Arsène a publié une critique de Pourquoi faut-il abolir la prison? par Gwenola Ricordeau
Abolir la prison: essai théorique pour en ouvrir une perspective
Ce n'est pas le 1er ouvrage de G. Ricordeau que je lis, dernièrement celui qu'elle a dirigé "1312 raisons d'abolir la police". C'est une militante de l'abolitionnisme, chercheuse en sociologie et criminologue. Elle s'attache à démonter le complexe carcéro-industriel, et renforce son discours abolitionniste à l'encontre du complexe caritativo-industriel, contre les institutions comme l'école où l'hôpital. Son raisonnement est très théorique, à mon sens, même s'il s'appuie sur un certain nombre de luttes et d'auteurs et autrices qui ont dénoncé ce système judiciaire et punitif, qui n'apporte pas de réponse satisfaisante aux victimes et ne constitue donc pas une réponse adaptée. Son argumentation part d'une analyse détaillée sur la composition sociologique des personnes incarcérées (avant tout issues des couches populaires pauvres et racisées), lesquelles sont d'ailleurs complètement ignorées dans leurs revendications ou expressions par les médias et autorités et élus, pour en conclure qu'il y a de fait un système …
Ce n'est pas le 1er ouvrage de G. Ricordeau que je lis, dernièrement celui qu'elle a dirigé "1312 raisons d'abolir la police". C'est une militante de l'abolitionnisme, chercheuse en sociologie et criminologue. Elle s'attache à démonter le complexe carcéro-industriel, et renforce son discours abolitionniste à l'encontre du complexe caritativo-industriel, contre les institutions comme l'école où l'hôpital. Son raisonnement est très théorique, à mon sens, même s'il s'appuie sur un certain nombre de luttes et d'auteurs et autrices qui ont dénoncé ce système judiciaire et punitif, qui n'apporte pas de réponse satisfaisante aux victimes et ne constitue donc pas une réponse adaptée. Son argumentation part d'une analyse détaillée sur la composition sociologique des personnes incarcérées (avant tout issues des couches populaires pauvres et racisées), lesquelles sont d'ailleurs complètement ignorées dans leurs revendications ou expressions par les médias et autorités et élus, pour en conclure qu'il y a de fait un système de protection de l'ordre social et de la propriété privée. C'est une réalité indéniable. Elle élargit cette critique donc à tous les appareils d'Etat: la justice, la police évidemment, mais plus largement l'école où l'hôpital définis ici comme d'autres formes de surveillance et de contrôle. Elle en appelle au rejet de tout projet simplement réformiste, qui sous couvert de progrès, ne ferait que déplacer le problème. Elle part de l'idée que l'abolition de l'esclavage, comme de la peine de mort, ne sera effective que si le système capitaliste est détruit. De ce point de vue, c'est une vision révolutionnaire et porteuse d'un idéal qui peut mobiliser. Mais s'il s'agit bien d'une lutte collective, d'une conscientisation de la population, il n'empêche que concrètement elle n'aborde jamais de situation concrète pour esquisser des pistes de réflexion, tout au moins dans ce livre.








