Critiques et Commentaires

Clochix Compte verrouillé

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 4 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Justine Niogret: Calamity Jane, un homme comme les autres (French language, 2025, Au Diable Vauvert)

Calamity Jane. Légende de l’Ouest, mythe viril, silhouette dressée entre whisky et poudre. Mais qu’y …

Ça faisait longtemps que je voulais lire Justine Niogret. Je ressors de ce court texte avec une impression mitigée. Je n’ai pas réussi à entrer dans le texte. Mais ai apprécié ses qualités littéraires. Le style, le point de vue… Calamity est au crépuscule de sa vie, et le roman est crépusculaire, baigne dans une atmosphère qui ne laisse pas indifférent.

Jeff Pourquié, Taina Tervonen: À qui profite l'exil ? (GraphicNovel, French language, 2023, Delcourt) Aucune note

Qui profite des moyens engagés en faveur de la fermeture des frontières ? Que se …

Une enquête journalistique pour mieux comprendre ce qui pousse tant de jeunes à Afrique à prendre la route dans l’espoir d’une vie meilleure et qui tout au long du parcours vit sur le dos de leurs espoirs et de leurs souffrances. Un village sur la côte Atlantique, où les pêcheurs n’arrivent plus à vivre à cause du pillage des chalutiers européens. Les innombrables réseaux de passeurs à travers le désert puis la Méditerranée. Enfin la vie de sans-papier à Paris, exploité·es parmi les exploité·es. Tout le monde devrait lire cette enquête.

a terminé la lecture de Payer la terre par Joe Sacco

Joe Sacco, Sidonie Van den Dries (traduction): Payer la terre (GraphicNovel, French language, 2020, Futuropolis) Aucune note

En 2015, Joe Sacco s’est rendu par deux fois dans les territoires du Nord-Ouest du …

Joe Sacco est un journaliste / documentariste spécialisé des enquêtes au long cours. Il nous emmène ici à la découverte des Denes, peuples vivant à l’extrême nord du continent américains. C’est un long voyage où de nombreux entretiens permettent d’appréhender leur vie et leurs difficultés. La colonisation de leurs terres par le Canada, les conflits entre tradition et « modernité », entre leur vision de la terre et l’idéologie capitaliste extractiviste… C’est touffu, didactique mais sans jamais oublier le côté humain, il m’a fallu du temps pour tout lire, mais à aucun moment je ne me suis ennuyé. Ça complète le livre sur les Évènes du Kamtchatka écrit par l’anthropologue Nastassja Martin.

a terminé la lecture de The Hate U give par Angie Thomas

Angie Thomas, Nathalie Bru (traduction): The Hate U give (French language, 2018, Nathan) Aucune note

Starr, 16 ans, est noire et vit avec sa famille dans un quartier difficile, Garden …

Un livre pour tous publics (classé ado à la bibliothèque) que l’on pourrait qualifier de roman de la génération Black Lives Matters. On pourrait lui reprocher quelques facilités, mais j’ai été bon public et ai adoré. Tout y est, une héroïne très attachante, déchirée entre plusieurs univers, un entourage familial et amical aimant, un sujet capital, les violences policières et leur impunité traité avec honnêteté et manichéïsme. Un film a été tiré du roman, je le verrai avec plaisir.

Jesmyn Ward, Frédérique Pressmann (traduction): Les moissons funèbres (French language, 2016, Globe) Aucune note

En l'espace de quatre ans, Jesmyn Ward qui, depuis Bois sauvage a fait de l' …

Un livre à mi-chemin entre l’auto-biographie, l’enquête sociologique, et l’hommage. Jesmyn Ward dresse le portrait de cinq jeunes hommes, dont son frère, auprès desquels elle a grandi et qui sont morts avant la trentaine. Les chiffres de la surmortalité des hommes noirs aux USA sont connus, là elle met des visage, de la chair, des souvenirs sur ces chiffres. Elle raconte son enfance et la leur dans une petite ville pauvre au bord du Golf du Mexique. J’ai trouvé ce livre émouvant, le mélange fonctionnant parfaitement entre l’intime et la dénonciation des conditions de vie des afro-descendant·es dans la Mississippi.

a terminé la lecture de Mauvais genre par Chloé Cruchaudet

Chloé Cruchaudet: Mauvais genre (GraphicNovel, French language, 2018)

L'histoire vraie de Louise et de son mari Paul, déserteur travesti, dans le Paris des …

Une lecture agréable, mais qui me laisse avec des questions. C’est inspiré d’une histoire vraie, dès lors je n’ai cessé de me demander si les choix du scénario étaient là pour coller à la réalité ou pour dire quelque chose. L’histoire est connue : durant la première guerre mondiale, pour échapper au front, un homme se fait passer pour une femme, aidé de son épouse. Progressivement, lui le macho se coule dans son personnage. S’il gomme les frontières du genre, il continue cependant à maltraiter sa compagne. Je n’ai pas saisi l’intention, s’agit il juste de narrer un fait divers, ou y-a-t-il un message, et si oui, quel est-il ?

Ulysse Gry: Pour quelques degrés de plus (French language, 2023, Presque Lune) Aucune note

Trois climats. Trois scénarios. Trois enfers. "Dans le futur, c'est le climat qui fera la …

L’idée est intéressante. Trois histoires dans un futur proche, racontés racontées à la manière de westerns spaghettis et en parallèle sur chaque page, dans des mondes où la température a augmenté de 2, 3 ou 4°. Mais la sauce n’a pas pris, je n’ai pas réussi à m’intéresser aux scénarios. Rien à en dire.

a terminé la lecture de La grande verdure par Lucie Heder

Lucie Heder: La grande verdure (Français language, La Volte)

Certaines l’ont appelé Effondrement. D’autres y ont vu le grand Début.

Sur la terre …

Cette histoire de communauté de femmes dans un futur proche, juste de l’autre côté de l’effondrement, aurait pu s’inscrire dans les pas de Femme portant un fusil. Malheureusement, la Volte, c’est décidément trop perché pour moi. C’est dommage, j’avais envie d’aimer ce livre, mais je n’ai vraiment pas accroché, ni à la forme (longs blocs de texte sans respirations, inventions de vocabulaire dont je commence à me lasser), ni aux personnages, à l’univers (des tentatives de créer de nouvelles façons de faire communauté dans un futur après une catastrophe, mais on flotte dans un entre-deux entre réalisme peu plausible et incursions pas vraiment assumées dans le fantastique) ni enfin à l’intrigue. Je ne sais pas si j’aurais été au bout si le récit avait dépassé les 200 pages. Déception.

Sophie Pointurier: Femme portant un fusil (French language, 2025, Points)

Au début, elles étaient quatre. Il y avait cette annonce d'un hameau à vendre, loin …

Encore un livre que j’ai trouvé trop court, frustrant par sa brièveté. J’aurais voulu passer plus de temps aux côtés de Claude, Harriet, Élie, Anna, et les autres, j’aurais aimé découvrir plus avant ces communautés non mixtes. L’intrigue oscille entre plusieurs sujets, la construction d’une communauté, la transmission de la mémoire des luttes féministes, et la question de la violence, mais du fait de la faible épaisseur du livre, ils ne sont qu’évoqués. J’en ressors frustré mais ravi des pistes ouvertes par Sophie Pointurier, il ne me reste plus qu’à espérer que d’autres autrices creuseront plus avant ces sillons.

a terminé la lecture de Les Optimistes par Rebecca Makkai

Rebecca Makkai, Caroline Bouet (traduction): Les Optimistes (French language, 2020, Les Escales) Aucune note

Chicago, 1985. La carrière de Yale Tishman, jeune galeriste, s'apprête à décoller lorsque l'épidémie de …

J’ai parfois trouvé le temps un peu long, au fil des digressions dans la vie des protagonistes, ou dans le versant contemporain de l’histoire. Mais finalement, c’est tout ce temps passé à leurs côtés qui fait que l’on s’attache à elleux et que la gorge se noue à mesure qu’approche le dénouement, annoncé depuis le début. Chicago 1985. L’épidémie de SIDA déferle sur la communauté gay. Aucun traitement n’existe, la maladie terrifie, mais la vie continue. Paris 2015. Après avoir tenu jusqu’au bout la main de son frère Nico, puis de ses amis, Fiona a refait sa vie et cherche à reprendre contact avec sa fille. J’ai trouvé cette lecture utile et émouvante. Utile, parce que 40 ans plus tard, le SIDA semble avoir quasiment disparu des radars, rappeler sa réalité est bienvenu. Émouvante grâce au talent de Rebecca Makkai pour évoquer cette période, entre combat pour la visibilité des …

Cécile Cée: Ce que Cécile sait (GraphicNovel, French language, 2024)

Cécile Cée raconte dans une quête intime sa sortie d'amnésie traumatique et réalise qu’elle a …

Un journal dessiné accompagné de courts textes pédagogiques. Sans doute le meilleur livre que j’ai lu jusqu’ici sur l’inceste. (Cécile Cée cite sans arrêt les travaux de Dorothée Dussy et Paul-Claude Racamier, sans doute faudrait-il remonter à la source pour en savoir davantage). Elle alterne chapitres autobiographiques et réflexions sur la famille Gainsbourg, illustration de notre déni collectif. J’ai trouvé cette lecture dure (elle parle du climat incestuel dans sa famille, sans détailler les faits), mais vraiment indispensable pour mieux comprendre la place de l’inceste dans notre société.

Emmanuel Lepage: Voyage aux îles de la désolation (GraphicNovel, French language, 2011, Futuropolis) Aucune note

Pour la mer - afin de la comprendre et de savoir la dessiner -, pour …

Magnifique et frustrant. Emmanuel Lepage raconte une rotation du Marion Dufresne, le navire qui va ravitailler les bases des terres australes françaises, une poignée d’îlots entre l’Afrique et l’Antarctique. C’est frustrant car il ne peut passer que quelques heures, au mieux quelques jours, dans chaque base. Mais les dessins, les aquarelles qu’il en ramène sont magnifiques. Paysages et extraits d’humanité en conditions hostiles. Un récit de voyage qui fait rêver (et réfléchir, à voir l’échec des tentatives de colonisation de ces terres hostiles mais si proches, on se demande comment certains espèrent réussir sur Mars ce qui a échoué à Kerguelen).

Lydia Millet, Caroline Bouet (traduction): Nous vivions dans un pays d'été (French language, 2021, Les Escales) Aucune note

Une grande maison de vacances au bord d'un lac. Cet été-là, cette maison est le …

Une dizaine de familles aisées ont loué une grande maison pour les vacances. Les adultes se défoncent, laissant les ados vivre leur vie. Lorsqu’une violente tempête frappe la région, prémisse des catastrophes climatiques qui viennent, les ados décident de tenter leur chance de leur côté. J’ai bien aimé la métaphore, mais certaines péripéties m’ont semblé assez artificielles et il y a trop de personnages pour que leur caractère puisse être creusé. Un livre pas marquant, mais une lecture courte et agréable avec un récit décrivant un très proche futur plausible.

Victoria Hislop, Roger Seiter, Fred Vervisch: l'Ile des oubliés (GraphicNovel, French language, 2021, Philéas) Aucune note

Grâce à une photographie léguée par sa mère, Alexis Fielding va découvrir le passé singulier …

Adaptation en BD d’un roman à succès, une jeune anglaise part en Crète sur les traces de sa famille et de ses secrets. J’ai trouvé le dessin très froid, et l’intrigue pas passionnante. Reste la découverte de l’île de Spinalónga, lieu de relégation de gens atteint·es de la lèpre, qui y ont développé une communauté autonome. La léproserie n’a fermé qu’à la fin des années 50.

a terminé la lecture de Résilience par Augustin Lebon (Résilience, #1)

Augustin Lebon: Résilience (GraphicNovel, French language, 2017, Casterman) Aucune note

Septembre 2068, l'Europe est devenue un vaste désert agricole. La puissante multinationale Diosynta exploite 90% …

Une série d’anticipation en deux cycles de deux albums chacun, imaginant un mode où l’agroindustrie a prie le pouvoir, et la résistance cultive son jardin. J’ai trouvé l’univers et le scénario peu crédibles, mais les personnages sont sympathiques et c’est plein de bonnes intentions. Ça en fait une lecture agréable pour se changer les idées.