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GilB

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A rejoint ce serveur il y a 2 années, 8 mois

Je lis beaucoup de SF et de BD mais aussi de la littérature japonaise et américaine. Déjà utilisateur de Bookwyrm, je repars à zéro sur cette nouvelle instance. Je suis aussi sur Mastodon

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Livres de GilB

James Corey (German alias for James S. A. Corey): La porte d'Abaddon (Paperback, French language, 2016, Actes Sud)

[4e de couverture] Pendant des générations, le système solaire – Mars, la Lune, la ceinture …

Il a essayé de transformer la protomolécule en arme et de la vendre au plus offrant, songea Clarissa. La pensée aurait dû être douloureuse, mais elle ne l’était pas. C’était une simple constatation. Les atomes de fer formaient les étoiles ; un relais d’énergie Daimo-Koch avait une puissance inférieure aux modèles standards ; son père avait tenté de militariser la protomolécule. Il n’avait pas su ce qu’elle était. Personne ne l’avait su. Cela ne les avait pas empêchés de jouer avec elle. Pour voir quel profit ils pouvaient en tirer. Clarissa eut subitement le souvenir d’une vidéo où un soldat ivre donnait son fusil d’assaut à un chimpanzé. Elle jugeait ce qui était arrivé ensuite hilarant ou tragique, selon son humeur. Son père ne s’était pas comporté de façon très différente de ce singe. Simplement sur une échelle plus grande.

La porte d'Abaddon de  (The Expanse, #3) (Page 459)

James Corey (German alias for James S. A. Corey): La porte d'Abaddon (Paperback, French language, 2016, Actes Sud)

[4e de couverture] Pendant des générations, le système solaire – Mars, la Lune, la ceinture …

Les sensations de son propre corps avaient changé, elles avaient pris une ampleur qu’il n’aurait jamais imaginée. Sa taille seule l’engourdissait. Il sentait les étoiles en lui, l’étendue immense d’espace qu’il refermait. D’une pensée il pouvait pousser son attention à atteindre une soleil entouré de planètes inconnues, aussi aisément qu’il s’intéressait à un doigt ou se grattait la nuque. Les lumières avaient un goût différent, une odeur différente. Il voulait fermer les yeux pour stopper le flot de sensations, mais il en était incapable. Il n’avait pas quelque chose d’aussi simple que des yeux. Il était devenu incommensurablement grand, et complexe, et étrange. Des milliers de voix, des millions, des milliards, s’élevaient en chœur, et il était leur mélodie. Et au centre existait un endroit où tous les fils de son être se rejoignaient. Il reconnut la station non par son aspect mais par le rythme profond des battements de son cœur. La puissance d’un million de soleils contenue, canalisée. Là se trouvait le point de liaison entre les mondes, le miracle de la connaissance et le pouvoir qui lui ouvrait les portes du paradis. Sa Babel.

La porte d'Abaddon de  (The Expanse, #3) (Page 291)

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a terminé la lecture de Chronique du 115 par Aude Massot

Aude Massot: Chronique du 115 (GraphicNovel, French language, 2017, Steinkis éditions) Aucune note

Chronique du 115 est une plongée dans une réalité qu’on a du mal à regarder …

Le sujet est délicat, parler d’exclusion sans avoir un regard surplombant, et je trouve qu‘Aude Massot s’en est très bien sortie. Elle livre un ouvrage à la fois pédagogique (avec une histoire du SAMU social par son créateur, Xavier Emmanuelli, et l’introduction de quelques clés théoriques) et sensible, témoignage des maraudes auxquelles elle a participé. Une lecture que je recommande.

a cité La porte d'Abaddon par James Corey (German alias for James S. A. Corey) (The Expanse, #3)

James Corey (German alias for James S. A. Corey): La porte d'Abaddon (Paperback, French language, 2016, Actes Sud)

[4e de couverture] Pendant des générations, le système solaire – Mars, la Lune, la ceinture …

Les étoiles s’éteignirent d’un seul coup. Néo consulta le moniteur. L’écran « ami ou ennemi » n’affichait rien du tout. Pas de frégate. Pas de torpilles. Rien. – Alors ça, c’est bizarre, dit-il à personne. Sur l’écran, il y eut un reflet bleuté et il approcha son visage, comme si quelques centimètres de moins devant l’image allaient lui expliquer le phénomène. Les senseurs qui déclenchaient l’alerte multi-g mirent cinq centièmes de seconde à démarrer. Le système qui y était raccordé nécessita trois centièmes de seconde supplémentaires pour réagir, et fit virer l’affichage au rouge en même temps qu’il actionnait l’alarme d’urgence. Le petit indicateur du tableau de bord qui évaluait la décélération à quatre-vingt-dix g mit une demi-seconde glacée à allumer ses diodes. Mais Néo n’était déjà plus qu’une tache rouge dans le cockpit, la décélération de l’appareil l’avait propulsé dans l’écran avant de le rejeter au fond du Y Qué en moins de temps qu’il n’en faut à une synapse pour s’activer. Pendant cinq longues secondes, le petit vaisseau craqua et se tendit, car il ne s’arrêtait pas : il était stoppé. Dans les ténèbres absolues, les caméras extérieures continuaient leur transmission, envoyant chaque seconde des milliers de clichés de rien. Puis quelque chose.

La porte d'Abaddon de  (The Expanse, #3) (Page 17 - 18)

Dans le Prologue

Thomas Day: L'Automate de Nuremberg (French language, 2024, Le Bélial')

En ce 13 septembre 1824, après la chute de Moscou et le traité de Niji …

Tout comme mes frères automates moins perfectionnés, je n’ai pas d’odorat, pas de toucher, pas de goût, même pas d’ouïe (je n’entends pas les mots, je les lis sur les lèvres, il m’a fallu huit années pour y arriver en allemand et, malgré neuf années passées à Moscou, je n’y arrive pas totalement en russe, notamment en raison du penchant des populations slaves pour l’alcool […]). Conséquence : autant je me sens bien exister quand je suis en tête à tête avec quelqu’un qui n’a pas bu ou très peu […], autant je suis incapable de jouer un rôle convenable dans un dîner mondain. J’ai été conçu pour jouer aux échecs ; pour tout dire, j’ai été conçu pour gagner aux échecs, il y a une subtile différence, et celle-ci fait de moi ce que je suis : le plus perfectionné des automates jamais créés.

L'Automate de Nuremberg de  (Page 27 - 28)

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Catherine Dufour: Les Champs de la Lune (EBook, français language, 2024, Robert Laffont)

MOISSON AU CLAIR DE LA TERRE Puisqu'il faut trouver une autre planète habitable, pourquoi pas …

Au-delà de sa fonction agricole, la ferme représente un vaste espace sensoriel. Car, si la nourriture est primordiale pour les populations de toutes espèces, la sensorialité ne l’est pas moins. La beauté d’un jardin nourrit l’esprit via les sens : couleurs, parfums, bruits de source, chants d’oiseaux, fraîcheur de l’air et douceur de l’herbe. Pour parvenir à ce résultat, j’ai mêlé les variétés consommables avec des essences ornementales, en plus des plantes nécessaires à la fertilisation et la fixation de l’azote.

Les Champs de la Lune de 

Emily St. John Mandel: L'Hôtel de verre (Paperback, French language, 2021, Payot & Rivages)

« Et si vous avaliez du verre brisé ? » Comment cet étrange graffiti est-il …

Mais ils étaient citoyens d’un pays de l’ombre que, dans vie précédente, il n’avait perçu que confusément, un pays situé tout au bord d’un abîme. De tout temps, bien sûr, il avait eu conscience de l’existence de ce territoire. Il en avait vu les avant-postes les plus évidents : abris confectionnés avec des cartons, sous des ponts autoroutiers ; tentes entrevues dans les buissons, en bordure des voies express ; maisons aux portes condamnées mais avec une lumière qui brille à une fenêtre de l’étage. Il avait toujours eu vaguement conscience de ces gens qui avaient glissé sous la surface de la société, citoyens d’un territoire sans confort ni aucune place pour l’erreur […]. Il avait vu le pays de l’ombre, ses faubourgs et ses panneaux, seulement il n’avait jamais imaginé qu’il en ferait un jour partie. Dans le pays de l’ombre, on se couchait tous les soirs avec la peur, une peur si puissante qu’elle faisait à Leon l’effet d’une présence physique, d’une bête malfaisante qui absorbe la lumière. Il s’allongea à côté de Marie et se souvint que, dans cette vie, il n’y avait pas d’espace pour quelque erreur ou malheur que ce soit. Que deviendrait-elle s’il lui arrivait quelque chose à lui ? Marie n’allait pas bien depuis quelque temps. Dans le noir, la peur pesait sur la poitrine de Leon.

L'Hôtel de verre de  (Page 325)

Emily St. John Mandel: L'Hôtel de verre (Paperback, French language, 2021, Payot & Rivages)

« Et si vous avaliez du verre brisé ? » Comment cet étrange graffiti est-il …

Il y a du vrai là-dedans, décide-t-il plus tard, en faisant la queue pour le dîner. Il est possible de savoir qu’on est un criminel, un menteur, un homme sans grande moralité, et en même temps de ne pas le savoir, en ce sens qu’on a le sentiment de ne pas mériter sa punition, d’avoir droit, malgré les faits bruts, à de la clémence, à une sorte de traitement spécial. On peut savoir qu’on est coupable d’un crime très grave, qu’on a volé d’énormes sommes d’argent à de multiples clients et que cela a entraîné la misère pour certains d’entre eux et le suicide pour d’autres, on peut savoir tout cela et néanmoins considérer qu’on est victime d’une injustice quand le jugement tombe.

L'Hôtel de verre de 

Jonathan Alkaitis dans la prison EPF Florence Medium I condamné à 170 ans de réclusion

Emily St. John Mandel: L'Hôtel de verre (Paperback, French language, 2021, Payot & Rivages)

« Et si vous avaliez du verre brisé ? » Comment cet étrange graffiti est-il …

Mais bien sûr, les vêtements n’étaient pas le point essentiel, songea plus tard Vincent dans le train qui la ramenait à Greenwich. Ce n’était pas ça qui la retenait dans cette nouvelle vis étrange, dans le royaume de l’argent ; ce n’était pas la compagnie de Jonathan, même si elle avait pour lui une sincère affection ; ce n’était même pas l’inertie. Ce qui la retenait dans le royaume, c’était le fait – précédemment inconcevable – de ne pas avoir à penser à l’argent, car c’est bien cela que l’argent vous procure : la liberté de cesser d’y penser. Si vous n’en avez jamais été privé, vous ne pouvez pas comprendre la profondeur de cette donnée, à quel point cela change radicalement votre vie.

L'Hôtel de verre de  (Page 119)