la solidarité malgré tout, la recherche de soutien les uns aux autres. Ce partage d'expériences tellement diverses car trop souvent ignorées voire méprisées, c'est le tissu de notre vie à tous, bien loin des clichés vus, ressassés à n'en plus finir. Malgré les années que j'ai passées, que ce soit professionnellement ou en y habitant et en y restant encore aujourd'hui comme bénévole, dans ces quartiers populaires qu'on taxe d'une image dégradée, violente où la misère est là, j'ai quand même eu l'impression d'être passé à côté de beaucoup de richesses.
Les années cinquante, le décor d'une vie de famille surprenante
4 étoiles
C'est le 2ème volume de la seconde trilogie de Pierre Lemaitre où l'on suit la famille Pelletier dans les années cinquante. Louis et sa femme Angèle habitent toujours Beyrouth et gèrent l'entreprise familiale de savons. Louis a le projet d'aider Lulu, un employé, de devenir champion de boxe. François, amant de Nine, est en proie aux doutes sur cet amour, que lui cache-t-elle ? Pourtant il réussit pleinement dans son travail au Journal et relance l'enquête du meurtre de Mary Simpson. Sa sœur, Hélène, fait son trou aussi dans le même journal et après une série d'articles retantissante va s'occuper d'un barrage qui s'achève et dont la conséquence est la mort d'un village. Plusieurs péripéties forment l'essentiel de son travail: elle est enceinte, comment avorter, qui est cet improbable ingénieur Destouches chargé de la mise en eau et l'évacuation du village et enfin que veut ce correspondant local qui l'accompagne... …
C'est le 2ème volume de la seconde trilogie de Pierre Lemaitre où l'on suit la famille Pelletier dans les années cinquante.
Louis et sa femme Angèle habitent toujours Beyrouth et gèrent l'entreprise familiale de savons. Louis a le projet d'aider Lulu, un employé, de devenir champion de boxe.
François, amant de Nine, est en proie aux doutes sur cet amour, que lui cache-t-elle ? Pourtant il réussit pleinement dans son travail au Journal et relance l'enquête du meurtre de Mary Simpson.
Sa sœur, Hélène, fait son trou aussi dans le même journal et après une série d'articles retantissante va s'occuper d'un barrage qui s'achève et dont la conséquence est la mort d'un village. Plusieurs péripéties forment l'essentiel de son travail: elle est enceinte, comment avorter, qui est cet improbable ingénieur Destouches chargé de la mise en eau et l'évacuation du village et enfin que veut ce correspondant local qui l'accompagne...
En fin il y a Jean, Bouboule, qui est en proie à ses envies de meurtres de femmes, soumis à sa femme Geneviève, odieuse, qui ne supporte pas leur petite fille Colette, et dont le magasin, place de la République lui procure tant d'angoisse et dont le gérant est de la même engeance que sa femme.
Pierre Lemaitre fait de ce livre un bon témoignage de ces années cinquante qui sont traversées par une modernisation avec la construction de barrages dont on oublie les conséquences humaines, tandis que les problèmes de pouvoir d'achat se posent avec une illusion autour d'une consommation possible qui satisfasse tout le monde, tandis que l'avortement reste un tabou toujours dans les suites de Vichy!
Ce petit essai qui date de 2012 m'a fait regarder les choses d'une toute autre manière. Comme beaucoup, j'étais resté sur cet objectif d'obtenir la paix par la création d'un Etat Palestinien au côté d'un État d'Israël. D'autant qu'avec le massacre des Palestiniens dans la bande de Gaza, tandis que les destructions et occupations illégales des colons en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est deviennent permanentes, depuis l'incursion criminelle de groupes armés du Hamas qui a servi de prétexte au génocide en cours, je ne voyais pas d'issue. En effet, pour qu'il y ait un État il faut plusieurs conditions : une autorité reconnue (on peut toujours penser que l'Autorité Palestinienne en est la figure), un peuple (les Palestiniens en font la dure expérience depuis des dizaines d'années), et un territoire. Or de ce point de vue, le morcellement et la réduction comme peau de chagrin du territoire identifié comme Palestinien, avec …
Ce petit essai qui date de 2012 m'a fait regarder les choses d'une toute autre manière. Comme beaucoup, j'étais resté sur cet objectif d'obtenir la paix par la création d'un Etat Palestinien au côté d'un État d'Israël. D'autant qu'avec le massacre des Palestiniens dans la bande de Gaza, tandis que les destructions et occupations illégales des colons en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est deviennent permanentes, depuis l'incursion criminelle de groupes armés du Hamas qui a servi de prétexte au génocide en cours, je ne voyais pas d'issue.
En effet, pour qu'il y ait un État il faut plusieurs conditions : une autorité reconnue (on peut toujours penser que l'Autorité Palestinienne en est la figure), un peuple (les Palestiniens en font la dure expérience depuis des dizaines d'années), et un territoire. Or de ce point de vue, le morcellement et la réduction comme peau de chagrin du territoire identifié comme Palestinien, avec la création de dizaines de routes qui relient des colonies disséminées quand elles ne sont pas créées pour couper intentionnellement la bande Gaza par exemple, tout ceci m'amène à douter d'une possible unité d'un territoire soumis à l'Autorité Palestinienne.
Et ce livre m'a fait prendre conscience d'une part, que cette utopie de la création d'un État Palestinien n'a jamais véritablement avancé même après les accords d'Oslo. D'autre part, que l'ensemble du territoire est déjà sous la domination de l'état d'Israël lequel régente l'ensemble des ressources en eau, en électricité, établit un système d'apartheid avec des autorisations de travailler pour les Palestiniens et les lieux où ils le peuvent, contrôle toutes les frontières (cf. les conflits avec la Syrie et l'annexion du Golan, les incursions militaires au Liban, les attaques en Iran, au Qatar... et l'arraisonnement des bateaux de la flotille qui cherche à briser le blocus de Gaza). Du coup, ce mythe de création d'un État Palestinien sert d'autres intérêts que ceux des Palestiniens et des Israéliens, et permet aux gouvernements, notamment occidentaux mais aussi Arabes de continuer leur commerce avec Israël lequel ne peut exister que par le financement d'une armée par les USA entre autres, tout en refusant d'appliquer TOUTES les résolutions de l'ONU et de contourner le Droit International (Cours Internationale de Justice, Tribunal Pénal International,...).
Donc ce texte explore d'abord ce soi-disant partage de territoire, puis à qui sert l'usage de ce mythe, envisage le seul État d'Israël comme État uniquement juif, fait le point sur les arguments contre l'État Commun, et rappelle l'ancienneté de cet objectif politique.