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Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.

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Livres de Clochix

a commenté Mauvaise herbe, tome 1 par Keigo Shinzō (Mauvaise herbe, #1)

Keigo Shinzō: Mauvaise herbe, tome 1 (French language, 2020)

Au cours d'une descente de police dans une maison close miteuse maquillée en salon de …

Mauvaise herbe, de Keigo Shinzō.

Un manga en 4 tomes narrant la rencontre de deux solitudes. Une adolescente maltraitée par sa mère et qui fugue. Un homme inconsolable du décès de sa fille. Le récit est dur, forcément, décrivant la violence de la société japonaise pour les jeunes filles, entre prédateurs sexuels et harcèlement scolaire. Mais l’histoire n’est jamais glauque, et offre des passages lumineux. Jusqu’à une fin, que je ne dévoilerai pas, mais qui permet de s’interroger sur le récit qu’on vient de lire.

#VendrediLecture

Louise Erdrich, Isabelle Reinharez: L'Enfant de la prochaine aurore (Paperback, 2021, ALBIN MICHEL) Aucune note

Petite déception que ce roman qui se présente comme un antépisode de La servante écarlate.

Dans le monde contemporain, l’évolution semble faire demi-tour, et l’ensemble des espèces se mettent à régresser. Aux États-Unis, des factions religieuses en profitent pour prendre le pouvoir et le contrôle sur le corps des femmes. Chaque femme enceinte doit être internée pour qu’on veille sur elle. Cedar est une jeune femme d’origine amérindienne adoptée à sa naissance par un couple de bourgeois blancs progressistes. La crise la rattrape au moment où elle tombe enceinte et part sur les traces de sa mère biologique.

J’ai dévoré le premier tiers du livre, qui présente une galerie de personnages attachantes et met en place le décor. Hélas, le récit m’a progressivement perdu, en multipliant les péripéties et restant très flou sur les motivations des protagonistes, et j’ai trouvé la fin un peu déroutante.

Malgré cette …

Carol Emshwiller: La Monture (Hardcover, Argyll éditions) Aucune note

Charley est un humain, mais Charley est surtout un animal apprivoisé. Sur une Terre devenue …

Un roman dérangeant, qui raconte l’aliénation de l’intérieur. De petits extraterrestres échoués sur Terre ont transformé les humains en montures, les traitant comme nous traitons les chevaux, un esclavage maquillé en fascination bienveillante. Charley est un adolescent destiné à devenir un champion, une monture de prestige. Il est heureux de son sort, fier de l’avenir qui lui est promis. Jusqu’à ce qu’il rencontre son père, qui des années auparavant s’est rebellé et enfui. Et Charley se retrouve déchiré entre son éducation de monture, son affection pour l’enfant qui le monte, et ce que les humains libres attendent de lui. Je n’ai pas vraiment accroché à l’intrigue ni à l’ambiance du roman. Mais je ne regrette pas cette lecture, parce qu’elle m’a mis mal à l’aise. C’est une parfaite illustration de la servitude volontaire, de l’attachement possible à nos chaînes et au relatif confort que la soumission procure parfois.

#VendrediLecture

Rose Lamy: En bons pères de famille (Hardcover, fr language, J.-C. Lattès) Aucune note

Dans cet essai à la première personne où s’entremêlent intime et politique, Rose Lamy montre …

Selon les bons pères de famille, les hommes qui commettent des violences dans la sphère intime, en coulisse de l'exercice de leur pouvoir, ne devraient être sanctionnés ni publiquement ni socialement afin qu’ils continuent à enrichir le monde de leurs apports et de leurs compétences hors normes. C’est comme si, pour récompense de leurs œuvres, ils recevaient, par une transaction symbolique, l’impunité en matière de violences sexistes et sexuelles, ainsi que l'assurance qu’elles seront disqualifiées (…)

Quand des militantes féministes s’opposent au principe voulant qu'on sépare l’homme de l’Artiste, elles demandent simplement de ne pas oublier les crimes et les délits de l’homme au nom de la qualité des œuvres. C’est logique, cela relève du bon sens, puisque quand on consomme les œuvres de l'artiste, on enrichit l’homme, en capital social et économique, c’est-à-dire en influence et en argent. Celui-ci dispose alors de davantage de moyens pour assumer le coût financier de sa défense et son impunité grandit avec le soutien qu’on lui apporte. (…)

On est en droit de se demander : pourquoi les bons pères de famille tiennent-ils telle- ment à consommer les œuvres d’hommes violents ? Je crois qu’ils aiment surtout avoir la liberté de le faire. Il y a une part de cynisme et d’opportunisme chez les plus puissants d’entre eux, ceux qui disposent des ressources et de l'autorité à agir contre l’avis du plus grand public. Quelle meilleure illustration que la déclaration de Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, dans l’émission C ce soir au sujet de Johnny Depp, qu'il a invité à faire l'ouverture du festival en 2023. Il feint d’abord de ne pas comprendre la polémique soulevée par la présence de l'acteur : « S’il y a quelqu'un au monde qui ne s’est pas du tout intéressé à ce procès qui l’a opposé à son ex-femme, c’est moi. » Affirmer qu'on n’a pas suivi une des plus grandes affaires médiatiques de la décennie quand on invite son principal protagoniste c'est, au choix, de la mauvaise foi ou du mépris. Il concède plus tard: « J'ai suivi comme ça, mais j’m’en fous. » Au moins c’est clair : ils ont Le luxe de « se foutre » d’un procès qui marque jusqu'ici le plus grand revers de la révolution culturelle #MeToo, de douze faits de violences conjugales sur quatorze reconnus par un juge anglais en 2020, ou de ce texto de Johnny Depp évoquant Amber Heard qui, à lui seul, devrait interroger la société dans son ensemble: « Je vais baiser son cadavre brûlé après coup, pour m’assurer qu’elle est morte. » C’est que les œuvres et le bon plaisir des patriarches comptent plus que le respect de l'intégrité physique et psychologique de leur entourage.

En bons pères de famille de 

Rose Lamy a publié sur Twitter quelques extraits de son essai En bons pères de famille, estimant que l’actualité illustrait parfaitement son propos. nitter.net/preparezbagarre/status/1740669102212190621

Audrey Pleynet: Rossignol (Paperback, Français language, 2023, Le Belial')

[4e de couverture] Lointain futur. Espace profond. Plus qu’une prouesse technologique, la station est une …

C’est un roman un peu frustrant que Rossignol. En quelques pages, Audrey Pleynet bâtit un univers passionnant. Une station spatiale où cohabitent et s’hybrident de nombreuses espèces, où s’invente une cohabitation inter-espèces prenant en compte les spécificités physiques et culturelles de chacune. C’est narré avec une plume poétique, que j’ai trouvé une peu déroutante au début mais agréable. Mais hélas, pourquoi faut-il que le livre soit si court ? À peine plus d’une centaine de page. Ça ne laisse guère de place pour développer cet univers, pourtant très prometteur. En si peu de pages, l’intrigue m’a semblé un peu bâclé, simple prétexte pour une visite beaucoup trop rapide de la la station. L’univers créé est si vaste, la diversité des personnages si passionnante, j’aurais aimé avoir plus de pages pour les côtoyer, pour les explorer. Bref, j’ai adoré me plonger dans ce livre mais il m’a laissé sur ma faim. …

Celeste Ng: La saison des feux (Hardcover, fr language, 2018, Sonatine) Aucune note

À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le …

Ayant lu de bonnes critiques du dernier livre de Celeste Ng, Nos coeurs disparus, j’ai voulu découvrir cette autrice en empruntant un de ses précédents ouvrages, La saison des feux, à la bibliothèque. Une artiste nomade et sa fille arrivent dans un quartier huppé d’une ville étasuninienne, peuplé de familles parfaites, aimantes et progressistes. Naturellement, le vernis via bientôt craquer, dévoilant l’hypocrisie des unes et des autres. Une satire sociale somme toutes assez classique, agréable à lire, mais qui m’a laissé indifférent. Quelques personnages un peu attachantes, des demi-mystères mais pas énormément de suspense.

#VendrediLecture

@supersarma@piaille.fr non, désolé, je lis essentiellement de la fiction. Quoique, une de mes références sur le sujet, c’est le blog affordance.framasoft.org/ Je n’ai pas lu les livres d’olivier Ertzscheid, mais je suppose qu’ils sont tout aussi pertinents que son carnet.

Marguerite Imbert: Les flibustiers de la mer chimique (French language, 2022, Albin Michel) Aucune note

Grand Prix de l'Imaginaire 2023 - Catégorie roman francophone

Grâce à ce roman mordant, …

Alors que je m’apprêtais à quitter les toilettes, je remarquais un petit graffiti derrière la cuvette. C’était du français. « Nous tisserons le linceul du vieux monde » disait le tag. (…) Pour ce que j’y connaissais, ç’aurait pu être de Claude François. Je connaissais peut-être cinq ou six hommes de lettre de l’ancien temps, dont Elton John.

Les flibustiers de la mer chimique de  (Page 46)

Éliette Abécassis: Instagrammable (French language, 2021, Bernard Grasset, GRASSET) Aucune note

#VendrediLecture

Dans la foulée d’Une amitié, de Silvia Avallone, qui m’avait bien plu, j’ai vu passer une critique d’Instagrammable, d’Éliette Abécassis, dont l’argument semblait proche, et je me suis dit que ça serait l’occasion de découvrir cette auteure. Mais dès les premières lignes, j’ai été pris d’un malaise, tant la description du rapport des adolescentes à leur téléphone cochait toutes les cases des clichés des boomers sur les ados. Le cadre a achevé de me perdre, l’histoire se déroulant dans des lycées de l’ouest parisien, avec des jeunes qui vont à leur cours particulier de violon ou d’équitation, ou vivent dans un loft à Bastille. Comme le roman est court, je me suis forcé à le lire jusqu’au bout, mais en zappant les longues tirades de critique des applications mobiles et de l’économie de l’attention. C’est amusant, c’est un discours que je tiens à longueur de journée, la critique …

Silvia Avallone, Françoise Brun: Une amitié (Paperback, fr language, Liana Levi) Aucune note

Les amitiés de l’adolescence sont les plus fortes. On échange expériences, secrets et vêtements, tout …

Sur fond de développement d’Internet, une histoire d’amitié dans l’Italie du début des années 2000, entre deux adolescentes si différentes et si semblables, l’introvertie blessée et l’extravertie blessée. Ça parle d’amitié bien sûr, d’adolescence, des difficiles relations de famille, d’amour sous toutes ses formes, de la fragile limite entre relation fusionnelle et toxique, de trahison et d’acceptation. J’avoue avoir trouvé le temps un peu long vers le milieu du récit, mais mon intérêt s’est réveillé dans le dernier tiers, et j’ai refermé le livre ému.

#VendrediLecture

Sandrine Collette: Et toujours les Forêts (French language, 2019, JC Lattès) Aucune note

Corentin, personne n'en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent …

Troisième lecture de Sandrine Collette et première déception. Je n’ai pas accroché. Un roman post-apocalyptique, mais surtout noir, très noir. Quelques petites invraisemblances n’aident pas à entrer dans l’histoire (la catastrophe n’est pas décrite mais semble peu plausible, alors que le reste de l’histoire est très naturaliste). Le style est travaillé, des phrases courtes, répétitives, mais, n’accrochant pas à l’histoire, j’ai fini par trouver ça lassant. Je suis resté à distance du personnage principal, n’arrivant pas à éprouver d’empathie pour lui, ni, finalement, à m’intéresser à l’histoire.

Camille Froidevaux-Metterie: Pleine et douce (Hardcover, fr language, 2023, Sabine Wespieser Éditeur) Aucune note

Une musique libre et joyeuse s’élève des pages de ce premier roman : celle d’un …

Pleine et douce est la première œuvre de fiction de la philosophe Camille Froidevaux-Metterie. Dans ce roman choral, elle dresse, chapitre après chapitre, des portraits de femmes d’aujourd’hui, de celle qui vient de naître à la grande-tante qui vieillit entourée de ses sœurs. L’intrigue n’est qu’un fil rouge pour nous les présenter. Un livre dur (un peu) et doux (beaucoup). Je regrette juste le côté parfois un peu artificiel de l’exercice, chaque portrait étant un prétexte pour aborder un sujet (avertissement : mention de viol et d’anorexie).

#VendrediLecture