Nous suivons le commissaire Adamsberg dans une enquête complexe à la recherche d'un meurtrier d'un garde-chasse, d'une jeune femme qui tient une boutique dans une petite bourgade Louviec malgré le dispositif policier qui se met en place. Car la série des meurtres continue avec un coupable potentiel: le descendant du vicomte de Châteaubriant. Adamsberg prend le contrôle de l'enquête avec Matthieu, son alter-ego local, une partie de son équipe parisienne et une autre partie de l'équipe de Matthieu. Les indices dans chaque meurtre malgré les renforts et les protections policières supplémentaires ne stoppent en rien l'action meurtrière qui se double de la traque d'une bande criminelle qui se met de la partie. De nombreux personnages apparaissent comme ce Châteaubriant, Johann, le patron cuisinier de l'auberge qui les accueille, Maël, un comptable, etc. Et surtout Fred Vargas nous expose les errements de son commissaire dont on a du mal à comprendre …
Critiques et Commentaires
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Arsène a publié une critique de Sur la dalle par Fred Vargas
Le commissaire Adamsberg avec Châteaubriant
Nous suivons le commissaire Adamsberg dans une enquête complexe à la recherche d'un meurtrier d'un garde-chasse, d'une jeune femme qui tient une boutique dans une petite bourgade Louviec malgré le dispositif policier qui se met en place. Car la série des meurtres continue avec un coupable potentiel: le descendant du vicomte de Châteaubriant. Adamsberg prend le contrôle de l'enquête avec Matthieu, son alter-ego local, une partie de son équipe parisienne et une autre partie de l'équipe de Matthieu. Les indices dans chaque meurtre malgré les renforts et les protections policières supplémentaires ne stoppent en rien l'action meurtrière qui se double de la traque d'une bande criminelle qui se met de la partie. De nombreux personnages apparaissent comme ce Châteaubriant, Johann, le patron cuisinier de l'auberge qui les accueille, Maël, un comptable, etc. Et surtout Fred Vargas nous expose les errements de son commissaire dont on a du mal à comprendre les raisonnements.
Arsène a noté Sur la dalle : 5 étoiles
Arsène a publié une critique de Assaut contre la frontière par Leïla Slimani
exploration de la capacité de la littérature pour dépasser la frontière
Ce texte était une sorte de conférence lue lors du festival d'Avignon en 2025. Leila Slimani l'a retravaillé pour en faire ce petit essai où elle développe son histoire pour raconter comment le français est devenu sa langue d'expression au détriment du parler dialectal que sa grand-mère, d'origine alsacienne pratiquait couramment, comment trop souvent ses interlocuteurs dévalorisent sa maîtrise. Elle me rappelle Alice Zeniter dans son travail sur la fracture entre la France et l'Algérie, et Leïla Slimani explore pour sa part cette frontière entre le Maroc et la France, mais aussi avec le Portugal. Dernièrement, il y avait une exposition à la MJC obtenue auprès du Musée National de l'Histoire de l'Immigration sur le même thème de la Frontière , et il me semble qu'il manquait cette dimension de la littérature, cette dimension qui permet justement de faire des ponts par-delà ces murs et ces interdictions que nous rencontrons …
Ce texte était une sorte de conférence lue lors du festival d'Avignon en 2025. Leila Slimani l'a retravaillé pour en faire ce petit essai où elle développe son histoire pour raconter comment le français est devenu sa langue d'expression au détriment du parler dialectal que sa grand-mère, d'origine alsacienne pratiquait couramment, comment trop souvent ses interlocuteurs dévalorisent sa maîtrise. Elle me rappelle Alice Zeniter dans son travail sur la fracture entre la France et l'Algérie, et Leïla Slimani explore pour sa part cette frontière entre le Maroc et la France, mais aussi avec le Portugal. Dernièrement, il y avait une exposition à la MJC obtenue auprès du Musée National de l'Histoire de l'Immigration sur le même thème de la Frontière , et il me semble qu'il manquait cette dimension de la littérature, cette dimension qui permet justement de faire des ponts par-delà ces murs et ces interdictions que nous rencontrons beaucoup trop ces derniers temps.
Arsène a noté Assaut contre la frontière : 5 étoiles

Assaut contre la frontière de Leïla Slimani
Il me semble que tout roman est la tentative de répondre à une question. Et que celle qui fut à …
Arsène a noté La Parabole du semeur : 5 étoiles

La Parabole du semeur de Octavia E. Butler
Parable of the Sower is a 1993 science fiction novel by American writer Octavia E. Butler. It is a post-apocalyptic …
Arsène a publié une critique de La Parabole du semeur par Octavia E. Butler
Comment survivre dans une société qui s'écroule
5 étoiles
Il s'agit d'une forme de récit de science-fiction où le monde, et ici on parle des États-Unis, est confronté à un dérèglement climatique avec un manque d'eau terrible. Et cela entraîne de profonds changements dans la vie sociale, notamment avec la présence d'armes à feu qui font prévaloir une forme de droit de la force. Le plus fort, le plus armé, prend ce qu'il veut au plus faible, les anciennes règles de droit maintenues par la police ou la Garde Nationale n'ont plus vraiment cours et des associations sous forme de gangs apparaissent. Les groupes de personnes issues des classes moyennes tentent de se regrouper dans des propriétés entourées de murs, avec des armes et de déplaçant en groupes pour pouvoir faire front mais ils ne peuvent résister aux gangs violents, surtout lorsqu'ils sont drogués et brûlent tout, ou aux pillards qui n'ont plus rien. Seuls des grandes fortunes qui …
Il s'agit d'une forme de récit de science-fiction où le monde, et ici on parle des États-Unis, est confronté à un dérèglement climatique avec un manque d'eau terrible. Et cela entraîne de profonds changements dans la vie sociale, notamment avec la présence d'armes à feu qui font prévaloir une forme de droit de la force. Le plus fort, le plus armé, prend ce qu'il veut au plus faible, les anciennes règles de droit maintenues par la police ou la Garde Nationale n'ont plus vraiment cours et des associations sous forme de gangs apparaissent. Les groupes de personnes issues des classes moyennes tentent de se regrouper dans des propriétés entourées de murs, avec des armes et de déplaçant en groupes pour pouvoir faire front mais ils ne peuvent résister aux gangs violents, surtout lorsqu'ils sont drogués et brûlent tout, ou aux pillards qui n'ont plus rien. Seuls des grandes fortunes qui organisent des exploitations d'esclaves avec des milices armées, s'en sortent. C'est un roman sur le survivalisme, où un groupe menée par une jeune femme Lauren, qui est atteinte d'une forme d'hyperempathie et qui développe une pensée religieuse sur la base de la parabole du Semeur, tente de recréer une forme de communauté plus ou moins autonome dans ce 1er tome de la série des paraboles. Pour ma part, l'aspect "religieux" ne fait pas partie de mes préoccupations, mais je constate qu'il en est aussi question dans des romans de science-fiction comme dans celui de Margaret Artwood (les servantes écarlates). Le roman montre bien comment les relations entre les gens peuvent évoluer lorsque la règle du plus fort s'installe et détruit la solidarité qui permet aux groupes respectueux de ce principe de continuer à vivre dans un monde hostile. D'autres aspects sont traités comme le racisme, ou la domination masculine.
Arsène a terminé la lecture de Je vis dans une maison qui n'existe pas par Laurène Marx
Écouté en podcast plutôt que lu. L'écriture à base de répétition autour de l'enfermement que la personne subie, ou plutôt choisie de suivre, est intéressante. Toutefois, je reconnais que j'ai eu du mal avec ce discours autour de la folie, même si certaines images m'ont intéressé. www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/samedi-fiction/je-vis-dans-une-maison-qui-n-existe-pas-de-laurene-marx-3915828
Écouté en podcast plutôt que lu. L'écriture à base de répétition autour de l'enfermement que la personne subie, ou plutôt choisie de suivre, est intéressante. Toutefois, je reconnais que j'ai eu du mal avec ce discours autour de la folie, même si certaines images m'ont intéressé. www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/samedi-fiction/je-vis-dans-une-maison-qui-n-existe-pas-de-laurene-marx-3915828
Arsène a publié une critique de Un avenir radieux par Pierre Lemaitre
Ça traîne en longueur
2 étoiles
Toujours pendant les Trente Glorieuses, ce troisième tome de la saga poursuit la vie de la famille Pelletier. J'ai mis beaucoup de temps à terminer ce livre. Et j'ai mis du temps à comprendre que ce n'était ni les thèmes traités (le côté espionnage genre Le Carré en Tchécoslovaquie, le changement du type de fonctionnement du journalisme -radio télé, le nucléaire qui provoque des catastrophes...) mais bien plutôt le fonctionnement d'un couple malsain de personnages qui continuent à pourrir la vie de la famille Pelletier : l'aîné, Jean, veule et multi-assassin de femmes qu'il croise seule et sa femme, Geneviève, égoïste mais surtout une incarnation de la méchanceté sur ceux qui sont sous domination comme ses deux enfants ou son mari dont elle connait l'attitude meurtrière. En fait, je ne comprends pas l'utilité de ces personnages sur le long terme. Lemaitre a déjà eu des personnages méchants dans ces précédents …
Toujours pendant les Trente Glorieuses, ce troisième tome de la saga poursuit la vie de la famille Pelletier. J'ai mis beaucoup de temps à terminer ce livre. Et j'ai mis du temps à comprendre que ce n'était ni les thèmes traités (le côté espionnage genre Le Carré en Tchécoslovaquie, le changement du type de fonctionnement du journalisme -radio télé, le nucléaire qui provoque des catastrophes...) mais bien plutôt le fonctionnement d'un couple malsain de personnages qui continuent à pourrir la vie de la famille Pelletier : l'aîné, Jean, veule et multi-assassin de femmes qu'il croise seule et sa femme, Geneviève, égoïste mais surtout une incarnation de la méchanceté sur ceux qui sont sous domination comme ses deux enfants ou son mari dont elle connait l'attitude meurtrière. En fait, je ne comprends pas l'utilité de ces personnages sur le long terme. Lemaitre a déjà eu des personnages méchants dans ces précédents romans mais ils ont un rôle particulier dans l'histoire racontée car l'intrigue principale tourne autour de leur action et de la manière dont le reste des personnages cherche une solution. Là non, cela semble gratuit, et la dépossession de l'entreprise de Jean par sa femme, comme les maltraitances qu'elle inflige à ses enfants, n'ont qu'un rôle accessoire, cela m'apparaît plutôt comme une forme de complaisance dans le morbide. C'est d'ailleurs ce qui m'avait fait renoncer à la lecture de ses romans policiers. On s'épuise donc durant une très longue 1ère partie du roman à suivre notamment Colette, victime d'un voisin et qui subit cela dans une incompréhension de ses grands-parents auprès desquels elle n'arrive pas à se confier. Et on en arrive à plaindre les enfants et même Jean, un comble pour un meurtrier récidiviste (meurtres ou tentatives, car il a raté un meurtre auparavant, de femmes gratuitement...je ne sais même plus pourquoi il fait cela). Et cela détourne de qui arrive à François dans cette affaire d'espionnage, en fuite à Prague, comme pour Nina, l'épouse de François, avec son atelier de reliure dans lequel elle emploie Odette, et qui cherche à comprendre où est son mari, ainsi qu'à Hélène, enceinte, qui tente d'initier une nouvelle émission (rappel de celle de Macha durant les heures de nuit). Et on n'arrive pas non plus à s'intéresser à la fin de vie de Louis et sa femme. C'est bien dommage !
Arsène a publié une critique de Mort en eaux grises par Pierre Pouchairet
Un plongeur assassiné dans une enquête sur l'eau
5 étoiles
Une commandante qui reprend son poste de chef de groupe, après une longue convalescence suite à une explosion lors d'une précédente enquête, doit s'occuper d'un cadavre trouvé au début du mois d'août coincé entre le quai et une péniche. Les premiers éléments recueillis ne permettent pas de comprendre qui est ce mort et les raisons de son assassinat étrange, des blessures et du lieu. Mais la découverte de bombes et de produits chimiques très toxiques amènent son unité de la PJ de Versailles a collaboré avec avec des unités de l'antiterrorisme et une traque s'engage pour trouver les autres membres du groupe qui ont pour mission d'empoisonner l'eau potable de la région parisienne. C'est bien écrit, Pouchairet connaît parfaitement les différentes unités et rôles de la police et de la gendarmerie, les procédures, les liens avec la Justice. Il campe les personnages dans des rôles bien spécifiques, explore les possibles …
Une commandante qui reprend son poste de chef de groupe, après une longue convalescence suite à une explosion lors d'une précédente enquête, doit s'occuper d'un cadavre trouvé au début du mois d'août coincé entre le quai et une péniche. Les premiers éléments recueillis ne permettent pas de comprendre qui est ce mort et les raisons de son assassinat étrange, des blessures et du lieu. Mais la découverte de bombes et de produits chimiques très toxiques amènent son unité de la PJ de Versailles a collaboré avec avec des unités de l'antiterrorisme et une traque s'engage pour trouver les autres membres du groupe qui ont pour mission d'empoisonner l'eau potable de la région parisienne. C'est bien écrit, Pouchairet connaît parfaitement les différentes unités et rôles de la police et de la gendarmerie, les procédures, les liens avec la Justice. Il campe les personnages dans des rôles bien spécifiques, explore les possibles relais dans le monde du terrorisme international en lien avec les évènements qui se déroulent en Afghanistan, Syrie, etc. Le roman est suffisamment bien construit pour se lire d'une traite, tellement les situations s'enchaînent et le suspense est tenu jusqu'au bout.
Arsène a publié une critique de Liens de sang par Octavia E. Butler
Très bonne adaptation du roman en BD
5 étoiles
C'est une très bonne adaptation du roman qui pose en images les faits et les sentiments que chaque personnage traverse. J'avais l'impression que les personnages devaient être exactement comme ceux dessinés. Le respect du texte et son découpage donne bien le rendu de l'histoire, le stress que chacun ressent. J'ai aimé aussi le trait des dessins qui donne vie aux personnages et la mise en couleur qui permet de comprendre la réalité au moment où on retourne dans le passé.
C'est une très bonne adaptation du roman qui pose en images les faits et les sentiments que chaque personnage traverse. J'avais l'impression que les personnages devaient être exactement comme ceux dessinés. Le respect du texte et son découpage donne bien le rendu de l'histoire, le stress que chacun ressent. J'ai aimé aussi le trait des dessins qui donne vie aux personnages et la mise en couleur qui permet de comprendre la réalité au moment où on retourne dans le passé.
Arsène a noté Liens de sang : 5 étoiles
Arsène a publié une critique de Liens de sang par Octavia E. Butler
Et si vous étiez plongé au temps de l'esclavage
5 étoiles
Très bon roman. Une jeune femme noire qui vient d'emménager avec son mari blanc, Kevin, en 1976 à côté de Los Angeles. Ils sont tous deux écrivains et d'un coup, ils vont être plongés dans une réalité d'une autre époque : celle de l'esclavage dans une plantation du Maryland bien avant la guerre de Sécession. Danah est "appelée" par Rufus, petit garçon qui se noit. Elle le sauve et devant la menace du père de l'enfant qui l'a tient en joue avec son fusil, elle prend peur pour sa vie et est ramenée en 1976. Petit à petit, les voyages dans le temps se succèdent et elle comprend le lien qui l'a relie à Rufus, son ancêtre blanc, fils puis propriétaire d'une plantation et d'esclaves. Ce qui est très bien décrit, au-delà de ce ce que pouvaient subir les esclaves en ce temps-là, c'est le sentiment des blancs de leur …
Très bon roman. Une jeune femme noire qui vient d'emménager avec son mari blanc, Kevin, en 1976 à côté de Los Angeles. Ils sont tous deux écrivains et d'un coup, ils vont être plongés dans une réalité d'une autre époque : celle de l'esclavage dans une plantation du Maryland bien avant la guerre de Sécession. Danah est "appelée" par Rufus, petit garçon qui se noit. Elle le sauve et devant la menace du père de l'enfant qui l'a tient en joue avec son fusil, elle prend peur pour sa vie et est ramenée en 1976. Petit à petit, les voyages dans le temps se succèdent et elle comprend le lien qui l'a relie à Rufus, son ancêtre blanc, fils puis propriétaire d'une plantation et d'esclaves. Ce qui est très bien décrit, au-delà de ce ce que pouvaient subir les esclaves en ce temps-là, c'est le sentiment des blancs de leur supériorité, de leur domination, de la méfiance éprouvée de part et d'autre et surtout du système social dans lequel tout le monde se trouvait prisonnier. Par dessus cette description très fine de ce racisme, de cette exploitation et du patriarcat, il y a cette femme qui vit dans un monde où l'esclavage n'existe plus, le racisme qui prévaut encore n'est pas le moteur de la réflexion, mais c'est plutôt la contradiction qu'elle éprouve à se retrouver à sauver cet homme pour sa survie en 1976, mais aussi pour la survie de tous les esclaves qui vivent sur la propriété alors qu'elle est plus instruite que n'importe qui sur la plantation et qu'elle est à la fois partie prenante de l'exploitation et des violences subies, et qu'elle souhaite les libérer sans le pouvoir de le faire car cela met tout le monde en danger. Ce décalage est très fort et permet de se plonger dans ce monde dont les USA sont issus.
Arsène a publié une critique de Pourquoi faut-il abolir la prison? par Gwenola Ricordeau
Abolir la prison: essai théorique pour en ouvrir une perspective
Ce n'est pas le 1er ouvrage de G. Ricordeau que je lis, dernièrement celui qu'elle a dirigé "1312 raisons d'abolir la police". C'est une militante de l'abolitionnisme, chercheuse en sociologie et criminologue. Elle s'attache à démonter le complexe carcéro-industriel, et renforce son discours abolitionniste à l'encontre du complexe caritativo-industriel, contre les institutions comme l'école où l'hôpital. Son raisonnement est très théorique, à mon sens, même s'il s'appuie sur un certain nombre de luttes et d'auteurs et autrices qui ont dénoncé ce système judiciaire et punitif, qui n'apporte pas de réponse satisfaisante aux victimes et ne constitue donc pas une réponse adaptée. Son argumentation part d'une analyse détaillée sur la composition sociologique des personnes incarcérées (avant tout issues des couches populaires pauvres et racisées), lesquelles sont d'ailleurs complètement ignorées dans leurs revendications ou expressions par les médias et autorités et élus, pour en conclure qu'il y a de fait un système …
Ce n'est pas le 1er ouvrage de G. Ricordeau que je lis, dernièrement celui qu'elle a dirigé "1312 raisons d'abolir la police". C'est une militante de l'abolitionnisme, chercheuse en sociologie et criminologue. Elle s'attache à démonter le complexe carcéro-industriel, et renforce son discours abolitionniste à l'encontre du complexe caritativo-industriel, contre les institutions comme l'école où l'hôpital. Son raisonnement est très théorique, à mon sens, même s'il s'appuie sur un certain nombre de luttes et d'auteurs et autrices qui ont dénoncé ce système judiciaire et punitif, qui n'apporte pas de réponse satisfaisante aux victimes et ne constitue donc pas une réponse adaptée. Son argumentation part d'une analyse détaillée sur la composition sociologique des personnes incarcérées (avant tout issues des couches populaires pauvres et racisées), lesquelles sont d'ailleurs complètement ignorées dans leurs revendications ou expressions par les médias et autorités et élus, pour en conclure qu'il y a de fait un système de protection de l'ordre social et de la propriété privée. C'est une réalité indéniable. Elle élargit cette critique donc à tous les appareils d'Etat: la justice, la police évidemment, mais plus largement l'école où l'hôpital définis ici comme d'autres formes de surveillance et de contrôle. Elle en appelle au rejet de tout projet simplement réformiste, qui sous couvert de progrès, ne ferait que déplacer le problème. Elle part de l'idée que l'abolition de l'esclavage, comme de la peine de mort, ne sera effective que si le système capitaliste est détruit. De ce point de vue, c'est une vision révolutionnaire et porteuse d'un idéal qui peut mobiliser. Mais s'il s'agit bien d'une lutte collective, d'une conscientisation de la population, il n'empêche que concrètement elle n'aborde jamais de situation concrète pour esquisser des pistes de réflexion, tout au moins dans ce livre.







