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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 6 mois

Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Livres de Clochix

a terminé la lecture de Maritima par Sigolène Vinson

Sigolène Vinson: Maritima (French language, 2019, Éditions de l’Observatoire) Aucune note

Les flammes des torchères de l'industrie pétrochimique brûlent dans les ciels immenses aux couleurs de …

On est ici quelque part entre Vanda, de Marion Brunet, et un film de Guédiguian. Vanda, pour ce portrait de jeune veuve qui élève un môme. Guédiguian, parce qu’elle n’est pas seule, mais bien entourée d’une galerie de gens, des mômes aux grands parents, tou⋅tes attachant⋅es. Une chronique sociale, tantôt dure, tantôt tendre, dans un environnement qui est peut-être le personnage principal, l’étang de Berre, ses poissons et les poisons de la pétrochimie, les calanques coincées au milieu des usines. Jessica traîne ses failles, et on la suit avec empathie. Oui, je crois que j’ai beaucoup aimé partager ces quelques mois avec la petite bande, malgré la dureté de la vie.

a terminé la lecture de Furie par Myriam Vincent

Myriam Vincent: Furie (French language, 2020, Poètes de brousse) Aucune note

Je pense que je suis une bonne personne.

Pour de vrai. Je sais que …

J’avais adoré Avide, de Myriam Vincent, et la présentation de son premier roman publié, Furie, me faisait envie. J’ai bien aimé sa lecture, à deux réserves près. Là où Ève occupait un job alimentaire devant un écran, Marilyn est tueuse à gage au service d’un malfrat, et prend un certain plaisir à donner la mort. C’est moins facile de m’identifier à elle. Ensuite, en lisant la présentation, je m’étais imaginé une histoire de justicière féministe qui tue des salauds. Mais c’est plus compliqué, Marilyn devient tueuse pour venger sa meilleure amie, mais l’histoire est centrée sur ses états d’âmes et sa difficulté à mener de front deux vies. Ceci posé, j’ai dévoré le livre, car l’écriture est une fois de plus efficace. Marilyn est attachante, le suspens monte…

Attention : mentions de viol et de meurtres.

a terminé la lecture de Femlandia par Christina Dalcher

Christina Dalcher, Michael Belano (traduction): Femlandia (French language, 2024, Pocket) Aucune note

Dans un futur proche, les États-Unis ont sombré dans le chaos après une crise économique …

J’avais bien aimé Vox, trouvé QI intéressant, mais Femlandia me laisse un arrière-goût amer. Car la nouvelle cible de Christina Dalcher, ce sont les féministes radicales à tendance misandre, dont elle entend dénoncer les prétendus excès. Merci mais sans moi. Dans ses deux précédents romans, l’intérêt du fond m’avait fait fermer les yeux sur la forme, mais là, est-ce parce que le projet m’a dérangé ou parce que je sors de la lecture de plusieurs œuvres à forte personnalité, les faiblesses de l’écriture me sont régulièrement apparues. Bref, c’est une lecture parfaitement dispensable.

Sorj Chalandon, Romain Dutter, Simon Geliot: Le jour d’avant (GraphicNovel, French language, 2024, Steinkis éditions) Aucune note

" Venge-nous de la mine, avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le …

Ça n’est que récemment que j’ai entendu parler de la catastrophe de Liévin. C’est pourtant la plus meurtrière de l’histoire récente des mines en france. 42 morts et 5 blessés, le 27 décembre 1974. Coïncidence, la médiathèque a récemment acheté la BD que Romain Dutter et Simon Geliot ont tiré du livre de Sorj Chalandon inspiré de cette catastrophe. Ça n’est pas un récit du coup de grisou, mais une fiction intelligente et sensible sur un pays minier, ses habitants et ce que la mine leur fait. Ça n’est pas une histoire de vengeance mais plutôt de mémoire. Si je n’ai pas été sensible au dessin de Geliot (question d’éducation de l’œil), j’ai bien aimé l’histoire et l’ambiance générale du récit. D’autant qu’à présent que les mines ont fermé, que l’essentiel des infrastructures ont été effacées, entretenir la mémoire de cette histoire me semble essentiel.

Laurence Biberfeld: Grain d’hiver (French language, 2024, Éditions IN8)

Le jeune Loun est laissé pour mort, tabassé à son propre domicile. Les regards se …

Un texte dur, violent, porté par une langue de feu. Un livre qui remue. Une histoire de femmes, au cœur du Béarn, une histoire de violence, celle des humains et de la nature. J’ai été un peu dérouté au début de la lecture, car Laurence Biberfeld use d’une langue riche et poétique, nourrie de béarnais, et multiplie personnages et points de vue. Mais une fois entré dans le texte, c’est un délice. Dur, désespéré, mais plein de poésie, de magie. Une lecture qui ne laisse pas intact. Laurence Biberfeld a écrit de nombreux livres, j’ai hâte d’en trouver d’autres.

Attention : mentions de viol et de violences.

Séverine Vidal, L. Pinel, L. Pinel: Le plongeon - histoire complète (Hardcover, French language, 2021, BAMBOO) Aucune note

Un EHPAD, des fesses, de l'amour et des rides !

En fermant une dernière …

Yvonne, octogénaire pêchue, quitte sa grande maison vide pour intégrer un EHPAD, où elle va secouer un peu ses collègues. Un regard tendre sur la vieillesse qui s’en vient, et une goulée d’espoir : ici, l’EHPAD n’est pas un mouroir mais un lieu où la vie peut encore surgir. Récit émouvant qui a fait un peu évoluer mon regard sur ce qui m’attend bientôt :-)

Nora Dåsnes: Le jour où j’ai voulu sauver la forêt (GraphicNovel, French language, 2023, Casterman) Aucune note

Vous, les adultes, vous trouvez ça "mignon" que nous, les ados, nous soyons "engagés". Mais …

On pourrait sous-titrer cette BD pour tous publics « Ma première ZAD ». Trois adolescentes se battent pour sauver la forêt voisine du collège, que des adultes veulent raser pour y construire un collège. Un introduction à la désobéissance civique et un maigre espoir, que la jeunesse se lève et réussisse là où les les générations précédentes ont échoué ou sont restées assises.

a terminé la lecture de Chronique du 115 par Aude Massot

Aude Massot: Chronique du 115 (GraphicNovel, French language, 2017, Steinkis éditions) Aucune note

Chronique du 115 est une plongée dans une réalité qu’on a du mal à regarder …

Le sujet est délicat, parler d’exclusion sans avoir un regard surplombant, et je trouve qu‘Aude Massot s’en est très bien sortie. Elle livre un ouvrage à la fois pédagogique (avec une histoire du SAMU social par son créateur, Xavier Emmanuelli, et l’introduction de quelques clés théoriques) et sensible, témoignage des maraudes auxquelles elle a participé. Une lecture que je recommande.

a terminé la lecture de RU par Kim Thúy

Kim Thúy: RU (Paperback, 2010, Brand: Liana Levi, LEVI) Aucune note

A runaway bestseller in Quebec, with foreign rights sold to 15 countries around the world, …

Ça n’était pas le bon moment. Il est bien ce petit livre où l’autrice évoque des souvenirs de ses vies. L’enfance à Saïgon dans une famille riche du sud Vietnam, l‘exil sur une embarcation de fortune, les premières années de réfugiée au Canada, le retour à Hanoï comme expat… Des anecdotes, parfois poétiques, souvent émouvantes, légères ou touchantes. Mais ça ne colle pas à mon état d’esprit et mes autres lectures du moment, donc je suis passé à côté.

Condé Maryse: Moi, Tituba sorcière… (French language, 1986, Mercure de France) Aucune note

«Abena, ma mère, un marin anglais la viola sur le pont du Christ the King …

J’ai enfin lu ce livre dont la réputation n’est pas usurpée. Il dresse un portrait vivant et émouvant d’une femme, actrice d’un des évènements fondateurs des États Unis d’Amérique, mais que les historiens ont longtemps ignorée, parce qu’elle était femme, noire et esclave. En l’absence de sources, Maryse Condé donne chair à Tituba en imaginant son enfance, son caractère, et nous offre un beau portrait de sorcière.

C’est un livre riche, qui évoque naturellement la condition des femmes, et la double peine d’être et Noire et femme. Mais rappelle également que l’antisémitisme est un vieux mal européen que les colons n’ont pas abandonné en traversant l’Océan.

J’ai pu lire que cette chasse aux sorcières avait en partie vacciné le pays contre les excès du puritanisme. Je trouve au contraire qu’elle est symptomatique de la matrice d’où est né l’empire étasunien. Ça en fait une lecture intemporelle, tant pour …

a terminé la lecture de Avide par Myriam Vincent

Myriam Vincent: Avide (French language, 2024, Poètes de brousse) Aucune note

Aliénée par son travail, découragée par son maigre salaire au terme de plusieurs années d’études …

Les autrices canadiennes contemporaines ne m’ont jamais déçu, et Myriam Vincent ne fait pas exception. J’ai dévoré cet Avide, qui dresse un portrait implacable de ce que nous fait le capitalisme. Ce qu’il fait aux corps, avec la description chirurgicale, heure par heure, d’une journée perdue dans une job de marde, les heures d’ennui qui s’étirent. Mais aussi ce qu’il fait aux âmes, ce qu’il nous pousse à devenir pour lui échapper. Quand le désespoir pousse des milliers de gens à participer à une chasse au trésor, y voyant leur seule chance d’échapper à leur vie. Attention, on n’est pas ici dans un roman dystopique, où des gens s‘affrontent dans des jeux du cirque modernes, non, c’est une histoire presque banale, ancrée dans la réalité, qui m’a souvent fait penser à On achève bien les chevaux. J’ai trouvé la narratrice, Ève, particulièrement touchante, humaine, proche.

Ce récit est une …

Martin Winckler, Aude Mermilliod: Il fallait que je vous le dise (Hardcover, CASTERMAN) Aucune note

Si elle donne le choix, l’IVG ne reste pas moins un évènement traumatique dans une …

Hasard des livres qui traînent à la médiathèque, le même jour que « Nous l’avons fait », j’ai emprunté cet album qui complète bien le témoignage d’Annie Chemla, à travers deux autres points de vue, ceux d’Aude Mermilliod et de Martin Winckler. Elle a avorté dans les années 2000, et livre un témoignage intime sur ce qu’elle a ressenti. Lui était étudiant en médecine dans les années 70, puis a pratiqué des avortements dans les années 80, et témoigne de ses prises de consciences grâce à des rencontres. J’ai beaucoup aimé cet album, la justesse des mots, l’honnêteté des paroles, et le style graphique d’Aude Mermilliod me plaît bien.

Annie Chemla, Lucile Ruault (préface): Nous l'avons fait (French language, 2024, Éditions du détour)

De septembre 1973 à juin 1980, Annie Chemla nous livre le journal d’une militante du …

Ce témoignage d’Annie Chemla est passionnant ! Je connaissais dans les grandes lignes la brève histoire du MLAC, les avortements clandestins et les procès. Mais ici, derrière la « grande histoire », c’est l’histoire humaine qui se dévoile. Au delà de la lutte pour conquérir de nouveaux droits, c’est une histoire de femmes, de sororité, d’empouvoirement, de ce que l’action concrète fait, bien au delà des discours et des actions symboliques. Et puis, en ces temps de monté du fascisme, lire des récits de luttes victorieuses fait un bien fou. Oui, elles l’ont fait, et cela donne l’espoir que demain d’autres le refassent.

Nina Almberg (scénariste), Laure Guillebon (dessinatrice): Quatre vies de Mario Marret (GraphicNovel, French language, 2023, Steinkis éditions) Aucune note

Les vies de roman d'un homme étonnement méconnu.

Espion anarchiste, explorateur polaire, cinéaste militant …

Mario Marret a eu des vies extraordinaires, une existence si riche qu’en rendre compte est une gageure. Et je trouve qu’ici le pari n’est pas complètement gagné. Si j’ai apprécié de découvrir l’homme, mais pas vraiment accroché au format de cette BD. J’ai trouvé ça joli, mais les ellipses dans le scénario m’ont incité à faire des aller-retours avec Wikipedia.

Julie Otsuka: Certaines n’avaient jamais vu la mer (Paperback, 2012, Phébus) Aucune note

En 1919, des Japonaises quittent leur pays afin de rejoindre aux Etats-Unis des compatriotes auxquels …

C’est un livre à la forme déroutante, une fresque aux milliers de personnages évoqués le temps d’une phrase ou deux. Une tentative de rendre compte de l’existence de ces jeunes femmes qui ont quitté le Japon au début du XXième siècle pour aller épouser en Californie des hommes qui les avaient choisies sur catalogue. Évoquer la misère des premières années, la difficulté de vivre dans un pays à la culture si radicalement différente, la lente intégration, jusqu’au couperet de Pearl Harbour où des citoyen·nes sont soudain devenu une cinquième colonne. Un livre comme un tableau impressionniste, où un grand nombre de petite tâches de peinture accolées finissent par dresser un portrait. J’ai bien aimé, malgré le côté frustrant de la forme. Ça donne envie d’en apprendre davantage sur ces femmes.