Vieux geek aigri, je cherche dans les livres à comprendre les humains et des graines de futurs un peu plus désirables. Mes goûts me poussent essentiellement vers les récits contemporains et l’anticipation.
Nous sommes en 2001 et l'Argentine est plongée dans une grave crise politique et économique. …
J’ai apprécié le style graphique, mais l’histoire m’a ennuyé. L’autrice raconte la vie de sa grand-mère, partie bébé d’Italie pour fuir le fascisme, grandie en Argentine où elle a rapidement du abandonner ses rêves, parce qu’elle était une femme, et qui a vécue recluse et aigrie. Un récit intime dans lequel je n’ai pas réussi à entrer.
«Un matin, alors que vous sirotez côte à côte votre jus de pomme pendant la …
Une lecture agréable mais, une fois le livre refermé, j’ai eu l’impression d’être resté sur ma faim. Pas vraiment d’intrigue, si ce n’est la reconstitution progressive de la vie des trois protagonistes, un couple et sa fille. Les personnages sont sympathiques, on découvre leurs blessures, mais je n’ai pas réussi à m’y attacher… Le livre balaie de nombreux sujets intéressants, mais il y a manqué un peu d’émotion, une étincelle qui m’aurait permis d’entrer dedans au lieu de juste survoler la vie de Joel, Lili Rose et Shayna.
Dis, maman, est-ce que tu m’aimes ? Quand l’amour maternel devient un poison
Mère …
Un livre plein de conseils pour devenir un parent toxique ;-) C’est encore une lecture éclairante, qui met en lumière certains comportements toxiques entre parents et enfants. J’ai bien aimé, parce que ça rappelle des situations connues, je me suis vu tantôt dans l’autrice, face à des remarques blessante, tantôt dans sa mère, étant moi-même loin d’être irréprochable avec mon môme. Le personnage de la mère est ici assez horrible, elle offre une figure à la fois repoussoir – je ne veux pas devenir comme ça – et rassurante – ouf, je ne suis pas si tant pire. Une BD utile qui met en lumière la toxicité de certaines relations, dans ce milieu où elles ont tout loisir de s’épanouir, la famille.
Un livre plein de conseils pour devenir un parent toxique ;-)
C’est encore une lecture éclairante, qui met en lumière certains comportements toxiques entre parents et enfants. J’ai bien aimé, parce que ça rappelle des situations connues, je me suis vu tantôt dans l’autrice, face à des remarques blessante, tantôt dans sa mère, étant moi-même loin d’être irréprochable avec mon môme. Le personnage de la mère est ici assez horrible, elle offre une figure à la fois repoussoir – je ne veux pas devenir comme ça – et rassurante – ouf, je ne suis pas si tant pire. Une BD utile qui met en lumière la toxicité de certaines relations, dans ce milieu où elles ont tout loisir de s’épanouir, la famille.
En 1915, le film Naissance d’une nation a ensorcelé l’Amérique et gonflé …
Une lecture assez éloignée de mes genres de prédilection, à mi-chemin entre le fantastique et l’horreur, mais que j’ai bien appréciée. Pour son trio d’héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux, mais surtout pour le lien qu’elle fait entre la littérature de l’imaginaire et la culture des afro-américain⋅es des états du Sud des USA à l’époque des lois Jim Crow. La préface souligne avec justesse le travail de la traductrice pour rendre la langue des Noir⋅es de Géorgie. Une jolie découverte.
Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, a disparu depuis plus de deux …
Un magnifique portrait d’une femme ordinaire qui décide un jour de faire une pause, de ne pas rentrer retrouver mari et enfants, mais de partir vivre un peu. J’ai beaucoup aimé le ton du récit, l’alternance de désespoir et de moments de grâce, la galerie de personnages que Davodeau décrit avec tendresse. Une belle découverte !
Un magnifique portrait d’une femme ordinaire qui décide un jour de faire une pause, de ne pas rentrer retrouver mari et enfants, mais de partir vivre un peu.
J’ai beaucoup aimé le ton du récit, l’alternance de désespoir et de moments de grâce, la galerie de personnages que Davodeau décrit avec tendresse. Une belle découverte !
Peut-on mener éternellement une existence fantôme ? Pendant de nombreuses années, l'enfant né dans une …
Un livre étrange et beau, dur et doux. La rencontre de deux êtres blessé·es qui communiquent sans mots. Un·e enfant sans parole, qui face à la violence de son existence développe un rapport poétique au monde. J’ai beaucoup aimé ce court texte, et suivrai avec attention la suite du parcours de Marion Millo.
Avertissement de contenu qui divulgâche un peu :
mentions de violences sexuelles et d’inceste.
Un livre étrange et beau, dur et doux. La rencontre de deux êtres blessé·es qui communiquent sans mots. Un·e enfant sans parole, qui face à la violence de son existence développe un rapport poétique au monde. J’ai beaucoup aimé ce court texte, et suivrai avec attention la suite du parcours de Marion Millo.
Malou a 24 ans, et la vie n'est pas rose tous les jours. Ses collègues …
Je remercie la personne du Fédi qui a récemment conseillé cet album, car sans cette recommandation je n’aurais jamais ouvert un livre parlant de sport. Et ça aurait été vraiment dommage, car j’ai adoré ce Protocole commotion. La faute à son héroïne, Malou, au caractère aussi bien trempé qu’attachant. La faute à la galerie de personnages, ses copines, ses coéquipières et ses parents réacs, au ton du récit et au dessin de Mlle Caroline. C’est un livre qui donne un peu d’espoir, en montrant que les sports collectifs ne sont pas forcément condamnés à être le domaine de la compétition et des gros cons.
Aline Sitoé Diatta naît en 1920, au beau milieu des forêts luxuriantes de la Casamance, …
Le sujet est passionnant, mais j’ai eu un peu de mal avec le style, froid, impersonnel, et le rythme, la révolte annoncée dans le résumé n’étant abordée que dans le dernier tiers du récit. Mais si le côté romanesque m’a laissé sur ma faim, l’aspect documentaire est très intéressant. Ça aborde la colonisation française du Sénégal selon différents points de vue, habitants qui résistent ou essaient de s’adapter à l’occupation, colons cruels ou sincèrement convaincus de leur mission civilisatrice. Surtout, le récit évoque le peuple Dialo, dont la société semble, par certains aspects, assez proche de l’idéal : peu de hiérarchies et de structures de pouvoir, pas d’attirance excessive pour la violence ou le fanatisme religieux, un rapport apaisé et symbiotique à son environnement… (tout n’est pas parfait, notamment au niveau de la répartition des rôles entre femmes et hommes). Pas besoin de SF pour imaginer d’autres futurs désirables, il …
Le sujet est passionnant, mais j’ai eu un peu de mal avec le style, froid, impersonnel, et le rythme, la révolte annoncée dans le résumé n’étant abordée que dans le dernier tiers du récit. Mais si le côté romanesque m’a laissé sur ma faim, l’aspect documentaire est très intéressant. Ça aborde la colonisation française du Sénégal selon différents points de vue, habitants qui résistent ou essaient de s’adapter à l’occupation, colons cruels ou sincèrement convaincus de leur mission civilisatrice. Surtout, le récit évoque le peuple Dialo, dont la société semble, par certains aspects, assez proche de l’idéal : peu de hiérarchies et de structures de pouvoir, pas d’attirance excessive pour la violence ou le fanatisme religieux, un rapport apaisé et symbiotique à son environnement… (tout n’est pas parfait, notamment au niveau de la répartition des rôles entre femmes et hommes). Pas besoin de SF pour imaginer d’autres futurs désirables, il suffit parfois de se tourner vers ce qui a existé et que nous avons détruit.
Un nouvel ouvrage qui met en avant des femmes oubliées de l’histoire. Le style graphique n’est pas vraiment à mon goût, et j’ai regretté que malgré le titre, l’album se résume essentiellement à une série de portraits davantage qu’à des histoires de sororité. Mais il y a des personnages et des histoires dont je n’avais jamais entendu parler, ça en fait une lecture agréable et instructive.
Adolf Eichmann est l’un des grands architectes de la …
Un livre que j’ai malheureusement trouvé un peu confus, sautant entre plusieurs sujets sans aller jusqu’au bout d’aucun. Le contexte du procès d’Eichmann dans le cadre de l’émergence du jeune état israélien sur la scène internationale. Quelques extraits du procès lui-même, mais trop peu pour tout comprendre. Puis, la partie à mon sens la plus intéressante, le débat sur la peine de mort. C’était probablement le réel objet de l’album, mais ça arrive bien tard. Une lecture un peu frustrante, mais intéressante.
Un livre que j’ai malheureusement trouvé un peu confus, sautant entre plusieurs sujets sans aller jusqu’au bout d’aucun. Le contexte du procès d’Eichmann dans le cadre de l’émergence du jeune état israélien sur la scène internationale. Quelques extraits du procès lui-même, mais trop peu pour tout comprendre. Puis, la partie à mon sens la plus intéressante, le débat sur la peine de mort. C’était probablement le réel objet de l’album, mais ça arrive bien tard.
Une lecture un peu frustrante, mais intéressante.
« Je suis philosophe, je m'intéresse aux rapports entre les femmes et les hommes : …
Manon Garcia a écrit un livre passionnant et abordable. J’avais déjà beaucoup lu sur le procès des viols donc Gisèle Pelicot a été victime, mais la philosophe aborde ici des thèmes que j’avais jusqu’alors peu vus traités. C’est écrit dans une langue simple, en une succession de courts chapitres, pas de craintes à avoir pour les gens qui comme moi hésiteraient à ouvrir un livre de philosophie. Au delà du viol et du patriarcat dont il est un des piliers, elle réfléchit également à la justice, à ce qu’il faut en attendre ou non, et ouvre des pistes. Et puis, surtout, il y a la question qui donne son titre à l’ouvrage et à laquelle elle ne donne pas de réponse : finalement, est-il possible pour les femmes de continuer à vivre aux côtés des hommes ?
Manon Garcia a écrit un livre passionnant et abordable. J’avais déjà beaucoup lu sur le procès des viols donc Gisèle Pelicot a été victime, mais la philosophe aborde ici des thèmes que j’avais jusqu’alors peu vus traités. C’est écrit dans une langue simple, en une succession de courts chapitres, pas de craintes à avoir pour les gens qui comme moi hésiteraient à ouvrir un livre de philosophie. Au delà du viol et du patriarcat dont il est un des piliers, elle réfléchit également à la justice, à ce qu’il faut en attendre ou non, et ouvre des pistes. Et puis, surtout, il y a la question qui donne son titre à l’ouvrage et à laquelle elle ne donne pas de réponse : finalement, est-il possible pour les femmes de continuer à vivre aux côtés des hommes ?
Quatre meufs autour de la quarantaine réunies autour d’un projet collectif : ouvrir un bar …
Une lecture douce et bobo pour changer un peu, avec cette sympathique histoire de quatre femmes qui, grâce à un héritage, réalisent le rêve de notre classe : ouvrir un salon de thé-librairie-cours de yoga. L’album coche à peu près toutes les cases, personnages diverses et attachantes, ton gai, quelques rebondissements… bref, j’affecte un ton cynique pour ne pas avouer j’ai trouvé cette lecture bien agréable et me cherche une tante dont je pourrais hériter.
Une lecture douce et bobo pour changer un peu, avec cette sympathique histoire de quatre femmes qui, grâce à un héritage, réalisent le rêve de notre classe : ouvrir un salon de thé-librairie-cours de yoga. L’album coche à peu près toutes les cases, personnages diverses et attachantes, ton gai, quelques rebondissements… bref, j’affecte un ton cynique pour ne pas avouer j’ai trouvé cette lecture bien agréable et me cherche une tante dont je pourrais hériter.
En pleines révisions du bac, María quitte précipitamment Paris pour se rendre à Barcelone au …
María, jeune femme pêchue, se rend à Barcelone au chevet de sa grand-mère. À mesure qu’elle découvre les secrets de celle-ci, on plonge dans les exactions du régime franquiste et de l’église catholique, notamment à l’encontre des femmes. J’ai vraiment bien aimé cette BD, pour ses personnages, quatre générations de femmes déterminées. Pour son rappel qu’une dictature fasciste a existé à nos portes jusqu’au milieu des années 70. Pour son évocation du combat actuel contre l’oubli et pour la justice. Et pour le style de ses dessins.
María, jeune femme pêchue, se rend à Barcelone au chevet de sa grand-mère. À mesure qu’elle découvre les secrets de celle-ci, on plonge dans les exactions du régime franquiste et de l’église catholique, notamment à l’encontre des femmes.
J’ai vraiment bien aimé cette BD, pour ses personnages, quatre générations de femmes déterminées. Pour son rappel qu’une dictature fasciste a existé à nos portes jusqu’au milieu des années 70. Pour son évocation du combat actuel contre l’oubli et pour la justice. Et pour le style de ses dessins.
Recueil de trois nouvelles de science-fiction autour de la mue, des corps qui évoluent. Le nid, de Chi Hui, m’a rappelé la SF des débuts, l’exploration par les humains de planètes où vivent des êtres à la fois proches de l’espèce humaine et très différentes. Une Fluctuation dans le vide, d'Aiki Mira, est une expérience un peu trop perchée pour moi, mais passionnante et très contemporaine, dans un monde où disparaissent les frontières entre intelligences de chair, de métal ou d’octets. Enfin, avec Marginalia, Luvan imagine les adaptations et hybridations d’humaines envoyées exploiter une planète lointaine. Trois variations sur le même thème, très différentes dans la forme et le ton, trois futurs possibles, faits d’évolutions radicales, trois respirations pour imaginer des avenirs lointains et se sortir la tête du merdier contemporain, j’ai bien aimé le bol d’air et de réflexion offert par ce petit livre.
Recueil de trois nouvelles de science-fiction autour de la mue, des corps qui évoluent. Le nid, de Chi Hui, m’a rappelé la SF des débuts, l’exploration par les humains de planètes où vivent des êtres à la fois proches de l’espèce humaine et très différentes. Une Fluctuation dans le vide, d'Aiki Mira, est une expérience un peu trop perchée pour moi, mais passionnante et très contemporaine, dans un monde où disparaissent les frontières entre intelligences de chair, de métal ou d’octets. Enfin, avec Marginalia, Luvan imagine les adaptations et hybridations d’humaines envoyées exploiter une planète lointaine. Trois variations sur le même thème, très différentes dans la forme et le ton, trois futurs possibles, faits d’évolutions radicales, trois respirations pour imaginer des avenirs lointains et se sortir la tête du merdier contemporain, j’ai bien aimé le bol d’air et de réflexion offert par ce petit livre.
Le tabou des tabous. La journaliste Marine Courtade décortique les mécanismes de silence autour de …
Dans notre société, le vrai tabou, ça n’est pas l’inceste, mais parler de l’inceste. C’est à ce tabou que s’attaque Marine Courtade. Des années après avoir été victime, elle va interroger les adultes de sa famille, pour essayer de comprendre pourquoi personne n’a rien fait, pourquoi ce système a pu perdurer pendant des décennies et faire autant de victimes. Elle aime sa famille, essaie de ne pas juger, écoute les uns et les autres, gratte les plaies et tente d’appliquer du baume. Un récit profondément touchant. L’enquête personnelle est complétée par un dossier très éclairant, avec notamment des entretiens avec l’anthropologue Dorothée Dussy, l’historienne Fabienne Giuliani et la psychiatre Muriel Salmona, qui aident à comprendre ce système qui rend possible qu’un enfant sur 10 soit victime de violences sexuelles dans le cadre familial. Bref, encore une lecture indispensable.
Dans notre société, le vrai tabou, ça n’est pas l’inceste, mais parler de l’inceste.
C’est à ce tabou que s’attaque Marine Courtade. Des années après avoir été victime, elle va interroger les adultes de sa famille, pour essayer de comprendre pourquoi personne n’a rien fait, pourquoi ce système a pu perdurer pendant des décennies et faire autant de victimes. Elle aime sa famille, essaie de ne pas juger, écoute les uns et les autres, gratte les plaies et tente d’appliquer du baume. Un récit profondément touchant.
L’enquête personnelle est complétée par un dossier très éclairant, avec notamment des entretiens avec l’anthropologue Dorothée Dussy, l’historienne Fabienne Giuliani et la psychiatre Muriel Salmona, qui aident à comprendre ce système qui rend possible qu’un enfant sur 10 soit victime de violences sexuelles dans le cadre familial.
Bref, encore une lecture indispensable.