Critiques et Commentaires

Clochix Compte verrouillé

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 8 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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a terminé la lecture de Chinese queer par Seven

Seven: Chinese queer (GraphicNovel, French language, 2020, Sarbacane) Aucune note

Qui es-tu, Tian Fushi ? Un artiste incompris de l'industrie du manga, un citoyen dépravé …

Je ne peux pas dire que j’ai aimé, mais j’ai pris une claque. Le graphisme alterne entre manga, dessins animés à la Ghost in the shell, et psychédélisme. Au service d’une histoire que j’ai trouvé profondément déprimante. Une succession d’anecdotes qui rendent parfaitement compte de l’ennui et de l’absence de perspectives du personnage, jeune étudiant gay dans une petite ville chinoise. Une expérience pas très plaisante mais qui valait la peine.

Véronique Cazot, Vero Cazot, Anaïs Bernabé: Le champ des possibles (GraphicNovel, French language, 2024, Dupuis)

Quand Marsu et Thom se rencontrent dans un congrès d'architectes au bout du monde, c'est …

Une authentique utopie hippie. Pour l’apprécier, il faut accepter le principe d’un monde où tout le monde est beau et sans contingences matérielles, s’aime, et où la technologie est là pour nous ouvrir d’innombrables possibilités. On n’est pas loin d’une réclame pour le metaverse. Mais, je ne sais comment, mon cynisme devait être occupé ailleurs, j’ai réussi à me plonger dans cet univers et l’ai savouré comme une pastille d’insouciance, sans y chercher autre chose.

a terminé la lecture de Aatea par Anouck Faure

Anouck Faure: Aatea (Argyll)

Navigateur capable de diriger son voilier solaire sur les océans en suspension de la Nuée, …

L’argument ne m’attirait guère mais les nombreuses critiques lues sur Masto ont eu raison de mes réticences. J’en ressort mitigé. C’est un grand récit d’aventure, à la Jules Verne, une rencontre entre le Voyage au centre de la terre et les monstroplantes. Mais c’est un récit trop classique par rapport à mes attentes du moment. De la littérature d’évasion sans guère de portée politique. L’univers est intéressant mais je n’ai pas réussi à m’y plonger, car il m’a rappelé par certains aspects un livre lu voilà des années et qui m’avais mis mal à l’aise. L’univers est assez sombre, mais heureusement, la noirceur est éclairée par la belle relation d’Ateaa avec sa petite crabe, et l’épilogue est doux, il me laissera probablement un bon souvenir de ces quelques heures passées à naviguer dans la Nuée.

a terminé la lecture de Rural ! par Étienne Davodeau

Étienne Davodeau, José Bové: Rural ! (GraphicNovel, French language, 2001, Delcourt) Aucune note

C'est l'histoire d'un coin tranquille à la campagne. Un couple achève d'y retaper une vieille …

C’est ici le Davodeau documentariste, qui nous parle d’une ferme voisine où travaillent trois paysans, affiliés à la Confédération Paysanne, qui élèvent 70 vaches pour produire du lait bio. Petit regret, au quotidien de la vie de la ferme, Davodeau ajoute le récit de la construction d’une autoroute, qui vient balafrer la campagne et expulser ses habitant·es. Les deux sujets m’ont intéressé, mais chacun aurait à mon humble avis mérité son propre livre. Une fois de plus, j’ai adoré le ton, et beaucoup appris, sur la vie dans un petit élevage. Dans une actualité où le sujet de la paysannerie est souvent monopolisé par la FNSEA et la CR, ça fait du bien de rencontrer des gens de la Conf. Découvrir la vie des vaches dans une petite unité de production, où elles ne sont pas trop maltraitées, m’a renforcé dans ma volonté d’éviter les produits laitiers. Une lecture aussi …

a terminé la lecture de Palestine par Joe Sacco

Joe Sacco: Palestine (GraphicNovel, French language, 2010, Rackham) Aucune note

En décembre 1991 et janvier 1992, pour connaître un autre point de vue que celui …

Une enquête en Palestine à l’époque de la première Intifada. Un livre profondément déprimant. D’abord pour son récit. Joe Sacco rend compte des conditions de vie sous l’occupation, en Cisjordanie et à Gaza. Les récits de violences se succèdent, la plupart des gens ont perdu des proches, assassinés par l’armée israélienne, la plupart ont passé des mois dans des cachots, ont subi des tortures. Les témoignages se répètent sur des centaines de pages. Et c’est d’autant plus déprimant que ce récit date du début des années 90. Les Palestinien·nes subissaient alors ces violences depuis environ 45 ans. Aujourd’hui 35 ans ont passé, et la situation n’a fait qu‘empirer. Joe Sacco livre un récit à la première personne, se mettant en scène, sans taire ses états d’âme, ses lâchetés et ses biais, on est à ses côtés, les pieds dans la boue. J’en suis ressorti bouleversé, mon sentiment d’impuissance et ma …

a terminé la lecture de Lorraine brûle par Jeanne Rivière

Jeanne Rivière: Lorraine brûle (French language, 2025, Gallimard) Aucune note

"Je suis née à Metz en même temps que le sida et l'arrivée de la …

Un roman authentiquement punk. Dans une succession de courts chapitres, une quarantenaire combative raconte son quotidien en Moselle, dans ce pays en ruine quarante ans après la fermeture de toutes mines et industries lourdes qui ont façonné ses paysages et les gens qui les habitent. Son môme, ses potes, la survie dans un monde qui est déjà après la catastrophe. J’ai beaucoup aimé l’univers, le ton, les personnages. L’énergie du désespoir, n’est-ce pas la définition du punk ?

a terminé la lecture de Couleur de peau, miel par Jung (Couleur de peau, #1)

Jung: Couleur de peau, miel (GraphicNovel, French language, 2007, Soleil) Aucune note

Jun Jung-sik errait dans les rues de Séoul quand un policier l'a pris par la …

Récit autobiographique de Jung, son parcours éclaire les deux thèmes qu’il décline dans tous ses albums : l‘adoption et la quête d’identité entre deux cultures très différentes. Né en Corée dans les années 60, il a été adopté à 5 ans par une famille nombreuse wallonne. Sur les quatre tomes, j’ai préféré les deux premiers, récit d’une enfance pas toujours facile en Belgique dans les années 70. J’ai trouvé les deux suivants, consacrés à sa quête identitaire une fois adulte, plus décousus. J’apprécie toujours autant son trait, et son honnêteté. Dans le récit de son enfance, il n’omet pas ses comportements gênants. C’est un récit doux et intéressant.

a terminé la lecture de Cousines par Patricia Grace

Patricia Grace, Jean Anderson (traduction), Marie-Laure Vuaille-Barcan (traduction): Cousines (French language, 2024, Au vent des îles) Aucune note

Qui est donc Mata, cette femme qui marche pieds nus dans les rues d'une grande …

J’ai apprécié ce premier voyage en culture maori à travers les vies de ces trois cousines nées dans les années 40 et aux destins aussi dissemblables que possibles. Trois points du vue pour approcher les contraintes qui pèsent sur les femmes maoris, entre le colonialisme raciste et assimilationniste, le poids de la tradition et des familles, la quête d’émancipation et d’identité. C’est un tableau peint par petites touches, qui dévoile progressivement Mata, Makareta et Missy, et fait qu’on s’attache à elles. La note liminaire des traductrices est dispensable. Oui, l’écriture n’est pas linéaire, mais on peut le découvrir au fil du récit sans avoir besoin d’explication.

Pauline Gonthier: Les oiselles sauvages (French language, 2023, Mon Poche) Aucune note

Octobre 1970. Madeleine, lors de son entrée à l'université, rencontre Catherine, une militante féministe aguerrie. …

Deux portraits de femme à cinquante ans d’écart. Madeleine monte à Paris faire ses études au début des années 70, et s’investit dans le mouvement féministe naissant. De nos jours, Mathilde, jeune journaliste, tombe amoureuse d’Alix et toutes deux se lancent sur le chemin de la maternité. J’ai beaucoup aimé cette lecture, pour ses personnages, belles et complexes, pour le contexte, deux instants de la lutte des femmes, évoqués mais sans que l’intrigue ne soit qu’un prétexte. Pour le message d’espoir. Par les temps sombres actuels, alors que nous avons l’impression de reculer sur tous les fronts, ça fait du bien de rappeler qu’en quelques décennies, sur certains sujets, la société a évolué vers plus d’égalité et de liberté. Que les combats de Madeleine ont permis à Mathilde de vivre, et que celle-ci reprend un flambeau.

Anaïs Barbeau-Lavalette: Femme Foret (French language, 2022, Marchand de feuilles) Aucune note

Deux familles sont réunies dans une maison centenaire pendant trop longtemps. L’hiver perce les murs, …

J’ai trouvé une sœur de ma chère Gabrielle Filteau-Chiba. D’Anaïs Barbeau-Lavalette, j’avais apprécié La femme qui fuit, enquête sur sa grand mère. Mais ici on est dans un registre très différent, de la poésie au contact de la nature. Alors certes, c’est un livre de confinement, écrit par une citadine qui en 2020 a eu le privilège de pouvoir emmener les siens dans une maison dans les bois et y vivre ces quelques mois. Mais le malaise de ce contexte s’efface vite derrière la fore de son écriture. Femme forêt est un recueil d’anecdotes, mettant en scène l’enfance et la nature du Québec. Un déclaration d’amour. Un texte que j’ai trouvé très doux, poétique, touchant.

Nadège Erika: Ce refrain qui te plaît (French language, 2025, HarperCollins) Aucune note

« Je reprends mes rêves éveillés dans lesquels j’ouvre les grilles, les portes et les …

L’année se termine par un coup de cœur, avec ce texte que j’ai trouvé très fort et émouvant. L’histoire d’une femme dont le fils, jeune adulte, part à la dérive, entre drogue et troubles mentaux. Elle affronte seule la violence du système psy, entre maltraitances institutionnelles et individuelles. Elle ploie sous les attentes de la société qui exige des mères de faire tout et plus pour leurs enfants. C’est violent, profondément humain, bouleversant.

Aimée de Jongh, Ingrid Chabbert: Soixante printemps en hiver (GraphicNovel, French language, 2022, Dupuis) Aucune note

Le jour de son 60e anniversaire, Josy refuse de souffler les bougies de son gâteau. …

J’ai eu un coup de cœur pour cette histoire d’une femme qui le jour de ses soixante ans décide de reprendre sa liberté, de vivre sa vie. Elle va devoir lutter contre la pression sociale, qui l’enjoint de reprendre son rôle d’épouse et de mère, et la vie, qui distribue douceurs et douleurs. Outre ses personnages très attachantes et son dessin doux, l’album met en scène une poule et un chat, mon cœur a fondu !

Carine Borgi, Anne Idoux-Thivet: La Promesse du souffle (GraphicNovel, French language, 2025, Rue de Sèvres) Aucune note

1442, période Joseon, Corée. Dal-Rae est une paysanne promise à une brute. Sa rencontre avec …

Voilà 600 ans, un roi de Corée, désireux de simplifier l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, décide de créer un alphabet en remplacement des idéogrammes utilisés jusqu’alors. C’est cette aventure que conte cet album. Malheureusement, la création de l’alphabet 한글 passe au second plan derrière une histoire d’amour assez classique qui ne m’a guère intéressée. Mais le court dossier final a comblé ma frustration.

a terminé la lecture de Les Douze Tribus d'Hattie par Ayana Mathis (Americana)

Ayana Mathis, François Happe (traduction): Les Douze Tribus d'Hattie (French language, 2013, Gallmeister) Aucune note

Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère …

Hattie, mère courage, sert surtout de fil rouge à une dizaine de nouvelles dressant les portraits, sur un demi-siècle, de ses enfants. Comme autant d’instantanés sur la vie d’afro-américains dans la région de Philadephie durant les années 60-70. J’ai bien aimé, mais trouvé ça assez inégal. Les derniers portraits m’ont moins plu, quand j’avais beaucoup appréciés certains des premiers.

a terminé la lecture de La Petite Peule par Mariama Barry

Mariama Barry: La Petite Peule (Paperback, French language, 2000, Fayard/Mazarine) Aucune note

Naître femme au Sénégal n'est peut-être pas une bénédiction du Ciel. Mariama Barry en sait …

Récit autobiographique narrant quelques années de l’enfance de l’autrice, dans les années 70, à Dakar puis dans un village de Guinée. Une succession d’anecdotes où se dévoile le caractère bien trempée de cette femme impressionnante, devenue cheffe de famille à 10 ans. C’est intéressant, et j’ai regretté que le récit s’interrompe au bout de quelques années, j’aurais aimé connaître la suite de son parcours.