GilB a terminé la lecture de Le loup, l'épée et les étoiles par Lola Lafon

Le loup, l'épée et les étoiles de Lola Lafon
[Résumé éditeur à partir de l’avant-propos d’Éric Fottorino] « C’est chaque fois un bonheur de lire Lola Lafon. Ses bonheurs …
Je lis beaucoup de SF et de BD mais aussi de la littérature japonaise et américaine. Déjà utilisateur de Bookwyrm, je repars à zéro sur cette nouvelle instance. Je suis aussi sur Mastodon
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[Résumé éditeur à partir de l’avant-propos d’Éric Fottorino] « C’est chaque fois un bonheur de lire Lola Lafon. Ses bonheurs …

[Résumé éditeur à partir de l’avant-propos d’Éric Fottorino] « C’est chaque fois un bonheur de lire Lola Lafon. Ses bonheurs …
La chanson, contrairement à la littérature, était en moi depuis le début. Il me fallait aller la chercher, creuser un peu pour lui donner des parures neuves, mais la question ne se posait pas, elle ne s’était jamais posée. Un jour, des notes, une mélodie étaient venues à mon secours, alors que je ne savais sans doute même pas encore parler. Le cerveau avait noté le processus, et la greffe avait pris dans l’instant. Écrire de chansons, après, c’était l’évidence.
— Ma vie en morceaux de Dominique Ané (Page 83)
Pour la chanson Rue des marais
Quand j’ai su que pour les protéger il fallait garder le silence, je me suis tue. Je suis allée la nuit dans des cimetières. J’ai tissé des chemises d’orties. Quand j’ai pensé que pour les protéger il fallait que je parle, j’ai parlé. On m’a dit que je perdrais tout, qu’on traiterait de sorcière, de traître. J’ai parlé quand même. Je crois que j’ai tout fait pour les sauver. Les sauver de quoi exactement ? J’ai cru pendant longtemps que le plus grand mal leur serait épargné. Aujourd’hui je ne sais plus.
— Triste tigre de Neige Sinno (Page 238)
A propos de son frère et ses sœurs et en référence au conte d’Andersen Les Cygnes sauvages
Ce livre m'a secoué. Parce qu'il me touche personnellement. Parce que je connais quelqu'un qui a subi les mêmes violences. Son parcours est singulier. Son discours est unique. On la suit dans ses pensées. C'est vertigineux, choquant, beau et d'une sincérité désarmante. Tout en nous prévenant que ce n'est pas la vérité. Elle nous accompagne, on chemine avec elle. Et on entrevoit avec elle l'autre lieu.
Ce livre m'a secoué. Parce qu'il me touche personnellement. Parce que je connais quelqu'un qui a subi les mêmes violences. Son parcours est singulier. Son discours est unique. On la suit dans ses pensées. C'est vertigineux, choquant, beau et d'une sincérité désarmante. Tout en nous prévenant que ce n'est pas la vérité. Elle nous accompagne, on chemine avec elle. Et on entrevoit avec elle l'autre lieu.

J'ai voulu y croire, j'ai voulu rêver que le royaume de la littérature m'accueillerait comme n'importe lequel des orphelins qui …
Nous avons détruit notre planète. […] Nous l’avons quitté pour gagner les cieux. Nous étions peu nombreux. Notre espèce était éparpillée. Nous étions les derniers à partir. Nous avons quitté le sol. Quitté les océans. Quitté l’air. Nous les avons vu rapetisser. Nous les avons vu devenir des points lumineux. En regardant, nous avons compris. Nous avons compris ce que nous étions. Nous avons compris ce que nous avons perdu. Nous avons compris ce qu’il nous faudrait faire pour survivre. Nous n’avons pas abandonné que la planète de nos ancêtres. Nous avons abandonné notre égoïsme. Nous avons abandonné notre violence. Nous nous sommes renouvelés. Nous sommes la Flotte de l’exode. Nous avons erré, nous errons encore. Nous sommes les vaisseaux colonisateurs qui abritent nos familles. Nous sommes les mineurs et éclaireurs dans le vide. Nous sommes les navettes qui relient. Nous sommes les explorateurs qui portent nos noms. Nous sommes les parents qui ouvrent la voie. Nous sommes les enfants qui la poursuivent.
— Archives de l'exode de Becky Chambers (Page 363)
Première partie du discours prononcé lors de la cérémonie d’accueil dans la Flotte d’un nouveau né exodien.
J’ai vingt-quatre ans et j’apprends les frontières ; souriante mais pas engageante, serviable mais pas aguicheuse, j’apprends ce qu’il faut savoir donner pour gagner un peu plus, ce qu’il faut laisser voir, croire. Un savoir silencieux appris sur le tas, un savoir dont on ne se vante pas, dont on ne sait qui l’a transmis et récompensé de piécettes. De l’autre côté de ce savoir, il y a la classe des vendeurs impeccables, jamais à genoux. À la pause, les vendeuses leur rapportent les propos les plus graveleux auxquels elles ont eu droit, ils écarquillent les yeux : on ne fait pas le même métier. Mais « vendeuse, ça gagne mieux que vendeur, avec ces petits extras ».
— Le loup, l'épée et les étoiles de Lola Lafon (Page 49 - 50)
Dans Le jeu de la marchande publié dans le magazine Le 1 nº189 « Salaire, les femmes au rabais »
Dans Le jeu de la marchande publié dans le magazine Le 1 nº189 « Salaire, les femmes au rabais »

[Résumé éditeur à partir de l’avant-propos d’Éric Fottorino] « C’est chaque fois un bonheur de lire Lola Lafon. Ses bonheurs …
On se demande parfois de quoi on se souvient. Mieux vaudrait se demander comment. Dans mon cas, je le sais, c’est les chansons. Chaque période de ma vie a été définie, délimitée par les disques que j’ai réalisés et les chansons qui en sont ressorties. Elles en ont été les bornes indissociables, orientant le cours de ma vie, du fait de leur écho public, ou de ce qu’elles disaient de ce que je vivais et de moments que j’avais traversés.
— Ma vie en morceaux de Dominique Ané (Page 11)

Dans ce monde futuriste, les humains ne sont plus que quelques millions sur terre et les bots, depuis les lois …

« On se demande parfois de quoi on se souvient. Mieux vaudrait se demander comment. Dans mon cas, je le …
De la même manière, je m’expose, avec ce livre qui ne peut pas aller bien au-delà de mon questionnement personnel, de ma biographie, à ce que ceux et celles qui le liront y puisent des particules qu’ils utiliseront hors de contexte de départ. Mes propos seront interprétés, déformés, délirés. Ils se combineront avec d’autres idées. C’est la seule façon qu’a la pensée de se reproduire vraiment, pas par rhizome ni racine mais par une pollinisation aléatoire.
— Triste tigre de Neige Sinno (Page 212)
Dans le chapitre II « Fantômes »
Dans le chapitre II « Fantômes »
C’est un peu ce qu’a voulu dire l’avocate quand elle mentionne mon incroyable détermination à écarter cet homme, la force que j’ai mise à vouloir mener ma vie. Il ne m’a pas obligé à être courageuse. C’est la réponse que j’ai choisi d’apporter à l’agression. Mais enfin, quand même, ça vient de là. Ma plus grande qualité, celle que j’invoque dans les moments de détresse, quand tout me semble se déliter, elle vient de ce que j’ai vécu, de ce qu’il ma fait.
— Triste tigre de Neige Sinno (Page 176 - 177)
Dans le chapitre II « Fantômes »
Dans le chapitre II « Fantômes »
Ami lecteur, amie lectrice, ma semblable, ma sœur, voici donc un aveu que je me dois de te faire, car je ne nourris point le désir de te fourvoyer : prends garde à mes propos, ils avanceront toujours masqués. Ne prends pas ce texte dans son ensemble pour une confession. Il n’y a pas de journal intime, pas de sincérité possible, pas de mensonge non plus. Mon espace à moi n’est pas dans ces lignes, il n’existe qu’au-dedans.
— Triste tigre de Neige Sinno (Page 52)
Dans le chapitre I « Portraits »