Critiques et Commentaires

Clochix Compte verrouillé

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 2 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Andréa Bescond: Une simple histoire de famille (Paperback, French language, 2023, Albin Michel) Aucune note

« Faire en sorte que la vérité anéantisse la douleur. Confronter les secrets, pour être …

Par hasard, j’ai lu ce récit juste après Blizzard, de Marie Vingtras. Les deux ont quelques similitudes. Le point de vue de plusieurs personnages. Des secrets. Des format courts, qui ne laissent pas vraiment le temps de s’attacher. Mais là où l’intrigue de Blizzard était resserrée sur quelques heures, l’histoire s’étend ici sur trois générations et plus de 50 ans.

J’ai bien aimé, mais trouvé l’histoire un peu moins forte que ce que le résumé m’avait laissé imaginer (surtout, je lis trop en ce moment, donc les histoires n’ont pas le temps d’infuser).

Sylviane Corgiat, Jean-Côme Garcette, Bruno Lecigne: Fileuses de soie (GraphicNovel, French language, 2024, La Boîte à Bulles) Aucune note

Drôme provençale, 1910. La filature familiale de Louis Bouscaret fait depuis peu face à une …

Un album qui m’a fait découvrir un pan de l’histoire ouvrière dont je n’avais jamais entendu parler, les couvent-usines, qui permettait au patronat de faire trimer des gamines tout en gardant un contrôle total sur leur vie et en se parant d’un verni social. Un dossier final apporte un éclairage historique sur cette forme d’exploitation qui a perduré parfois jusqu’au milieu du XXième siècle. Si l’intrigue ne m’a pas marqué, les personnages sont réjouissantes, des jeunes femmes culottées qui s’émancipent.

David Snug: En marche ou grève (GraphicNovel, French language, 2024, nada éditions)

David Snug n’aime pas le sport, mais pratique la randonnée urbaine. Et avec un gouvernement …

Dès la première case, je suis tombé amoureux de David Snug. Il y affirme en effet « Moi, j’aime pas le sport, parce que le sport c’est de droite » 😻 Bon, après on s’est un peu fâchés, quand il a trouvé que la CNT en manif passe trop les Ramoneurs de menhir. Mais à part ça, j’ai adoré cette BD d’un camarade, mi-potache mi-sérieuse. Et en plus David Snug est sur Masto : @david_snug@mastodon.social Bref, lisez ses BD !

Yeo-sun Kwon: Un éclair bleu azur (2024, La Croisée) Aucune note

Enfin traduit, ce premier roman de Kwon Yeo-sun (Lemon, La croisée, 2023) a été couronné …

Quel ennui ! Ma première incursion dans la littérature sud-coréenne est un échec, j’ai peiné. 200 pages dans la tête d’une jeune femme, entre réflexions et souvenirs, sa famille, ses camarades d’école et de fac. Je ne doute pas que ce livre puisse plaire à des amateurices de littérature de l’intime, mais il n’était pas pour moi.

a terminé la lecture de Blizzard par Marie Vingtras

Marie Vingtras: Blizzard (Paperback, French language, 2021, Éditions de l’Olivier) Aucune note

Le blizzard fait rage en Alaska. Au coeur de la tempête, un jeune garçon disparaît. …

Un récit choral court et efficace, mêlant suspens (va-t-on retrouver à temps le môme perdu dans la tempête de neige) et découverte progressive des secrets des quatre personnages. Le format est trop rapide pour laisser le temps de s’attacher aux personnages, et c’est un peu dommage, car il y avait de la matière. Mais l’autrice a fait le choix d’une intrigue resserrée, et ça fonctionne. Je suis entré immédiatement dans l’histoire et l’ai dévorée quasiment d’une traite.

a terminé la lecture de Le Buzuk par Marie Kelbert

Marie Kelbert: Le Buzuk (2024, Viviane Hamy) Aucune note

Qu'est-ce que ça m'a coûté au fond, une foulure au poignet et un été amusant. …

Un roman local ou presque, puisqu’il se déroule à Saint-Pol-de-Léon, où des promoteurs veulent privatiser l’îlot Sainte-Anne pour y créer un golf. Ce à quoi Joséphine, tout juste veuve et septuagénaire, est bien décidée à s’opposer. On la suit entre la paroisse, le conseil des anciens, et la ZAD, où elle est la seule à éprouver de la sympathie pour les jeunes activistes. Et puis il y a le Buzuk, teckel hérité de son mari, et Jade, sa petite fille dégourdie. Un premier roman que j’ai trouvé parfois un peu confus ou maladroit, un peu trop sage par rapport à ce que la quatrième de couverture laissait espérer, mais finalement sympathique.

a terminé la lecture de No Home par Yaa Gyasi

Yaa Gyasi: No Home (French language, 2017, Calmann-Lévy) Aucune note

XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de …

Deux femmes nées au XVIII° siècle de la même mère sur la Côte de l’Or (l’actuel Ghana). L’une arrivera à conserver sa liberté, pour elle et ses descendant·es, l’autre sera réduite en esclavage et sa lignée subira la violence des États Unis d’Amérique. Sept générations, 14 portraits sur deux continents, 14 histoires singulières et liées entre elles. En lisant, j’ai regretté le peu de place réservé à chaque personnage, une trentaine de pages c’est bien court, mais le livre refermé je m’aperçois que c’était suffisant pour donner corps à chacune et chacun, et composer un récit riche et émouvant, plein de nuances. Une belle découverte !

Kaoutar Harchi: Ainsi l'animal et nous (Paperback, Français language) Aucune note

Les animaux sont tout. Ils sont eux-mêmes, certes, mais surtout ce que nous faisons d’eux. …

Je sors de cette lecture avec un avis mitigé. D’un côté, c’est un ouvrage érudit, où j’ai appris pas mal de choses. De l’autre, la lecture a parfois été difficile. Je n’ai pas l’habitude de lire de la socio, et n’ai pas accroché au style de l’autrice. Il va falloir que je laisse décanter, pour voir ce que j’en retiens. Pour l’instant, j’ai l’impression de mieux connaître l’histoire de l’antispécisme, de mieux comprendre ce qui se joue, les différents ressorts. D’avoir plein de pistes pour améliorer mon attitude. Mais je n’ai pas le sentiment d’avoir trouvé ce que je cherchais au départ, des arguments pour faire progresser ces idées autour de moi.

a terminé la lecture de Malgré tout par Jordi Lafebre

Jordi Lafebre, Jordi Lafebre: Malgré tout (Paperback, French language, 2020, DARGAUD) Aucune note

C’est l’histoire d’un amour à rebours. Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres. D’un …

Sur le plan des lectures au moins, 2024 se termine en beauté avec cette BD dont j’ai tout aimé, les personnages, le ton, le dessin, la mise en scène… L’album s’ouvre sur des retrouvailles après 40 ans d’amour platonique à distance. On égrène ensuite à rebours les chapitre de l’histoire, découvrant peu à peu ses ficelles. Arrivé à la dernière page, j’ai repris le livre dans l’ordre chronologique, pour savourer chaque détail, le lent vieillissement des personnages et de la ville… Deux bien belles histoires d’amour 😻

Kate Beaton: Environnement toxique (French language, 2023)

À 22 ans ans, Katie, originaire de Nouvelle Écosse, doit trouver de l’argent pour rembourser son prêt étudiant. Elle part alors en Alberta travailler dans une industrie en plein développement, l’extraction de sables bitumeux. La toxicité dont il est question ici n’est pas tant celle du pétrole (dont elle ne prendre conscience que tardivement) que des conditions de travail. Pour les très rares femmes (elles sont à peine 2% dans les camps), soumises en continue au machisme et aux agressions, mais plus globalement à l’ensemble des gens exploité·es par les compagnies pétrolières, sans aucune considération pour leur santé physique ou mentale. Au fil d’anecdotes, elle décrit son quotidien, entre harcèlement, travail rude, mais aussi camaraderie entre prolétaires.

J’ai bien aimé ce roman graphique, dur mais nuancé, qui montre un visage du Canada différent de mes précédentes lectures, celui des travailleurs de l’industrie.

Attention : mentions de violences sexuelles …

a terminé la lecture de Télémétrie Fugitive par Martha Wells (Journal d'un AssaSynth, #6)

Martha Wells, Mathilde Montier, leraf, Ben Walsh: Télémétrie Fugitive (Paperback, Français language, 2024, L'Atalante) Aucune note

Les contrats de travail sur Préservation étaient très simples, principalement parce que le Code civil …

Je retardais depuis longtemps la lecture de ce dernier tome des aventures d’AssaSynth, le conservant comme un plaisir coupable pour passer la fin décembre. Finalement, je suis un peu déçu. D’abord, par la taille : on retrouve le format court des quatre premiers tomes, ça se lit trop vite. Sur le fond, c’est une petite énigme qui n’apporte pas grand chose aux personnages et à l’univers. Une lecture agréable, mais probablement pas mémorable. Je crois que le cinquième opus de la série restera mon préféré.

Rakel Haslund: Après nous les oiseaux (French language, 2024, Pocket) Aucune note

Poétique nordique de la fin du monde

Dans un monde en ruine, deux âmes …

À la mort de la vieille femme qui s’est occupé d’elle après une catastrophe dont on ne saura rien, une adolescente se met en marche. 140 pages durant, elle traverse un monde peuplé uniquement de ruines et de petits animaux, dont des oiseaux, et il ne se passe pas grand chose. Une déambulation triste, pas mal écrit mais je ne sais pas si c’est poétique. J’ai ouvert ce petit livre pour faire baisser ma PAL, mais ça n’était pas vraiment ce dont j’avais besoin en ce moment, donc un rendez-vous raté.

Catherine Dufour: Les Champs de la Lune (Paperback, French language, 2024, Robert Laffont)

Moisson au clair de la Terre. Puisqu'il faut trouver une autre planète habitable, pourquoi pas …

On est loin ici de l’univers violent du Goût de l’immortalité. Les Champs de la lune est une ballade douce amère en compagnie d’une fermière. Naturellement dotée d’une grande empathie pour toutes les créatures vivantes, végétales, animales ou robotiques, au gré de ses lectures et au fil de ses errances sur l’astre mort, elle s’ouvre progressivement à la philosophie, aux sentiments. C’est un roman lent, où l’intrigue lâche n’est qu’un prétexte et un clin d’œil à Asimov, ses lois et les tensions qu’elles créent au sein des intelligences qui y sont soumises. Une lecture que j’ai trouvée à la fois agréable et inspirante.

Halimata Fofana: À l'ombre de la cité Rimbaud (Paperback, French language, 2022, Éditions du Rocher) Aucune note

Dans la famille de Maya, originaire du Mali et vivant dans une HLM de banlieue …

Dans une succession de courts chapitres, Maya nous raconte son enfance dans une cité du 9-3, au sein d’une famille d’origine malienne attachée à ses traditions, au point de faire exciser chacune de ses filles. L’excision et les violences intra-familiale racontées à hauteur d’enfant, mais aussi, heureusement, l’émancipation, grâce à quelques profs et une chanteuse québécoise sur laquelle il faudra que je me renseigne, Céline Dion.

Un témoignage utile pour mieux comprendre un autre aspect des violences patriarcales. J’avoue que je n’avais pas conscience que l’excision n’est pas une barbarie du passée, mais concerne encore des femmes, ici même.

Emmanuelle Pierrot: La Version Qui N'intéresse Personne (Français language, Le Quartanier) Aucune note

'' Elle croyait qu’ici, à l’autre bout du monde, au confluent de la rivière Klondike …

Plus je connais les humains, plus j’aime les animaux autres qu’humains.

La version qui n’intéresse personne, d’Emmanuelle Pierrot, est un récit dur. Par ce qu’il dit. Par ce qu’il renvoie. Sacha et Tom sont deux jeunes de Montréal qui ont pris le pouce et échoué dans une petite bourgade au fond du Yukon, là où les hivers durent six mois par moins 40°C. Avec la chienne Luna, iels intègrent la bande de freaks locaux, et les années s’enchaînent, joyeuses, entre sexe, drogue et folk punk. Mais Sacha est trop libre, pas là où on l’attend, et peu à peu elle se fait rejeter. Commence alors la descente, le groupe se retourne contre elle pour la broyer.

C’est une histoire universelle, celle de tout groupe humain, et la marginalité n’y change rien, les comportements sont les mêmes, les normes changent mais la sanction est la même pour qui ose …