Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
• La (re)découverte« Comme la plupart des gens, j’ai longtemps vécu avec ma mère et …
Dans l’Angleterre des années 60, une gamine est élevée par une mère très croyante qui rêve d’en faire une missionnaire. Mais la gamine se découvre une attirance pour les filles, ce qui n’est pas du goût de leur congrégation. J’ai bien aimé le début grâce au ton de Jeannette Winterson, mais elle m’a peu à peu perdu, jusqu’à la dernière partie où elle multiplie les métaphores, ce qui m’a fait complètement décrocher. Dommage, car c’était bien parti.
.1993. Judd Winick , un jeune auteur de bandes dessinées, se présente au casting de …
L’amitié entre Judd et Pedro n’aura duré que quelques mois. L’un est dessinateur de BD débutant. L’autre, exilé cubain à Miami, aime les hommes. Séropositif à 17 ans, il s’est lancé à corps perdu dans la lutte contre le SIDA. Ils vont se rencontrer lors d’une des premières émissions de télé-réalité et une forte amité va naître. Mais la santé de Pedro se dégrade rapidement. Avec cet album, Judd Winick rend un hommage émouvant à Pedro Zamora, sa vie, ses combats, ses proches. Faut-il précisé que cette histoire a prolongé la liste des récentes lectures qui m’ont touché ?
Voyant à quel point ses étudiantes souffraient psychiquement de leur condition de femmes noires (dépression, …
Pendant des années, bell hooks a participé à un groupe de soutien entre femmes noires. Constatant que la plupart des livres de développement personnel s’adressent au femmes blanches et dépolitisent le soin, elle a décidé de partager son expérience à travers ce livre, qui se veut un manuel de développement personnel à destination de ses sœurs. Elle y défend ardemment le soin communautaire. C’est ce qui m’a donné envie de lire ce livre. La plupart des gens autour de moi vont mal, et je cherchais des pistes pour apprendre à prendre soin. Cette lecture m’a laissé un sentiment ambiguë. D’abord, de voyeurisme. Je suis un petit bourgeois blanc, ce livre ne m’est absolument pas adressé, j’étais mal à l’aise tout du long. Ensuite, l’expérience de bell hooks est très située, dans un pays et un contexte historique très différents de celui qu’on connaît ici. Enfin, parce que, du fait de …
Pendant des années, bell hooks a participé à un groupe de soutien entre femmes noires. Constatant que la plupart des livres de développement personnel s’adressent au femmes blanches et dépolitisent le soin, elle a décidé de partager son expérience à travers ce livre, qui se veut un manuel de développement personnel à destination de ses sœurs. Elle y défend ardemment le soin communautaire. C’est ce qui m’a donné envie de lire ce livre. La plupart des gens autour de moi vont mal, et je cherchais des pistes pour apprendre à prendre soin.
Cette lecture m’a laissé un sentiment ambiguë. D’abord, de voyeurisme. Je suis un petit bourgeois blanc, ce livre ne m’est absolument pas adressé, j’étais mal à l’aise tout du long. Ensuite, l’expérience de bell hooks est très située, dans un pays et un contexte historique très différents de celui qu’on connaît ici. Enfin, parce que, du fait de ce contexte, la spiritualité y a une place importante, et ça n’est pas mon bol de chicoré.
Malgré ces réserves, je me permet de conseiller cette lecture aux femmes d’ici car j’ai l’impression que nombre des conseils que donne belle hooks peuvent être utiles aux gens victimes d’oppression. Restera à trancher la question de savoir si s’inspirer de ses conseils ne relève pas de l’appropriation culturelle.
París. Son los felices años 20. Buena época para El Jardín, un cabaret de ambiente …
Un jeune garçon grandit dans une maison peuplée de femmes qui dansent et se prend à son tour d’amour pour la danse. À l’adolescence, il noue une amitié avec un homme. J’ai si peu l’habitude des histoires heureuses que j’ai attendu tout le long que celle-ci bascule dans le glauque. Mais non, cet album n’est que bonheur, joie de vivre, suspension de la crédulité pour vivre dans un monde de fleurs et d’amour. Une BD qui fait beaucoup de bien, je la recommande !
En couple depuis huit ans, Kazuma et Chiaki se voient un jour confier le bébé …
Un manga qui m’a semblé nettement plus intéressant que le premier tome de Heartstopper. Une histoire de relation heureuse entre deux hommes, qui s’aiment, font l’amour, élèvent leur fille. Un livre bon pour le moral, tant par son univers que pour le simple fait qu’il existe/
Le Breakwater, ce cinéma de Brighton, a définitivement connu des jours meilleurs : autrefois grande …
Une histoire douce sur un thème rarement abordé : l’amitié entre collègues de travail. Dans un vieux cinéma de Brighton, Chris, femme qui a depuis longtemps abandonné ses études pour ce petit boulot où elle se sent à l’aise, et Dan, jeune homme un peu paumé, se prennent d’amitié. Au fil des pages s’amorce une réflexion sur les troubles mentaux et le pouvoir ou l’impuissance de l’amitié. J’ai adoré le dessin, les personnages et le ton de cette histoire.
Cette histoire commence au bord de la mer des Caraïbes, sur un petit carré de …
J’ai beaucoup aimé ce récit autobiographique de la poétesse jamaïcaine Safiya Sinclair, et le referme le cœur gros. C’est un récit d’émancipation, grâce à la force des mots et à l’amour d’une mère pour ses enfants. C’est l’histoire d’un homme qui, à mesure que ses rêves se brisent, se transforme en tyran domestique. C’est l’histoire d’une fille déchirée entre l’amour pour son père et la prise de conscience de sa violence, qui découvre la force des mots et parvient peu à peu à se libérer. C’est l’histoire d’une femme et d’une mère qui trouve la force dans l’amour pour ses enfants. C’est une histoire de la Jamaïque et de rastafaris, un mouvement que je considérerai désormais d’un œil nettement moins bienveillant. Si le voyage a pu parfois me sembler un peu long, le style de Safiya Sinclair m’a accroché du début à la fin. Difficile de passer à autre chose …
J’ai beaucoup aimé ce récit autobiographique de la poétesse jamaïcaine Safiya Sinclair, et le referme le cœur gros. C’est un récit d’émancipation, grâce à la force des mots et à l’amour d’une mère pour ses enfants. C’est l’histoire d’un homme qui, à mesure que ses rêves se brisent, se transforme en tyran domestique. C’est l’histoire d’une fille déchirée entre l’amour pour son père et la prise de conscience de sa violence, qui découvre la force des mots et parvient peu à peu à se libérer. C’est l’histoire d’une femme et d’une mère qui trouve la force dans l’amour pour ses enfants. C’est une histoire de la Jamaïque et de rastafaris, un mouvement que je considérerai désormais d’un œil nettement moins bienveillant. Si le voyage a pu parfois me sembler un peu long, le style de Safiya Sinclair m’a accroché du début à la fin. Difficile de passer à autre chose une fois le livre refermé.
Le premier volume de la saga fantastique devenue culte, maintenant en bande dessinée. Lorsque sa …
Une saga pour jeunes dont j’entends du bien depuis longtemps. Une dessinatrice dont j’avais beaucoup aimé une précédente série. Cette lecture s’annonçait sous les meilleurs auspices, mais il m’a fallu du temps pour y entrer. L’histoire a pour cadre un univers fantastique très riche mais auquel je n’ai pas vraiment accroché au premier abord. Le dessin de Vanyda s’est fait plus classique pour cette série. Mais, au fil des pages, à mesure que se nouait une intrigue plus complexe que je ne m’y attendais, que je me prenais d’affection pour les personnages, que je me perdais dans certaines planches sortant du cadre, la magie a fini par prendre, et la dernière page est arrivée trop vite. Vivement la suite !
Cet album est un vibrant hommage à Simone Veil, figure féministe populaire et discrète. Le …
Récits en parallèle des débats particulièrement violents avant l’adoption de la loi Veil dépénalisant l’avortement, et de l’adolescence de Simone Veil, de Nice aux camps d’extermination. Malgré tous les récits lus sur Auschwitz on ne s’habitue jamais à l’horreur, et cette partie du récit est très poignante. Je suis ressorti de cette lecture bouleversé et plein d’une admiration renouvelée pour cette femme au courage et à la dignité extraordinaires, que ça soit face à la barbarie des camps ou à la violence des attaques quand, seule devant des meutes, elle a défendu le droit à disposer de son corps. Immortelle, elle mérite indéniablement de le demeurer dans nos mémoires !
Alors qu’à travers le monde, l’extrême droite s’attaque aux droits des femmes, celles-ci sont de …
Si la coordination anti-raciste du Trégor n’avait pas invité Léane Alestra à donner une conférence, je n’aurais probablement jamais ouvert son livre. Nemesis me semblait être davantage un phénomène médiatique qu’une menace prioritaire. J’aurais eu tort, car ce livre parle finalement peu de Nemesis mais bien davantage des mécanismes de division de la société en catégories et d’invention d’antagonismes entre ces catégories. Léane Alestra démonte le fonctionnement du diviser pour régner, tous les mécanismes poussant un groupe à tirer contre son camp. Ce qui explique pourquoi les femmes blanches préfèrent voter pour un misogyne blanc plutôt que pour une femme racisée, pourquoi les hommes racisés préfèrent voter pour un suprémaciste blanc que pour une femme, etc. C’est passionnant, très abordable, à la fois solidement sourcé et écrit sur un ton pédagogique. Enfin, c’est un livre motivant, puisqu’elle termine par un appel à ne pas céder au pessimisme mais à inventer …
Si la coordination anti-raciste du Trégor n’avait pas invité Léane Alestra à donner une conférence, je n’aurais probablement jamais ouvert son livre. Nemesis me semblait être davantage un phénomène médiatique qu’une menace prioritaire. J’aurais eu tort, car ce livre parle finalement peu de Nemesis mais bien davantage des mécanismes de division de la société en catégories et d’invention d’antagonismes entre ces catégories. Léane Alestra démonte le fonctionnement du diviser pour régner, tous les mécanismes poussant un groupe à tirer contre son camp. Ce qui explique pourquoi les femmes blanches préfèrent voter pour un misogyne blanc plutôt que pour une femme racisée, pourquoi les hommes racisés préfèrent voter pour un suprémaciste blanc que pour une femme, etc. C’est passionnant, très abordable, à la fois solidement sourcé et écrit sur un ton pédagogique. Enfin, c’est un livre motivant, puisqu’elle termine par un appel à ne pas céder au pessimisme mais à inventer des résistances. Je conseille vivement cette lecture !
Boy meets boy. Boys become friends. Boys fall in love.
Charlie and Nick are …
Je suis un peu déçu. J’entends parler depuis longtemps de cette série mettant en scène une relation amoureuse heureuse entre deux adolescents, et attendais sans doute trop de ce premier tome. J’ai trouvé le style graphique un peu trop simple, l’intrigue un peu trop naïve. C’est la caractéristique de cette série et je suis ravi qu’elle existe, mais je n’ai pas réussi à retrouver des yeux d’enfants pour la lire, et l’adulte désabusé n’a pas trop accroché. Je ne sais pas si je lirai la suite.
Condamné à 20 ans de réclusion criminelle, Milan n'accepte pas pour autant que sa vie …
Un rappel bienvenu du double scandale que sont l’existence des prisons, et la façon dont nous y traitons nos semblables. C’est l’histoire, vraie, d’un jeune révolté qui à vingt ans prend vingt ans de prison pour des braquages. Il emporte sa révolte derrière les barreaux et refuse d’abdiquer. Pendant des années, malgré les innombrables violences, physiques et psychologiques, il va se battre contre l’institution. Un témoignage qui force le respect et donne la rage. La valeur d’une société se mesure au traitement qu’elle fait subir à celleux qu’elle rejette à ses marges, les prisons françaises illustrent parfaitement l’abjection de notre monde. Une lecture indispensable.
Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d’élever seul sa trop …
C’est pour une fois à travers les yeux d’un viel homme qu’est abordée la démence sénile. Alors que Florent est interné dans une maison de repos, on voyage avec lui dans ses souvenirs, plusieurs versions de sa vie, sans vraiment savoir ce qui est vrai et ce qui est ré-inventé. On découvre par petites touches sa relation complexe avec sa fille, qui aujourd’hui est revenue à ses côtés après des années de brouille, mais qu’il ne reconnaît pas. J’ai beaucoup aimé le dessin et la tendresse de cet album, de cette histoire touchante.
Ils sont six : Épaulard, l'expert vieillissant ; D'Arcy, l'alcoolique violent ; Buenaventura Diaz, le …
BD d’après un roman de Manchette, donc à la fois social et noir, très noir. L’épopée tragique d’une bande de pieds nickelés, dans les années de plomb de l’après 68 en france. Ce genre de récit n’est plus vraiment ma came, mais j’ai trouvé cet album prenant, les gentils très humains, les méchants très méchants et le tout délicieusement désespéré.
Le "remembrement". Cette politique décisive pour le déploiement de l'agriculture intensive a été peu documentée. …
Après les algues vertes, Inès Léraud et Pierre Van Hove reviennent avec une enquête sur le remembrement, et c’est toujours aussi passionnant. J’ai grandi dans une zone périurbaine, pas à la campagne, et ne connaissait du remembrement que les grandes lignes apprises à l’école. Je n’avais pas conscience de toutes les luttes, tous les drames derrière ce mot. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que la droite, si farouche défenseure de la propriété privée, s’est comportée comme un état socialiste lorsqu’il s’est agit d’exproprier littéralement des millions de gens afin de mettre en place ses politiques mortifères, productivisme agricole et industrialisation forcenée. Ça bouleverse l’imaginaire. L’ouvrage est très documenté, mélangeant témoignages de terrain de toute la france et analyse. Il donne envie de creuser, d’en apprendre davantage. Encore une lecture très utile que je recommande.