Deuxième commentaire car je divulgâche ici deux scènes du premier album qui m’ont fait tiquer. Elles sont racontées avec naturel, alors qu’avec mes yeux d’aujourd’hui je les trouve choquantes. Dans la première, Jung fait était de violences éducatives ordinaires. Dans la seconde, il raconte qu’il lui est arrivé, adolescent, d’aller caresser sa jeune sœur endormie. C’est de l’inceste. Deux comportements qui paraissaient dans l’ordre des choses pour beaucoup de gens jusqu’à récemment. Heureusement, les temps changent. Enfin j’espère.
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Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
Livres de Clochix
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Clochix a terminé la lecture de Couleur de peau, miel par Jung (Couleur de peau, #1)
Récit autobiographique de Jung, son parcours éclaire les deux thèmes qu’il décline dans tous ses albums : l‘adoption et la quête d’identité entre deux cultures très différentes. Né en Corée dans les années 60, il a été adopté à 5 ans par une famille nombreuse wallonne. Sur les quatre tomes, j’ai préféré les deux premiers, récit d’une enfance pas toujours facile en Belgique dans les années 70. J’ai trouvé les deux suivants, consacrés à sa quête identitaire une fois adulte, plus décousus. J’apprécie toujours autant son trait, et son honnêteté. Dans le récit de son enfance, il n’omet pas ses comportements gênants. C’est un récit doux et intéressant.
Clochix a terminé la lecture de Cousines par Patricia Grace
J’ai apprécié ce premier voyage en culture maori à travers les vies de ces trois cousines nées dans les années 40 et aux destins aussi dissemblables que possibles. Trois points du vue pour approcher les contraintes qui pèsent sur les femmes maoris, entre le colonialisme raciste et assimilationniste, le poids de la tradition et des familles, la quête d’émancipation et d’identité. C’est un tableau peint par petites touches, qui dévoile progressivement Mata, Makareta et Missy, et fait qu’on s’attache à elles. La note liminaire des traductrices est dispensable. Oui, l’écriture n’est pas linéaire, mais on peut le découvrir au fil du récit sans avoir besoin d’explication.
Clochix a terminé la lecture de Les oiselles sauvages par Pauline Gonthier
Deux portraits de femme à cinquante ans d’écart. Madeleine monte à Paris faire ses études au début des années 70, et s’investit dans le mouvement féministe naissant. De nos jours, Mathilde, jeune journaliste, tombe amoureuse d’Alix et toutes deux se lancent sur le chemin de la maternité. J’ai beaucoup aimé cette lecture, pour ses personnages, belles et complexes, pour le contexte, deux instants de la lutte des femmes, évoqués mais sans que l’intrigue ne soit qu’un prétexte. Pour le message d’espoir. Par les temps sombres actuels, alors que nous avons l’impression de reculer sur tous les fronts, ça fait du bien de rappeler qu’en quelques décennies, sur certains sujets, la société a évolué vers plus d’égalité et de liberté. Que les combats de Madeleine ont permis à Mathilde de vivre, et que celle-ci reprend un flambeau.
Clochix a terminé la lecture de Femme Foret par Anaïs Barbeau-Lavalette
J’ai trouvé une sœur de ma chère Gabrielle Filteau-Chiba. D’Anaïs Barbeau-Lavalette, j’avais apprécié La femme qui fuit, enquête sur sa grand mère. Mais ici on est dans un registre très différent, de la poésie au contact de la nature. Alors certes, c’est un livre de confinement, écrit par une citadine qui en 2020 a eu le privilège de pouvoir emmener les siens dans une maison dans les bois et y vivre ces quelques mois. Mais le malaise de ce contexte s’efface vite derrière la fore de son écriture. Femme forêt est un recueil d’anecdotes, mettant en scène l’enfance et la nature du Québec. Un déclaration d’amour. Un texte que j’ai trouvé très doux, poétique, touchant.
Clochix a terminé la lecture de Ce refrain qui te plaît par Nadège Erika
L’année se termine par un coup de cœur, avec ce texte que j’ai trouvé très fort et émouvant. L’histoire d’une femme dont le fils, jeune adulte, part à la dérive, entre drogue et troubles mentaux. Elle affronte seule la violence du système psy, entre maltraitances institutionnelles et individuelles. Elle ploie sous les attentes de la société qui exige des mères de faire tout et plus pour leurs enfants. C’est violent, profondément humain, bouleversant.
Clochix a terminé la lecture de Soixante printemps en hiver par Aimée de Jongh
J’ai eu un coup de cœur pour cette histoire d’une femme qui le jour de ses soixante ans décide de reprendre sa liberté, de vivre sa vie. Elle va devoir lutter contre la pression sociale, qui l’enjoint de reprendre son rôle d’épouse et de mère, et la vie, qui distribue douceurs et douleurs. Outre ses personnages très attachantes et son dessin doux, l’album met en scène une poule et un chat, mon cœur a fondu !
Clochix a terminé la lecture de La Promesse du souffle par Carine Borgi
Voilà 600 ans, un roi de Corée, désireux de simplifier l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, décide de créer un alphabet en remplacement des idéogrammes utilisés jusqu’alors. C’est cette aventure que conte cet album. Malheureusement, la création de l’alphabet 한글 passe au second plan derrière une histoire d’amour assez classique qui ne m’a guère intéressée. Mais le court dossier final a comblé ma frustration.
Clochix a terminé la lecture de Les Douze Tribus d'Hattie par Ayana Mathis (Americana)
Hattie, mère courage, sert surtout de fil rouge à une dizaine de nouvelles dressant les portraits, sur un demi-siècle, de ses enfants. Comme autant d’instantanés sur la vie d’afro-américains dans la région de Philadephie durant les années 60-70. J’ai bien aimé, mais trouvé ça assez inégal. Les derniers portraits m’ont moins plu, quand j’avais beaucoup appréciés certains des premiers.
Clochix a terminé la lecture de La Petite Peule par Mariama Barry
Récit autobiographique narrant quelques années de l’enfance de l’autrice, dans les années 70, à Dakar puis dans un village de Guinée. Une succession d’anecdotes où se dévoile le caractère bien trempée de cette femme impressionnante, devenue cheffe de famille à 10 ans. C’est intéressant, et j’ai regretté que le récit s’interrompe au bout de quelques années, j’aurais aimé connaître la suite de son parcours.
Clochix a terminé la lecture de David, les femmes et la mort par VANISTENDAEL Judith
Si dans les deux vies de Pénélope j’avais eu un peu de mal avec le dessin de Judith Vanistendael, j’ai trouvé qu’ici il s’accordait très bien à cette histoire poignante. Les derniers mois de vie d’un homme atteint d’un cancer, entouré de toutes les femmes de sa vie, sa première épouse décédée, leurs fille et petite fille, sa nouvelle compagne et leur fille. Un album triste mais doux, plein de vie et d’amour jusqu’à la fin, j’ai beaucoup aimé.
Clochix a terminé la lecture de Les deux vies de Pénélope par VANISTENDAEL Judith
Depuis dix ans, Pénélope part sauver des vies dans des pays en guerre. Entre deux missions, elle retrouve sa famille aimante, mais est hantée par sa vie sur le terrain. Pénélope est perdue, et j’avoue l’avoir été aussi, ne pas trop savoir où l’autrice nous menait, au delà du partage des doutes de son héroïne.
Clochix a terminé la lecture de Celle que je ne suis pas par Vanyda (Celle que…, #1)
Tombé sur cette trilogie en suivant des recommandations par similarité. J’ai hésité, ça ressemblait à une bleuette pour ados, puis je me suis souvenu que j’étais ado fleur bleue. Une lecture douce amère, comme une version dessinée de La Boum. La vie, les amitiés, les amours, l’éclosion d’une ado pendant trois ans. La nostalgie, ça pique un peu parfois.
Clochix a terminé la lecture de Jouer le jeu par Fatima Daas
Après son manifeste introductif, j’avais hâte de lire le premier roman de Fatima Daas, et je n’ai pas été déçu, si ce n’est par sa brièveté. C’est un récit à la fois révoltant et enthousiasmant, une histoire d’émancipation d’une individue au sein d’un collectif. Le parcours individuel de Kayden, et ce qui la rend forte, la sororité, ses relations très fortes avec sa mère, sa sœur, ses ami·es. Ça parle d’adolescence, de mépris de classe, de la vraie vie quoi. J’ai adoré et attend avec impatience les prochains écris de Fatima Daas !
Clochix a terminé la lecture de La petite dernière par Fatima Daas
Un court récit autobiographique que j’ai vu comme un manifeste, une introduction à une œuvre à venir. Fatima Daas nous dit d’où elle parle. Elle déroule ses identités multiples, femme, née en france de parents algériens, musulmane pratiquante, lesbienne. Elle se dévoile avec style, dans une longue incantation. Ça m’a donné très envie de lire la suite de son œuvre, car elle parle d’un endroit extrêmement rare dans la littérature française.






















